Bali : la mystique ondulatoire par Zéno Bianu

L’apprenti est immé­diatement introduit en situation de danse, dans une globalité chorégraphique. En même temps que les posi­tions de base, il doit se pénétrer de la mélodie centrale des gender (métallophones), des figurations rythmiques des tambours, des différentes cadences des gongs. Lors­qu’il sera appelé à danser au temple, il devra interpréter la musique avec son corps tout en commandant l’inten­sité et le tempo de celle-ici, suivant un système de coor­dination extrêmement structuré. Chaque geste est alors hiéroglyphe : mouvements brefs de la tête et des yeux, arrêts brusques changements soudains de direction, séries de petits pas en staccato ponctuent la mélodie et constituent autant de signaux, d’appels aux musiciens, déterminant des changements de rythme, des pauses, des accélérations, au sein d’une parallélité frémissante où accent musical et geste fusionnent pour ne former qu’une seule impulsion. L’objectif du maître est donc de déclen­cher chez l’élève une réponse corporelle automatique aux modulations syncopées de l’orchestre…

« Je ne puis croire qu’en un Dieu qui saurait danser » (Nietzsche) Jacques Michiels et Paolo Bortoluzzi

Pour un danseur, le corps est ce qu’il a de plus précieux pour s’exprimer, comme pour exprimer ce Dieu qui l’habite. Avec une patience inlassable, le danseur se forge un corps capable de communiquer la flamme intérieure. La recherche de la perfection se fait à travers un corps, celui qui nous a été donné, qu’il convient de rendre en quelque sorte pareil à un miroir.

Les apports de la danse indienne à l’occident par Catherine Dalloz

Par son origine divine, la danse est aussi un chemin spirituel. Ainsi, le Natya Shastra est une voie pour guider vers la libération par un entraînement yogique de longue haleine. En effet, le cinquième Veda du traité hindou nous expose le cinquième moyen d’accéder à la sagesse par la représentation mythique des dieux qui sont exprimés dans un corps entièrement maîtrisé. Dans l’Inde ancienne, la danse faisait partie de l’éducation des jeunes filles et du culte quotidien. La dégénérescence de la danse sacrée s’opéra quand celle-ci se modifia en un simple divertissement de cour…

En inde la vie est danse cosmique rencontre avec Malavika danseuse de Bharata Natyam

En Inde la vie est danse cosmique Vishnou rêve l’Univers Brahma le manifeste Shiva par sa Danse lui donne Impulsion Rythme Mouvement dans le Temps et dans l’Espace Ainsi naissent les Mondes les Saisons les Jours les Nuits et l’Etre Humain dialoguant avec les Dieux et la Joie surgit de ces Paroles d’Amour fait danser les Hommes et ils retrouvent dans l’Extase la Source de leur naissance et s’y dissolvent Sans fin est le Cycle de la Vie et de la Mort dont Shiva le Seigneur de la Danse rythme le cours ininterrompu

Evolution de la mobilité (Musique, danse et spiritualité) par Robert Linssen

Existe-t-il un rapport entre la danse – cet art du mouvement par excellence – et la spiritualité ? Certes, oui, si l’on considère cette dernière comme un mouvement spécifique de l’âme. Et ne l’est-elle pas en réalité ? L’une des caractéristiques essentielles de la révolution spirituelle qui s’accomplit, n’est-elle pas de faire jaillir, telle une vague immense, la notion dynamique d’un mouvement universel, notion qui semble irrésistiblement déferler dans les conceptions les plus variées, dans les secteurs les plus divers de la pensée humaine ?