Enseignement et apprentissage par Christiane Rozet

(Revue Le chant de la Licorne. No 21. 1988) Chaque homme possède un potentiel d’apprentissage considérable et le plus souvent insoupçonné. A l’état pur, ces facultés permettent d’apprendre les premiers gestes de la vie. L’observation du jeune enfant apprenant sa langue maternelle peut dès lors devenir pour le pédagogue une source d’enseignement lui permettant d’élaborer […]

Des vagues sur l’école par Jean Chevalier

(Revue 3e Millénaire. Ancienne série. No 16. Septembre-Octobre 1984) Docteur en philosophie et en théologie, Jean Chevalier est un grand spécialiste de l’analyse des symboles. Il est d’ailleurs l’auteur, avec Alain Gheerbrant, d’un Dictionnaire des symboles paru aux Éditions Laffont, ouvrage qui fait autorité. Pour ce numéro, Jean Chevalier s’interroge et analyse les problèmes qui […]

Pour qu’à l’école la joie demeure par Danielle Riche Monteillard

Sans la connaissance de l’essence de l’être humain, l’adulte ne peut pré­tendre guider l’enfant. Ne peut être maître que celui qui est né à lui-même, qui a rencontré la loi du monde au-dedans, qui s’est exercé à sa propre unification. Rudolf Steiner disait en 1919 que le maître « doit être en mesure, lorsqu’il regarde un enfant, d’y voir le signe que cet enfant est descendu des mondes suprasensibles par la conception et la naissance, et que ce qui est descendu ainsi s’est revêtu du corps, s’appropriant ainsi quelque chose qui va l’aider à acquérir ici-bas dans le monde physique ce qu’il ne peut pas acquérir dans la vie entre la mort et une nouvelle naissance. Chaque enfant devrait apparaître à l’enseignant ou à l’éduca­teur comme une question que le suprasensible pose au visible »…

À vos fourneaux ! par le Dr Pierre Plat

Par ailleurs, la prise de conscience et l’évolu­tion de la taille, du poids, l’affirmation des caractères sexuels primaires et secondaires, l’essor des activités physiques – si importantes dans le même souci d’alternance éducative salutaire et de développement – conduisent à justifier des rations alimentaires appropriées ; elles sont soumises elles-mêmes, non seulement aux besoins métaboliques – plastiques et énergétiques – accrus alors et qu’il convient de comprendre pour les adapter, mais aussi ultérieurement aux pressions sociales athlétiques chez les uns, ou morpho-esthétiques chez les adolescentes notamment, dans l’espoir de mieux maîtriser les influences diverses sur le schéma corporel effectif pour tenter de le maintenir conforme au canon de l’anatomie humaine.

Le Kheder assassiné par Aimé Michel

Je crois, mais ce serait repartir vers une autre idée, que la folie de notre temps est d’avoir voulu construire des sociétés et accessoirement des écoles adaptées à l’homme et à l’enfant moyens. Or il n’y a ni homme, ni femme, ni enfant « moyens ». Nous sommes tous des exceptions. Toute créature humaine est une exception, ou bien n’est pas humaine. Lieu commun, assommant à la fin, la crise de l’adolescent « en quête de son identité ». Ce n’est pas son identité qu’il cherche, c’est sa différence. Son identité l’accable, et il rue.

Les maux de notre époque se forgent dans les écoles par Maud Forget

Le hatha-yoga est une véritable chiropractie lorsqu’il est pratiqué avec discernement. L’étude de cette discipline, les bienfaits que j’en ai ressentis m’ont incitée à créer une école de formation pédagogique pour que ne soit pas perdu ce que j’avais découvert. Ce sont les étudiants que j’avais initiés à leur demande à l’Université de Nanterre qui m’ont poussée à cette réalisation. J’ai été surprise par l’état de la colonne vertébrale d’êtres jeunes dont la santé semblait souvent compromise. Scolioses et lordoses se découvraient chez la plupart d’entre eux, des 89 élèves dont j’avais examiné le dos, 2 seulement étaient en parfait état.

