Nature mon amour par Roland de Miller

C’est dans la mesure où les individus prennent conscience de leur intériorité, en eux-mêmes, qu’ils seront conduits à comprendre les richesses naturelles autour d’eux. L’absence du monde végétal et naturel peut parfois en activer le désir et l’intériorisation. (Les artistes citadins connaissent parfois cette sublimation solitaire). Jusque dans les prisons, le souvenir de la fleur ou les espaces vierges a un pouvoir de référence et de rédemption. Ce qu’il y a de plus important, c’est la communion de l’homme avec sa propre nature profonde. Il est probable que les paysages naturels seront sauvés in extremis non pour eux-mêmes mais pour les hommes, leur santé menacée, ou plus rarement, pour leur unité intérieure, retrouvée.

L’esprit des paysages par Roland de Miller

La soif de nature et d’espace libre qu’éprouve le citadin et qui le fait se précipiter vers la verdure dès qu’il a un moment de liberté est trop connue pour qu’il soit besoin d’insister sur l’importance du paysage dans la vie des hommes. On sait de longue date que celui-ci va jusqu’à modifier le comportement de l’individu. L’homme de la montagne a tendance à la vie communautaire ; celui des rivages marins rêve d’espace ; l’habitant de la plaine est calculateur. L’insularité a obligé les hommes à accepter les limites de la nature, les ressources limitées de leurs îles. La mentalité de conquête dévastatrice n’a pu naître que chez des peuples continentaux qui avaient de vastes horizons devant eux.

Vers la spiritualité cosmique : une approche de l’être par Roland de Miller

La fonction primordiale des religions a toujours été de nous relier avec les courants telluriques et célestes de l’énergie divine qui existent, quels que soient les opinions des hommes. Dans les systèmes païens il n’y a pas de dualisme du corps opposé à l’esprit dont nous souffrons tant mais une unité plurielle : les dieux, dont les hommes, flammèches divines incarnées, ont perdu et peuvent retrouver la sagesse. La dimension païenne transcende la diversité des cultures et constitue un réservoir auquel les grands monothéismes ont puisé mais en se desséchant eux-mêmes.

La mythologie des plantes par Roland De Miller

On a trop tendance aujourd’hui, sous l’influence d’une formidable désacralisation de la nature et de l’univers, à se gausser de ces mythes et légendes et à les rejeter comme des superstitions infantiles. Pourtant il est certain qu’ils recouvrent toujours plus ou moins des réalités existantes, soit dans les phénomènes naturels soit dans les lois cosmiques. C’est en fait notre perception qui s’est bien souvent altérée, en liaison avec tout le contexte socio-culturel. Mais alors que nous comprenons aujourd’hui dans une vue plus étendue l’anthropologie, l’histoire des religions et la genèse des mythes, il n’y a plus aucune raison de mépriser la vénération dont les plantes ont été l’objet dès l’aube de l’humanité.

Wakan Tanka Le grand esprit, permanent et stable par chef Gayle High Pine

Toute notre existence est faite de révérence. Nos rituels renouvellent l’harmonie sacrée qui est nous. Chacun de nos actes — manger, dormir, respirer, faire l’amour — est une cérémonie qui rappelle notre dépendance à l’égard de la Terre Mère et notre parenté avec tous ses enfants. Les chrétiens eux, séparent le spirituel du physique, mettent la religion dans son compartiment et jugent le monde physique comme malin, mauvais et comme la préparation vulgaire d’un monde à venir.

Garder l’esprit sur terre par Roland de Miller

Si le mouvement écologique est depuis un an environ au creux de la vague, c’est peut-être la conséquence d’un manque de considération de la part de ses militants pour le « cosmique » qualifié par ces mêmes militants, avec dédain, de « mystique ». La faillite du mouvement écologique pourrait provenir de son projet qui demeure, en effet, uniquement économique et politique. Ici comme ailleurs, la question spirituelle ne pourra manquer d’être posée.

L’écologie une science devenue une culture par Roland de Miller

L’écologique doit s’ancrer dans le plus vrai, le plus profond de la personne individuelle, du corps social et de la vie quotidienne, de la manière la plus concrète et la plus spontanée. De plus en plus de personnes venues d’horizons variés entreprennent de faire cette démarche de mutants. Les militants piétinent et les écologistes sont agaçants quand ils oublient les sources et les fondements de la pensée écologique, libertaire et non-violente.

Le Sentiment de la Nature par Roland de Miller

Les techniques du mieux-être ou de plus-être (concernant la santé physique et psychique) existent, relativement codifiées et transmissibles, mais le changement intérieur, au-delà des régimes alimentaires ou des recettes techniques, les qualités de cœur, l’ouverture spirituelle, ne sont pas facilement accessibles à un grand nombre d’individus. Les obstacles n’en soit pas politiques ni sociaux, mais idéologiques, psychologiques, spirituels. Tant que les scientifiques rejetteront dédaigneusement les « mystiques » et toute approche de type spirituel, on n’aura pas fait la rupture fondamentale avec l’idéologie de la société industrielle qui est le matérialisme. Celui-ci est le piège véritable de la technostructure toute puissante, l’atmosphère et la condition culturelle du totalitarisme technicien. Comme l’écrit d’une manière imagée et expressive Fritjof Capra dans Le Tao de la Physique : « Les mystiques comprennent les racines du monde mais non ses branches; les scientifiques analysent ses branches mais ignorent ses racines. La science n’a pas besoin d’une vision mystique et le mysticisme se passe de la science; mais l’homme a besoin des deux ».