Aldous Huxley et la porte de la vision par Jean Couvrin

Surprenante lecture que celle de « L’art de voir », du moins pour les familiers des grandes sagesses traditionnelles. Là où, comme il se doit, Huxley reste fidèle à son propos (aider les personnes déficientes visuelles), on devine sans arrêt la possibilité d’une lecture « parallèle » portant sur la réalisation spirituelle de soi. Lorsque Huxley évoque le moment où le handicapé visuel recouvre pour la première fois une vision nette, on croit se trouver devant la description d’une première illumination — description digne d’un récit zen, proche aussi de Douglas Harding.

Le problème de la drogue par Robert Linssen

Indépendamment du point de vue médical, de nombreux partisans du L.S.D. se situent à un point de vue mystique. Parmi ceux-ci citons l’écrivain Timothy Leary, auteur de Introduction to L.S.D.: the consciousness expanding Drug, décrivant la « révélation » du L.S.D. comme suit : « Vous vous êtes introduit au cœur de la formule d’Einstein, vous êtes pénétré du sens du quintessentiel de la nature de la matière, votre cœur bat en harmonie avec sa pulsation primordiale, cosmique. »
Richard Alpert déclare de son côté : « Le L.S.D. est une des clés de la sagesse (!) ; ma vie m’est apparue infiniment plus satisfaisante à partir de ma première expérience psychédélique… » Définir une drogue comme « clé de la sagesse » situe immédiatement l’auteur d’une telle affirmation et la nature des notions qu’il possède de la « sagesse ».