Nicholas Humphrey : L’invention de l’âme

Les âmes font partie de l’image manifeste que nous avons de ce que signifie être un être humain. Descartes a sans aucun doute saisi quelque chose d’important. Pourtant, en me rangeant de son côté, est-ce que je rends nerveux les lecteurs sceptiques ? Avez-vous failli fermer cet essai ? Voici la réserve majeure que je tiens à ajouter : cette âme humaine n’a pas été placée en nous par Dieu, mais elle n’a pas non plus été inscrite dans le cerveau par la sélection génétique. Non, le fait est que nos âmes ont été ajoutées par la culture humaine — une culture qui travaille avec la nature comme elle le fait toujours, mais libre d’inventer de remarquables châteaux en Espagne.

Stephen Lester : Les couloirs entre : ce que l’écologie nous apprend sur la conscience

Stephen Lester nous invite à contempler la relation entre le soi apparemment individuel et le monde — y compris les autres soi apparemment individuels — simplement comme des perspectives différentes au sein d’un écosystème continu. L’écologie nous a appris à voir le monde comme un tout interconnecté. De la même manière, la conscience incarnée peut nous enseigner que nous ne sommes pas séparés du monde, mais qu’au contraire, les objets que nous observons ne sont que d’autres perspectives au sein de la même conscience que nous sommes.

Mette Leonard Høeg : Vivre sans moi-même

Je n’ai pas l’impression d’avoir un moi. La plupart des gens que je rencontre parlent de leur expérience comme s’ils possédaient un centre interne de conscience — quelque chose à l’intérieur qui perçoit et ressent, un centre à leur expérience subjective. Et la plupart semblent relier ce sentiment intuitif d’un moi singulier à ce qu’ils étaient hier, le mois dernier, l’année dernière — à une histoire de vie qui se déroule sans discontinuer et remonte à leurs souvenirs d’enfance les plus anciens. Lorsque je regarde en moi, je ne trouve aucun centre de conscience. Il ne semble y avoir personne ni rien au centre de moi-même, rien d’identifiable qui génère ou reçoive l’expérience ; seulement des pensées et des sentiments qui ne semblent rattachés à rien, des schémas d’énergie changeants qui se produisent simplement…

Intelligence, ordinateurs et esprit mécanique I & II. Discussion avec Krishnamurti

Cela signifie que la perception est libre du savoir et que l’action ne provient pas de la perception ni du savoir. La perception du serpent, du danger, est action, mais cette perception est basée sur des siècles de conditionnement à propos du serpent. La perception que je suis hindou, qui dure depuis trois mille ans, est le même mouvement. Et nous vivons dans ce champ tout le temps. C’est cela qui est destructeur, pas la machine. À moins que cette machine qu’est l’esprit ne s’arrête — pas l’ordinateur —, nous allons nous détruire nous-mêmes.

Krishnamurti : Rien n’est un problème à moins que vous n’en fassiez un

Vous regardez une fleur sur le bord de la route, vous la regardez là, vous voyez sa beauté, la tranquille condition de son existence, sa couleur, vous en respirez le parfum. Et, simplement, vous regardez et vous passez. Regardons exactement de la même manière le mouvement de notre vie durant les heures de veille, exactement ainsi, sans désirer résoudre aucune de ses complexités, aucune des questions qui sont en cause durant notre journée.

Krishnamurti : La racine du désordre

Maintenant, quand on est dans le désordre, rechercher l’ordre est une erreur, évidemment. Parce que l’esprit qui est confus, qui n’est pas clair, reste encore dans la confusion et dans l’incertitude, lorsqu’il recherche l’ordre. C’est bien évident. Tandis que, si vous prenez connaissance du désordre dans lequel vous vivez, si vous le comprenez, si vous en comprenez les causes, le mouvement, par le fait même de comprendre ce désordre, du fait de cette compréhension, l’ordre surgit naturellement, aisément, heureusement, sans aucune contrainte, sans aucun effort pour se maîtriser.

nous-mêmes ?" : "Pourquoi sommes nous préoccupés

nous recherchons sérieusement pourquoi les êtres humains, avec ce monde merveilleux autour d’eux, la beauté, l’extraordinaire nature, la qualité de l’eau, les oiseaux, la mer et la terre, et le ciel et les cieux au-dessus d’eux, pourquoi ils ont réduit toutes ces choses à ce petit atome étroit, à cette petite chose, et pourquoi ils écrivent d’énormes livres à son sujet et cherchent comment s’en débarrasser, que faire, quelle pratique adopter, comment méditer, se sacrifier, se renier, s’interdire la nourriture, jeûner, faire toute chose pour se débarrasser du petit « moi ». Il y a cette futilité du sacrifice, cette futilité du déni du « moi » et de l’identification à quelque chose d’autre, à la famille, à la nation, à une croyance, à un dieu, à ce qui est international — vous suivez ? — ces innombrables formes d’identification qui ne résoudront pas le problème. Qu’est-ce qui dissoudra cette chose qui est si corruptrice, qui est toujours à la recherche du pouvoir, d’une position, de l’autorité, qui s’empare pour elle-même, de toute chose, qui utilise le savoir comme un moyen pour obtenir davantage de succès, davantage de pouvoir, davantage de satisfaction, etc. ?

Brian Lowery : Le « moi » n’existe pas. Au lieu de cela, vous façonnez constamment de multiples moi

Si vous lisez l’un des livres de développement personnel les plus populaires, vous pourriez avoir l’impression que nous ne devrions pas vouloir être façonnés par notre environnement social. Nombre de ces ouvrages se concentrent sur l’idée d’être pleinement et sans compromis soi-même. Ce livre ne s’oppose pas à cet objectif, mais soutient plutôt qu’il n’est pas possible d’y parvenir. Les gens veulent et ont besoin d’interactions sociales, ce qui signifie que nous ne pouvons pas vivre complètement à l’abri des influences et des contraintes extérieures.

Chris Niebauer : La philosophie orientale affirme qu’il n’y a pas de « moi ». La science est d’accord

La triste vérité est que chacun d’entre nous fera l’expérience de beaucoup de douleur mentale, de misère et de frustration au cours de sa vie. En prenant la voix dans notre tête pour une chose et en l’appelant « moi », nous entrons en conflit avec les preuves neuropsychologiques qui montrent que cette chose n’existe pas. Cette erreur — ce sentiment illusoire de soi — est la cause première de notre souffrance mentale.