Pierre d'Angkor : La Vie est Créatrice

Dieu a créé le monde, nous dit le traditionalisme religieux. Comme il n’y a ici aucune « adéquation » entre la cause et l’effet, entre l’Infini créateur et les limitations de toute forme créée, on ne voit pas comment cette création serait possible. Un hiatus formidable oppose les deux termes et la dualité paraît irréductible puisqu’il n’y a aucune commune mesure, aucun rapport de nature, entre le Créateur et sa création.

Jacques Kalmar : L'in~formation du moi

Le dépassement du Moi, le franchissement des remparts de la citadelle du Moi, le libre épanouissement hors des limitations de l’ego est un chapitre important de l’enseignement nécessaire à la complète réalisation de l’homme. Avec la « dissolution du Moi » se produit, en effet, une transformation dans l’être qui lui assure la vision et la compréhension de l’Unicité de tout ce qui est.

Jacques Kalmar : Acupuncture chinoise

L’Acupuncture chinoise, en tant que discipline thérapeutique, est de prime abord assez déconcertante aussi bien par ses principes de base que par ses méthodes particulières d’examen des malades. N’usant pour agir contre les maladies — nous dirons de préférence les dérythmies — d’aucune substance médicamenteuse, l’Acupuncture s’écarte délibérément des voies tracées par la Médecine allopathique que l’Occident a la simplicité de déclarer universelle et seule véritable.

Gérard Tiry : L'Observation de soi

Il m’a semblé intéressant de considérer l’importance exceptionnelle que Krishnamurti donne à l’observation : Nous devons observer sans que notre mémoire intervienne, sans idées préconçues, sans être obsédés par des contraintes mentales qui, précisément, rendent nos observations incorrectes. La question qui se pose est de définir comment nous pouvons observer, autrement dit, à quel niveau de notre vie spirituelle peut se développer l’observation.

Gérard Tiry : Aspects de la Pensée objective

La pensée objective n’existe pas dès la naissance, elle n’apparaît que lorsque l’évolution de l’enfant a atteint un certain stade. La conscience est d’abord globale et inorganisée ; toutes les activités sont ressenties comme internes, aussi bien dans leurs origines, que dans leurs manifestations, elles ne sont pas différenciées mais vécues extatiquement.

Robert Linssen : Yogas, concentration et libération spirituelle

Toute discipline spirituelle, tout effort mental divise et renforce considérablement le « moi » en le scindant en deux parties opposées entre lesquelles se développe une tension croissante. Ainsi se créent la partie qui inflige la discipline d’abord et celle qui la subit ensuite. La situation dualistique du « moi », origine de toutes nos servitudes, loin d’être résolue s’affirme, au contraire, dans sa toute-puissance. La libération spirituelle n’est possible que dans l’intégration moniste.

René Fouéré : Sur les rapports entre le Temps et l'Espace

Dire que le temps est la quatrième dimension de l’espace, ce n’est rien dire d’autre sinon ceci: le temps peut être mesuré, repéré sur un axe qui concourt avec les trois axes de coordonnées servant communément de référentiel spatial. Cela ne signifie à aucun degré que le temps soit homogène à l’espace. On peut concevoir un solide tétradimensionnel dont les coupes successives, passant par les points d’une certaine droite, dite axe des temps, fourniront l’image des événements qui peuplent la durée du monde.

René Fouéré : René Fouéré à Beauquinès (Entretiens enregistrés)

Je serais tenté de dire que de vraies relations humaines ne pourraient être établies qu’entre des libérés. Je n’ai pas la prétention d’appartenir à cette catégorie. On disait autrefois qu’en dehors des héros il y avaient les braves gens. En dehors des libérés il y a les gens de bonne volonté. Je suis un homme de bonne volonté devant vous. J’essaie de comprendre le point de vue des autres autant qu’il m’est possible. Nous essayons de nous défaire de tous les conditionnements que nous avons subis depuis notre naissance.

René Fouéré : Sur le Bonheur et la Communication

Le bonheur dont parle Krishnamurti est un bonheur qui, ne dépendant d’aucune condition particulière, est au delà de toute condition, la mort y comprise. L’absence du moi n’est pas simplement tranquillisante, elle ne marque pas seulement la fin de tous les conflits que ce moi engendrait, elle marque l’entrée dans l’inconnu, l’avènement d’une présence réelle et indicible.

René Fouéré : De l'évolution formelle à l'évolution réelle 1964

Peut-on comprendre qu’en s’obligeant à penser et à agir de manière à se sentir toujours davantage quelque chose, de manière à devenir toujours plus conscient de mériter une qualification, une définition précises, et d’assumer une forme particulière, on en vienne finalement à se sentir « comme rien », à se trouver néantisé dans un océan de bonheur ?