Micheline Flak : Le Yoga à l'école pour développer l'attention

Sous couvert de vitesse et de consommation passive les jeunes se sont laissés dépouiller du temps du rêve et de l’aptitude à inventer. Les enseignants ont beau faire : ils affrontent des enfants qui ne peuvent plus tenir en place et qui rappellent immanquablement l’image symbolique du singe ivre, évoquée dans les textes tibétains comme parangon du mental débridé. La sagesse traditionnelle, comme nous le ver­rons, a toujours insisté sur la nécessité de reconditionner l’attention avant de songer à restructurer les couches profondes de la person­nalité.

Jean Biès : À l'école de L'Humanité Nouvelle

La pédagogie officielle fait de l’école, pour cette majorité d’enfants dont on se dit soucieux, un monde où l’on s’ennuie, parce qu’en dehors des contrôles qu’elle exerce et des diplômes qu’elle décerne, on ne la voit proposer aucun idéal de réalisation ou de dépassement, investir d’aucune mission, d’aucun message. Si elle n’est plus lieu de supplices, elle n’est sûrement pas jardin de délices : aux grincements de dents ont succédé la platitude et la monotonie, que seule parvient à transmuer en allégresse la sonnerie des fins de cours…

Andrée Bertin : La vie de l'enfant avant la naissance

Une mère ainsi attentive aux mouvements de l’enfant avec lequel elle a une communication aussi profonde, au moment de l’accouchement aidera la progression de son enfant, guidera sa venue au monde dans la douceur et la sécurité. L’affirmation affective de ces jeux tactiles répond à un « besoin vital primaire » de l’enfant. Il connaît alors un développement postnatal plus rapide et plus harmonieux. Quant au lien d’attachement parents-enfants, il se met ainsi en place précocement et dans la joie.

Micheline Flak : Le yoga trait d'union - pédagogie d'Orient - pédagogie d'Occident

« On n’enseigne pas ce qu’on sait, on enseigne ce qu’on est ». L’adage n’est en vérité ni d’Orient, ni d’Occident. Il n’appartient ni au passé, ni au présent. La validité en est universelle et l’enseignement quand il le véhicule n’en a pas davantage le monopole. Devant un chef-d’œuvre, et c’est aussi vrai des découvertes scientifiques, on oublie le pays d’origine.

Ghislaine de LALANDE : Le développement et le rôle de l'intuition dans l'éducation de l'enfant

Notre but étant le développement de son intuition morale et par conséquent aussi de son intuition « tout court », le moment est venu de nous rappeler la définition qu’en a donnée le grand penseur individualiste, Krishnamurti, qui nous dit : « L’intuition est une fusion de l’intelligence et de l’amour, où à aucun moment ces deux facultés ne se dissocient ». — Comment pourrons-nous faire tendre les énergies de l’enfant vers cette fusion ?

Jean Biès : A l’école de l'humanité nouvelle: l'ashram d’Aurobindo a Pondichéry

L’être humain est composé de quatre niveaux ou plans : Le plan physique, correspondant au corps, avec ses organes, ses muscles et ses nerfs, et s’ouvrant aux régions subconscientes ; le plan vital, correspondant à l’ensemble des désirs, impulsions, passions positives et négatives ; le plan mental, correspondant à l’activité pensante ; le plan psychique, enfin, correspondant à « l’âme », intermédiaire entre le moi et l’Un transcendant, ou Soi, et s’ouvrant aux régions illuminées, intuitives, surmentales et supramentales, qui forment le « supraconscient ». Alors que notre système d’éducation, tributaire du dualisme cartésien, ne reconnaît que l’existence du corps et du cerveau et forme un être amputé de l’essentiel, le « libre progrès » s’intéresse simultanément à l’éducation de ces quatre plans.

le Dr. C. Gattegno : Pour une éducation de la conscience mondiale

Éclairées par cette conscience mondiale, les éducations du passé, à tour de rôle universalistes, actives, analytiques, sociales, deviendront enrichies de l’humaine affectivité, l’ÉDUCATION HUMAINE, la seule ayant droit de cité maintenant et la seule qui ne forme pas les barbares modernes, exclusivistes de toute dénomination, la seule qui cadre avec l’émergence de l’homme dans l’Univers spatio-temporel plein d’humanité.

Hélène Barrère : L'éducation et le chemin de la sagesse, connaissance de la vie intérieure

Ceux qui soutiennent la notion d’incompatibilité entre la Sagesse et notre civilisation occidentale pensent que la Sagesse n’est pas adaptée à la modernité car elle ne peut se trouver que dans le retrait du monde. C’est faire peu de cas de la dimension de profondeur chez l’être humain ! Quand il veut se retirer du monde, l’homme peut aussi se « recentrer » en lui-même. Certes, il se doit d’être particulièrement vigilant aujourd’hui, car il n’a pas devant lui le modèle du « Sage », comme il a celui du « Businessman », de « l’athlète » ou du « Jeune cadre dynamique », tous tournés vers le monde extérieur… Mais on voit mal pourquoi l’occidental d’aujourd’hui ne pourrait pas tourner son regard à l’intérieur de lui-même !

Anne Guisen : Enquêtes sur diverses tentatives d'écoles nouvelles

Que penser de la discipline, de l’effort ? Quelle est la place des valeurs traditionnelles telles que la politesse, le respect de l’adulte ? Car s’il est vrai qu’imposer, sanctionner, forcer l’enfant peut le bloquer, le rebuter, ou, à la limite, engendrer des complexes, il est tout aussi vrai que dans la vie, tout ne lui sera pas permis et il sera également soumis à des limites et des contrariétés. La vie adulte exige des efforts et engendre des frustrations, des échecs, des déceptions. Sans être disciples de Rousseau, nous pensons que l’être humain possède au départ un potentiel positif et négatif. C’est l’éducation et l’influence du milieu qui détermineront son orientation dans un sens ou dans l’autre.

Gisèle Balleys : Éducation créatrice

La plupart du temps, la relation s’établit au niveau de deux personnalités séparées : les enfants et l’éducateur ou un enfant et un autre enfant, entités séparées qui se regardent par dessus une barrière, l’une renforçant l’autre. Par exemple, si les enfants sont agréables, ils vont renforcer l’image de l’éducateur, si ce dernier les félicite, il va alors renforcer leur image. L’enfant va ensuite agir en fonction de cette image valorisante. « Dans une classe, un enfant a de la peine à lire. En compensation, il est félicité pour un travail de mathématique. Immédiatement, il manifeste de l’intérêt pour les math, se déclare les aimer et se valorise au travers d’une appréciation donnée au départ à titre de compensation ». Il est ressorti également d’une étude que c’est par des expressions telles que « quand tu auras travaillé, tu pourras jouer » que l’éducateur introduit subitement et probablement à son insu des schémas tels que « travail donnant droit à la récompense », schéma que l’on retrouve dans notre société où le travail n’a plus un sens profond, mais est devenu le levier pour accéder aux loisirs.