James Moore : Gurdjieff et Katherine Mansfield

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Et voilà que, tout à coup, — c’était le bouquet —, surgissait Katherine Mansfield. « M. Gurdjieff n’est pas du tout comme je pensais », écrit Katherine, « il est comme on veut vraiment le trouver. Mais je suis absolument sûre qu’il peut me mettre sur la bonne voie en toutes circons­tances… » Et maintenant qu’il l’avait acceptée, quel poids pour Gurdjieff : le terrible diagnostic des médecins, le problème des soins intensifs, à lui assurer la mise en péril de son Institut par la mort d’une femme célèbre… Évidemment, il avait prévu ces difficultés, les avait mises en balance avec le besoin de Katherine et, tout bien pesé, les avait écartées. « Pour cela », écrit Ous­pensky, « il a reçu, au cours des années, et avec les intérêts, son plein salaire de mensonges et de calom­nies ». (Fragments d’un Enseignement inconnu.)


Jean Klein : « Je » n'est pas un concept

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Vous avez profondément ancrée en vous l’idée que chaque objet, votre environnement, sont distincts de vous, hors de vous. De même, la sensation, votre corps sont des objets parmi les autres pouvant être regardés comme séparés de vous. De ce poste d’observation purement mental, votre ego perd alors son opacité. Vous verrez ensuite que vos pensées, la pensée moi, vos émotions, sentiments de sympathie-antipathie, ne sont également que des objets perçus. Cette distancia­tion vous amènera à vous situer spontanément comme Ultime Connaisseur, et votre notion du moi perdra ainsi ce qui lui reste de substance. L’environnement conçu auparavant comme un amas d’objets se trouve transmuté. L’objet n’est plus un objet, il est désormais une prolongation, une extension, expression de la Conscience, du Soi. C’est le résultat d’une compréhension totale, d’une saisie instantanée. Cette expérience est d’une autre nature que l’assimilation qui procède par étapes.


Hervé Soupiron-Michel : Le Zoo Humain

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Le drame de cette humanité c’est de s’être persuadé qu’il valait mieux inventer sa provenance plutôt que de la vivre. Et pourtant, quand je les observe je vois clairement se manifester le flux de vie qu’ils ont tous en commun : fleuve, rivière, ruisseau, torrent, source ; je vois ce flux aborder leurs corps sclérosés, réels ou imaginés, essayer de se frayer un chemin, contournant les écueils que lui oppose la marionnette de bois qu’ils ont construit durant toute leur vie, souvent sans en avoir eu conscience.


Jean Gontier : L'instructeur de la réalité

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Si nous sommes déjà dans la Réalité, si nous sommes la Réalité, comment se fait-il que nous soyons incapables d’en prendre conscience ? Cela tient à ce que depuis notre enfance tous nos efforts et toutes nos préoccupations ont consisté à agir et à penser par relation de cause à effet à partir des phénomènes. Comment pourrions-nous reconnaître un bonheur surgissant comme un éclair qui ne se référerait pas à un objet, qui serait sans cause ? Si cela se produit je vais automatiquement, par réflexe peut-on dire, attribuer une cause à ce bonheur. Je vais dire qu’il vient de Dieu et comme il faut bien définir une cause, je fais de Dieu l’objet cause de mon bonheur et ensuite je me mets à disserter le plus logiquement du monde sur l’objet Dieu, et comme il faut une cause à Dieu, je me lancerai dans des spéculations sur le non-être. Ainsi je reste dans la ronde sans fin du jeu intellectuel.


Jean Biès : Gurdjieff, promesses d'une parole

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École de rigueur et de lucidité, le « Travail » stimulait, éveillait, léguait un « sens » à l’existence d’être déracinés, confrontés à l’absurde, perplexes devant tant de ques­tions spoliées de leurs réponses, insatisfaits d’Églises plus militantes que méditantes. Il proposait un point de repère grâce auquel prendre sa mesure, se voir deve­nir, découvrir sa place, sa nature, non point celles qu’on croit avoir ou tenir abusivement. Voie du plus grand effort menant nécessairement à un changement de vision à une maturité, à l’acquisition d’un autre ordre. Voie permettant de distinguer l’essentiel du superflu, de se rendre responsable, d’ajuster la balance intérieure, à force de patience et de volonté.


