Micheline Flak : Éduquez votre regard

Nous avons tous l’expérience d’avoir un jour été en face de quelque chose dont le souvenir nous échappe. Où avions-nous la tête ? Nous avions les yeux ouverts, pourtant ! La même chose se produit pour l’écoute tant il est vrai que la présence d’esprit est nécessaire si l’on veut stimuler la mémoire. L’une des plus anciennes Upanishads de l’Inde dit cela très clairement : « Mon mental n’était pas là. Par conséquent, je n’ai rien entendu ».

Swami Hridayananda Sarasvati : Raja Yoga 1

Si vous êtes triste, vous produisez un certain type de vritti. Si vous êtes dans un état de conflit, d’agitation, c’est un autre type de vritti, si vous éprouvez de l’amour pour quelqu’un, c’en est encore un autre. Donc à chaque instant ces vritti agitent notre esprit et cela vous empêche de prendre conscience de ce qui est au-delà. Si on permet — notez bien que je dis « permet » je n’ai pas dit qu’on fasse cesser, il y a une différence entre les deux. En effet votre volonté peut faire un effort pour que ces fluctuations s’arrêtent. Mais cet effort devient alors une autre fluctuation mentale. Mais vous pouvez arriver à ce que ces vritti se calment, d’eux-mêmes et c’est ce que nous appelons « yoga ». C’est pour quoi l’aphorisme dit que « le yoga, c’est la cessation des fluctuations mentales ». Quand les fluctuations mentales se calment d’elles-mêmes, vous pouvez dire que vous êtes en yoga. Tout effort que vous faites, devient vritti. Toutefois, au début vous pouvez vous efforcer à ce que les différentes vritti n’en forment qu’une. Ce n’est pas facile de tenir le silence mental.

Yuan-Yuan : La contemplation

La contemplation peut revêtir quantité de sens différents selon l’objet et le but qu’elle se propose d’atteindre. En comparant la contemplation orientale à celle de l’Occident, il nous a été possible d’en découvrir les quelques significations que voici :

Robert Linssen : Yogas, concentration et libération spirituelle

Toute discipline spirituelle, tout effort mental divise et renforce considérablement le « moi » en le scindant en deux parties opposées entre lesquelles se développe une tension croissante. Ainsi se créent la partie qui inflige la discipline d’abord et celle qui la subit ensuite. La situation dualistique du « moi », origine de toutes nos servitudes, loin d’être résolue s’affirme, au contraire, dans sa toute-puissance. La libération spirituelle n’est possible que dans l’intégration moniste.