Tout effort d’unification, d’apaisement est certes louable et des rencontres interreligieuses semblables à celles qui se sont tenues à Paris sont du plus haut intérêt par le climat de haute spiritualité qui s’en dégage. Mais là où les choses se gâtent, c’est au moment où, sous prétexte d’œcuménisme, des orateurs travestissent la pureté première d’enseignements et tentent de démontrer publiquement les prétendues similitudes entre le bouddhisme et la pensée chrétienne.
Auteur/autrice : 3e millénaire
Robert Linssen : Au-delà de la Vie et la Mort
Chaque instant comporte quelque chose d’unique, de totalement neuf, d’irremplaçable. Ce n’est que dans cette optique, extraordinairement souple, dynamique, adéquate, que la Forme parvient à nous signifier le langage étrange et merveilleux qu’elle nous destine.
Robert Linssen : Amitié, confidence et extraversion
L’amitié véritable est rare. Son authenticité dépend de certaines qualités de désintéressement, d’honnêteté, de gratuité, de pure affectivité qui lui donnent tout son charme et sa beauté. Un mode et une qualité de relation d’une exceptionnelle richesse peuvent s’établir entre des amis véritables.
Henri Methorst : Krishnamurti
A mon avis, Krishnamurti est le seul à avoir tenté d’établir ce contact intime entre la complexité subtile et illogique de la psychologie humaine avec ses frustrations d’une part, et la flamme d’un amour intelligent et perceptif de l’autre et d’avoir réussi à communiquer ce qui est incommunicable grâce à sa façon éducative et psychologique de procéder. Je suppose que plusieurs grands esprits dont nous ne possédons plus exactement les paroles ont été inspirés de la même mentalité. Mais son « message » est en cela différent de toutes les méthodes, de tous les enseignements qui exhortent et encouragent et se servent de systèmes par le fait que lui abolit radicalement la distance, l’« aliénation » qui existe entre l’homme et son propre esprit, entre l’homme et les buts qu’il poursuit. Car tout ce qui n’est pas authentique, qui n’est pas immédiat, dont on se laisse persuader et par lequel on est conditionné, est une auto-aliénation et n’est pas « créateur » (terme dangereux) — dans un sens comparable à celui que donne Erich Fromm à l’aliénation et le danger créé par la société d’abondance et du succès.
Carlo Suarès : La Genèse selon la tradition ontologique
Tout esprit réfléchi se perçoit dans ses rapports avec soi-même et avec l’univers. Mais ces rapports sont trop souvent préfabriqués par le milieu. Lorsqu’on s’éveille à une réflexion individuelle, il devient presqu’impossible de savoir pour quelles raisons l’on est fabriqué de façon à croire ou à ne pas croire à un Dieu personnel, de façon matérialiste ou spiritualiste, scientiste ou sceptique. Et si l’on n’est pas conditionné par le milieu, on l’est par opposition au milieu, ce qui n’est guère plus valable.
Jean Herbert : L'anatomie psychologique de l'Homme selon Shrî Aurobindo
Shrî Aurobindo est sans doute le psychologue qui a donné les descriptions les plus précises et les plus perspicaces de l’être humain, tant à l’état normal que dans les développements de la personnalité que permet le yoga. Malheureusement pour nous, il n’a jamais rassemblé ses enseignements à ce sujet dans un traité; il faut les chercher dans de très nombreuses lettres, en partie seulement publiées, qu’il a écrites à des disciples pour aider ceux-ci à surmonter des obstacles bien déterminés auxquels ils se heurtaient dans leur sâdhanâ individuelle.
Jean Herbert : Le Non-dualisme de Shankara et l'Occident
Le système philosophique non-dualiste (advaïta), tel qu’il fut exposé en particulier au début de l’ère chrétienne ou même auparavant, par Shankara, est considéré par la plupart des hindous comme le point culminant de la pensée classique indienne. Ce système présente pour l’élite intellectuelle de l’Occident, un attrait considérable; différents groupes « védantiques » le diffusent actuellement avec succès, en particulier dans les universités européennes. Il est donc utile d’examiner de près ce qu’il peut nous apporter, et pour cela il est intéressant de voir d’abord ce qu’il a donné à l’Inde.
Jean Herbert : Fatiha
Le premier texte que nous donnons est la sûra d’ouverture du Coran, la Fâtiha, telle qu’elle a été interprétée et commentée par le maître Abdullah Yasuf Ali dans son édition annotée du Coran publiée pour la première fois à Lahore en 1934 et rééditée en 1947 aux Etats-Unis. Nous nous réservons naturellement de donner, si l’occasion s’en présente, d’autres interprétations de cette même sûra par d’autres maîtres modernes.
Jean Sarkissoff : De la perception Spirituelle
La vie spirituelle! Notre intelligence rationnelle et verbale ne peut la décrire ni la saisir; ineffable et essentielle, elle peut être vécue et sentie ; elle est vie, création, amour. Mais elle porte des masques. Et nous devons lutter pour la connaître ; l’amour passionné du vrai finit toujours par la découvrir, car elle se révèle à qui la désire et la recherche. Nous sommes faits pour la connaître.
Gabriel Monod-Herzen : Connaissance du Yoga
Yoga signifie union, et même unification : c’est à la fois un état et l’ensemble des moyens permettant de l’atteindre. Pour les penseurs de l’Inde, le yoga est l’un des six points de vue auxquels on peut se placer pour arriver à connaître notre nature et la raison d’être de notre existence, afin d’en atteindre le but. Car la vie a un but, une signification dont l’existence est prouvée par celle d’un signe particulier qui accompagne chaque mouvement qui nous en rapproche : la joie, le bonheur (qu’il ne faut pas confondre avec le plaisir).