Frédéric Lionel : La géométrie sacrée

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La Géométrie Sacrée fait partie des sciences hermétiques puisqu’elle est la science des mystères de la nature. Or, l’un des grands mystères de la nature est la proportion d’extrême raison. Rendons-nous à l’évidence que cette proportion que Pacioli, ami de Léonard de Vinci, baptisa divine, et que Kepler nomma le « joyau de la Géométrie », se retrouve dans toutes les formes vivantes, mais aussi dans l’art de toutes les époques, dans l’architecture, fut-elle grecque, romaine ou gothique, ainsi que dans le Cosmos, nom grec pour ordre et harmonie. Rien n’est plus étonnant que la redécouverte de la science hermétique, également nommée science mystériale par la science contemporaine.


Autour de l'enseignement de Gurdjieff, entretien avec Henri Tracol

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Le psychisme dont il parle est visiblement du domaine de la manifestation, alors que le spirituel relève de ce qu’il est réellement. Mais il n’y a pas là pour autant une condamnation de la manifestation au profit de l’essence. La perspective qu’il ouvre est celle d’un accomplissement, par la fusion du psychisme et du spirituel, en sorte que la manifestation de l’homme émane de son essence réelle, au lieu de s’imposer à lui du dehors.


Marcel Rainoird : Belzébuth, affaire à suivre

| Catégories : Essais | Mots-clés :

Cependant, tout en s’attachant à démonter les mécanismes du comportement individuel et social de l’homme contemporain, Gurdjieff remet à sa juste place ce qui obnubile tant le praticien des sciences humaines, à savoir le progrès technique, industriel avec ses aléas, ses succès ou ses crises. Il ignore ou lacère les élucubrations théoriques, il pulvérise les apparences. Son histoire de l’humanité se veut essentielle. Que ce soit dans la fresque ou dans le détail, en plan d’ensemble ou en gros plan, elle se situe au niveau des causes originelles. Qu’il s’agisse de faits mondiaux ou de faits divers, quel que soit l’angle d’attaque, la variation du ton – depuis l’injonction solennelle jusqu’à la farce, jusqu’au canular – Gurdjieff s’attache à certains événements, parce qu’ils entrent dans le champ d’une information créatrice.


Jacques Quennoy : La radiesthésie

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Cette connaissance conduisit peu à peu à construire une théorie de la radiesthésie qui peut se résumer ainsi : D’une part, les vibrations ou ondes des corps rencontrent le corps du radiesthésiste, qui réagit à la manière d’un appareil de T.S.F. Ces ondes, infinitésimales, se renforcent dans les cellules nerveuses du corps humain comme les ondes de T.S.F. se renforcent dans l’ampli­ficateur de l’appareil de radiophonie. Ces ondes ainsi renforcées pro­duisent des réflexes internes très faibles et inconscients, mais suffisants pour provoquer les réactions dirigées de la baguette ou du pendule agissant, l’un comme l’autre, comme amplificateur. Ceci explique que le facteur humain (plus précisément tout l’inconnu qui est en notre cerveau, le sixième sens) joue dans les recherches de radiesthésie un rôle primordial. D’autre part, le cerveau émet, lui, aussi, des ondes analogues à celles de la T.S.F., et, par suite, perçoit, soit des ondes étrangères, soit une absorption de ses propres ondes en retour, après rencontre d’une masse métallique, de l’eau, des minerais, etc. (le cerveau se comportant alors comme un véritable radar).


Je suis de Sri Nisargadatta Maharaj

| Catégories : Entretien/Interview, Nisargadatta

Le banyan a une très petite graine, la conception de cet arbre immense est contenue dans cette graine si petite, potentiellement l’arbre est dans cette graine. Allez-vous étudier et planter chaque racine, chaque branche, chaque feuille du banyan ? Non, vous ne vous occuperez que de la graine, vous planterez la graine. Quelle est votre graine ? La connaissance « Je suis ». Cette connais­sance est le lien entre vous et ce monde. Examinez cela, scrutez cela. C’est à ce niveau que peut se résoudre tout le pro­blème. Si cette conviction « Je suis » n’est plus là, quel souci peut vous causer le monde ? Cette graine est donc le facteur essentiel. Ce sens du « Je suis », scrutez-le, fouillez-le, ce n’est qu’à ce niveau que vos investigations peuvent aboutir.