Microcosme et macrocosme par André De Possel-Deyrier

Pour l’instant et pendant un long avenir, nous devons nous en tenir à une constatation de fait : la manifestation existe, elle emplit l’univers, elle dépasse les limites de perception de nos sens et de nos instruments. Notre intelligence, notre science s’efforcent chaque jour de pénétrer davantage sa puissance, sa mystérieuse profondeur. Nos connaissances acquises dénotent l’existence d’une puissance incommensurable, infinie, mais ordonnée, rationnelle, qui dirige le cosmos. Les mondes et les êtres qui le peuplent suivent ces lois immuables qui tendent à l’union, à l’harmonie universelle. Le but final de l’évolution apparaît dans l’unité par le retour à l’identité avec l’Absolu d’où émanent toute vie et toute forme. Les hypothèses scientifiques s’accordent sur ce point aux données de l’occultisme. Elles envisagent l’unité de la matière. La réduction du nombre des corps simples tend de plus en plus à la démontrer…

Brève esquisse cosmogonique par Pierre D’Angkor

Pour la vision des Sages, l’Être c’est le Tout existant, visible et invisible, à la fois un et multiple. L’Unité transcendante de l’Être — ce que nous nommons l’Absolu — se manifeste comme dualité opposée de forces constructives dont le brassage forme l’Univers. La relation entre ces deux pôles opposés est la Vie, la Conscience. Tout univers naît et meurt, commence et finit. Leur succession, régie par la loi universelle de Cause à effet, est éternelle. Chez tous les peuples de l’antiquité — Égypte, Inde, Grèce — le symbole de cette totalité fut le serpent enroulé qui se mord la queue. L’orbe du serpent est le symbole de l’éternité, la tête et la queue du serpent qui se rejoignent figurent au contraire le temps de chaque Univers successif, son commencement et sa fin…

Itinéraire 8: A tâtons vers l’absolu par Pierre D’Angkor

Nous disons donc que la Vie et l’Intelligence créatrice qui président à tout le développement d’un Univers se trouvent dès l’origine contenues potentiellement dans son énergie primordiale. L’Esprit se dégagea progressivement de sa gangue de matière. Voilà pourquoi les « Upanishads » nous parlent de la matière comme étant Brahman (on sait que pour la science moderne la matière c’est de l’énergie) : « il s’ensuit », écrit un penseur de l’Inde, « que Sat, Chit, Ananda, l’être, la conscience, la béatitude, sont dans la matière et attendent de s’y manifester… La matière a fait apparaître la vie, et la vie a fait apparaître le mental : maintenant le mental s’efforce de faire apparaître un principe supérieur, auquel Shri Aurobindo a donné le nom de supramental, et que les prophètes de jadis connaissaient sous le nom de « Vignâna ».

Itinéraire 6: Noms et symboles divins par Pierre D’Angkor

Quoiqu’il en soit, au niveau spirituel ou nous nous tenons, il semble que le Divin représente un ordre de réalité dont l’accession, ou la simple approche même, demeure encore fort ardue pour notre esprit comme pour notre cœur. Principe, Essence ou Souverain Bien, quel que soit le nom que l’on imagine, la plupart des esprits religieux eux-mêmes n’ont de la Divinité, nous l’avons vu, que la notion la plus vague, loin d’en avoir la moindre perception réelle. Il semble d’ailleurs que l’immense majorité des croyants, aujourd’hui comme hier, éprouve encore le besoin d’adorer un Dieu personnel, un Etre suprême, et que pour aimer Dieu, ils doivent aimer un Dieu, et non une formule abstraite comme le Souverain Bien ou la Suprême Réalité.

Chemins vers l’Absolu par Rémy Cornerotte

Nous les hommes parmi les hommes, nous n’avons qu’un devoir, celui de chercher l’Absolu à travers toute notre vie. Et si nous avons trouvé, nous n’avons pas à justifier notre découverte.
Je vais montrer quelques chemins, des directions à prendre. La première route indique que l’Absolu est dans le quotidien.

