Mette Leonard Høeg : Vivre sans moi-même

Je n’ai pas l’impression d’avoir un moi. La plupart des gens que je rencontre parlent de leur expérience comme s’ils possédaient un centre interne de conscience — quelque chose à l’intérieur qui perçoit et ressent, un centre à leur expérience subjective. Et la plupart semblent relier ce sentiment intuitif d’un moi singulier à ce qu’ils étaient hier, le mois dernier, l’année dernière — à une histoire de vie qui se déroule sans discontinuer et remonte à leurs souvenirs d’enfance les plus anciens. Lorsque je regarde en moi, je ne trouve aucun centre de conscience. Il ne semble y avoir personne ni rien au centre de moi-même, rien d’identifiable qui génère ou reçoive l’expérience ; seulement des pensées et des sentiments qui ne semblent rattachés à rien, des schémas d’énergie changeants qui se produisent simplement…

John Horgan : À quoi sert la « connaissance de soi » ?

Lors de son procès pour hérésie, ce vieux fanfaron de Socrate déclara : « L’examen de moi-même et des autres est le plus grand des biens ». Socrate veut dire que le fait de réfléchir sérieusement à la vie fait de vous une meilleure personne, c’est-à-dire une personne plus heureuse et plus gentille. J’appelle cette affirmation le principe socratique.

Sarah Leibovici & Hélène Renard : Entretien avec George-Luis Borges : «Il ne faut pas chercher la folie»

. Je crois que durant toute ma vie je n’ai eu que deux expériences mystiques. Deux fois j’ai senti l’éternité. J’ai raconté cela dans des textes, dans un poème. La première fois, c’était en chemin de fer, au sud de Buenos Aires ; la deuxième, à côté d’un ruisseau qui n’existe plus, le Maldonado. J’ai ressenti l’éternité. Cela a duré quelques minutes, je crois. En tout cas, cela était en dehors du temps. Je l’ai senti, tout simplement.