Paul Arnold : Comment lire le livre des morts Tibétain

A cet égard, il suffit de lire le début des chapitres du Bardo Thödol décrivant les divers états ressentis par l’agonisant puis par le « mort », pour s’apercevoir qu’on nous dépeint une expérience vécue par l’être et suivie par un observateur en état de transe. De cette faculté d’observation, les témoignages abondent dans la pratique de la méditation bouddhique. C’est ainsi que le maître tendaï suit dans son propre cerveau comme sur le petit écran les « expériences » imaginaires du disciple pendant les grandes épreuves pour connaître l’état d’avancement de celui-ci…

Dominique Casterman : Réflexion sur la réalisation intérieure

L’homme réalisé transcende l’opposition conscient-inconscient par l’expérience directe, immédiate de lui-même et du monde. Il cesse d’opposer ce qu’il aime à ce qu’il n’aime pas, d’opposé l’homme universel à l’homme social. Il vit l’immédiate réalité de la source la plus intime de son être. Il est. Au lieu de se sentir gouverné par le monde extérieur sur lequel il projette ses pulsions intérieures non reconnues consciemment, l’homme réalisé s’éprouve comme le Sujet de ses pensées-sentiments et de ses sensations-intuitions. Pour être remonté jusqu’à la source de son être, il s’est libéré de l’emprise affective et de la tyrannie de l’intellect.

Roger Gunther-Jones : L'ici est vide

Quiconque a la volonté de « voir son vide essentiel » et ainsi de devenir « illuminé » peut le faire maintenant sans gaspiller son temps sur les chemins traditionnels, ceux du bouddhisme ou de toute autre foi; ces démarches-là pourraient être appréciées plus tard, avec profit peut-être, si le besoin de formes religieuses survivait à la pratique de l’état de non-dualité.

Martine Sandor : Pour la psychosynthèse

La psychosynthèse n’est pas un système de pensée ou un système de techniques, mais elle se définit uniquement par une vision ou un esprit qui peut être appliqué à la psychothérapie, à l’éducation, à la pratique du droit ou de la médecine, etc. Elle voit une totalité qui cherche manifestation et regarde tout symptôme comme un blocage à cette vie qui pousse en nous et qui cherche la création d’une forme. La première tâche du psychothérapeute en psychosynthèse est de saisir ce qui cherche à émerger, qui est alors du domaine du transpersonnel…

Pascal Ruga : L'Aube retrouvée

C’est alors que j’ai fermé les yeux. Je me suis donné sans réserve à la nuit des grands fonds. J’ai lâché prise sur toute réalité. Les voix s’atténuèrent. Puis elles ne furent plus qu’un imperceptible et lointain bourdonnement. Elles disparurent enfin me laissant enveloppé de silence. Je ne sentais plus mon existence, j’étais au delà du temps et de l’espace ; je « m’impersonnalisais » dans l’obscur liquide amniotique d’une matrice originelle retrouvée. Était-ce la paix ? Ou bien peut-être était-ce la mort? Mais ici, toute question corrompait déjà cet océan de calme.

Liberté du moi profond, liberté du moi social. Un entretien avec Claude Polin

Ce qui amène la question philosophique de savoir comment il y a coïncidence entre le moi profond et le moi social. Dans la philosophie grecque, il est clair que la découverte de ce moi profond, est la découverte de ce qui, dans l’individu, fait partie d’une nature ordonnée. Ce qui présuppose un ordre métaphysique correspondant à un ordre humain. Cette nature que l’individu découvre en soi a pour caractéristique essentielle l’intelligibilité; c’est le monde intelligible de Platon. Un monde accessible à la raison humaine qui est aussi un lien entre les hommes parce que précisément il est accessible à la raison de tout homme.

Dominique de Wespin : Naître à soi

Dans une telle expédition, les bagages sont interdits. Les mains doivent rester libres afin de pouvoir s’agripper. D’ailleurs, rapidement les grimpeurs ont constaté, — sur l’un des versants et sur l’autre, — que les sentiers empruntés étaient comparables à une lame de rasoir, étroits à l’excès comme le sont toujours les chemins de crête. Et même ils se sont aperçus qu’il leur fallait user d’un piolet sur certaines parois rocheuses.

Marie-Madeleine Davy : Habiter avec soi-même

Dans mon extériorité, on peut me voler, m’aliéner, briser mon honneur, souiller en quelque sorte mon existence. Dans mon intériorité, personne n’a accès. Si je vis en plénitude dans mon intériorité, j’aurai un impact sur l’univers entier, sur le soleil, la lune, les étoiles, les pierres, les fleurs, les animaux, les hommes. Mon unité, mon renoncement se couvriront d’espace. L’espace sera ma demeure. Je serai l’espace. Je serai, en quelque sorte, non pas un citoyen du monde extérieur, mais l’éternel voyageur, ne cessant plus de parcourir l’immensité du dedans, le passionné de l’Infini.

Estelle Goldstein : Combat familiers contre nos démons

Comment décrire cette angoisse, cette inquiétude qui nous pousse d’un extrême à l’autre, qui consume et illumine, en même temps ? Comment dépeindre le désespoir, la plus noire mélancolie, le feu intérieur qui dévore et s’étend sur tout l’être ? Parfois l’adversité, la maladie suscitent cet état d’âme mais il se trouve aussi que l’infortune soit purement imaginaire.

Serge Brisy : Quelques réflexions sur la vie intérieure

La vie intérieure est celle qui donne. La vie extérieure est celle qui reçoit. Comme le fait de donner implique l’échange; celui qui donne ne peut manquer de recevoir aussi. Pourtant, il ne demande rien. Et c’est en cela que réside la différence entre celui qui donne librement de lui-même et celui qui, sans cesse, attend le don. Se tourner vers l’intérieur, c’est remonter à la source de la vie. Et la source de la vie ne cesse de jaillir, alimentant tout ce qui existe de ses eaux limpides.