Enseignements 2 : Questions/Réponses par Swami Hridayananda Sarasvati

Pensons maintenant que le film est une réalité et tout changement qui se produit nous apparaît comme la réalité. Tous ces changements ne sont qu’à un niveau tout à fait superficiel, la réalité en vous ne change jamais, Il est éternel, il est immuable, il est permanent. Et c’est parce que vous pensez que vous êtes impliqué dans les changements que cela vous affecte Donc si vous êtres sans cesse conscients que vous êtes cette Conscience immuable, parfaite, absolue, éternelle, vous considérez tous les événements comme une pièce de théâtre, comme un film. Shakespeare a écrit que le monde entier était une scène de théâtre et que nous en étions les acteurs. Seulement il faut que nous jouions notre rôle parfaitement. Si nous ne jouons pas notre rôle correctement, exactement comme dans une pièce de théâtre, il y aura confusion. C’est cela la vie spirituelle. Comprendre la valeur réelle de toutes choses et faire réagir notre esprit correctement

Raja Yoga 10 par Swami Hridayananda Sarasvati

Prenons cette pièce qui est remplie de Conscience Absolue et cette Conscience Absolue passe en chacun de nous, formant le substrat de chaque individu. Ce qui passe en chacun de nous est appelé Atman. Le changement n’est qu’apparent. Ce n’est pas parce que je mets ma main sur le tissu, que le tissu a changé, il est toujours là, essentiellement le même. Donc c’est cette Conscience Absolue, infinie, omniprésente, qui forme notre substrat, c’est cela que nous appelons Atman. En fait, Atman et Brahman sont absolument identiques. En traversant un être humain il ne change pas, aucune modification, mais bien sûr, si je mets ma main sur ce tissu, un enfant, quelqu’un pourrait croire qu’il n’y a pas de tissu dessous, qu’il y a une rupture entre le tissu qui entoure ma main et ce qui est en dessous.

Raja Yoga 3 par Swami Hridayananda Sarasvati

Ainsi, toute cette création est un rêve aussi, nous sommes en état de rêve en ce moment même. Dans le cosmos, nous sommes comme une particule de poussière. Si cette particule de poussière peut rêver autant, le cosmos ne peut-il rêver toute la création ? La différence, c’est que dans le rêve vous étiez seul, vos amis n’ont pas fait ce rêve. Tandis qu’ici nous voyons tous Roscoff, vous me voyez en train de vous parler. Donc cela peut-il être un rêve, puisque nous voyons tous les mêmes choses ? Mais dans le rêve, tous vos amis n’ont-ils pas vu le serpent en même temps ? Tous ensembles ne vous êtes-vous pas assis dans le même avion ? N’avez-vous pas vu la même Inde ? Ce n’est que lorsque vous vous réveillez que vous vous dites : « Tout cela a été créé par mon propre rêve ! » Ainsi, tout cela est dû à Maya et lorsque vous vous éveillez de cet état-là, lorsque vous atteignez l’état supraconscient, vous atteignez l’état de réveil et c’est alors que vous réalisez ce qu’est la Réalité.

Raja Yoga 2 par Swami Hridayananda Sarasvati

Personne ne peut vous décrire très exactement cet état ultime où il n’y a plus que conscience. On ne peut faire que des approximations. C’est comme si je vous dis « J’ai mal ». Si vous n’avez jamais fait l’expérience d’avoir mal, je peux essayer de vous le décrire de toutes sortes de façons différentes sans jamais pouvoir vous transmettre exactement la sensation exacte de ma douleur. De la même façon si vous n’avez jamais goûté au sucre, vous ne saurez pas ce que je veux dire quand je dis « c’est sucré ». Donc on ne peut vous donner qu’une idée approximative de cet état ultime. Cela ne peut s’expérimenter par le mental, c’est quelque chose qui transcende l’expérience mentale. Dans cet état là on est en paix complète, absolue.

Raja Yoga 1 par Swami Hridayananda Sarasvati

Si vous êtes triste, vous produisez un certain type de vritti. Si vous êtes dans un état de conflit, d’agitation, c’est un autre type de vritti, si vous éprouvez de l’amour pour quelqu’un, c’en est encore un autre. Donc à chaque instant ces vritti agitent notre esprit et cela vous empêche de prendre conscience de ce qui est au-delà. Si on permet — notez bien que je dis « permet » je n’ai pas dit qu’on fasse cesser, il y a une différence entre les deux. En effet votre volonté peut faire un effort pour que ces fluctuations s’arrêtent. Mais cet effort devient alors une autre fluctuation mentale. Mais vous pouvez arriver à ce que ces vritti se calment, d’eux-mêmes et c’est ce que nous appelons « yoga ». C’est pour quoi l’aphorisme dit que « le yoga, c’est la cessation des fluctuations mentales ». Quand les fluctuations mentales se calment d’elles-mêmes, vous pouvez dire que vous êtes en yoga. Tout effort que vous faites, devient vritti. Toutefois, au début vous pouvez vous efforcer à ce que les différentes vritti n’en forment qu’une. Ce n’est pas facile de tenir le silence mental.