La création en éducation par René Barbier

L’impasse éducative prend sa source dans les fondements mêmes de la pensée occidentale depuis Aristote. Peu à peu, la richesse de l’imaginaire, qui s’exprimait encore chez les Grecs par la présence, en filigrane, d’une ingérence surnaturelle dans les affaires hu­maines (Dodds), a été réduite à la moindre expression par l’impérialisme d’une pensée logique dichotomique, non dialectique : dicho­tomies théorie/pratique ; agir/non-agir ; réel/imaginaire ; économie/idéologie ; scien­ce/poésie ; structure/changement ; expérimen­tal/clinique ; micro/macro, etc. Le sens de l’éducation, dans son déroulement historique, va de l’être au non-être comme le soutient Michel Juffe. Nous succombons sous le poids d’un mode d’existence psychique dominée par l’hémisphère gauche du cerveau qui impose les catégories du langage verbal, de la logique mathématique, du linéaire et du détaillé, du séquentiel, du contrôlé, de l’intellectuel, de la domination, du mondain, de l’analytique, du lire-écrire-nommer, de la sé­quence ordonnée, de la perception d’un ordre significatif, du complexe de séquences motrices.

Passe, impasse, impair, pair, et manque ou le jeu de la psychanalyse et de l’éducation par Alain Guy et CatherineTourette-Turgis

Le rapport psychanalyse-éducation avait fait une première apparition en France, à la fin de la Seconde Guerre mondiale, mais c’était dû à l’atmosphère de réparation historique du mo­ment. Comme le souligne Juliette Favez-Bou­tonnier, co-fondatrice des Centres psycho­pédagogiques : « Il y avait eu la guerre. On cherchait des moyens de faire quelque chose pour les enfants qui ne rentraient pas dans les règles de la scolarité et du comportement. Après la guerre, on était donc dans une période d’espoir. On pensait pouvoir faire quelque chose de mieux. Il y avait une atmosphère de foi. Tout le monde était d’accord pour dire : il faut faire quelque chose pour les enfants qui n’arrivent pas à suivre. »…

La modernité, le désarroi et la formation par Dany-Robert Dufour

Puisqu’il y a un « espace aveugle derrière tout espace rempli », Törless « voit les choses sous un double aspect, toutes les choses et aussi bien les pensées ». Mais l’esprit mis sous cette tension dédouble de plus en plus fortement chacune des situations. Ce qui est obscur, ce qui est non rationnel l’est au point où ça échappe radicalement aux réseaux d’intelligibilité et où ça perdure et ressurgit après même que ç’ait fécondé, par voie de défi, la connaissance rationnelle : « aussi clairement que je sens une pensée prendre vie en moi, je sens « ce quelque chose » en moi s’éveiller à la vue des choses, au moment où les pensées se taisent. C’est quelque chose en moi d’obscur, au-dessus des pensées, je ne le puis mesurer rationnellement, c’est une vie que les mots ne cernent point et qui est pourtant ma vie »

L’éducation minuscule ou la pédagogie à fonds perdu par Jacques Ardoino

Hors de ces péripéties, tenant lieu d’essentiel, l’éducation se contente du statut médiocre que lui assignent nos sociétés. Sans doute pour être finalement plus « domesticatrice », selon l’expression de Paolo Freire, l’économie attend d’elle des tâches ancillaires, serviles, autrement dit : une fonction « domestique ». Il n’y a pas et il n’y aura sans doute jamais de « Prix Nobel » de l’éducation. Il y a peu de politiciens de métier, ayant quelque talent, prêts à consacrer du temps et de l’énergie à ce travail herculéen. Peu importe si, parallèlement, le gâchis social s’accroît, au fil des décennies ; si les problèmes éducatifs rebaptisés pour la circonstance : « problèmes de civilisation » (délinquance, violence, toxicomanies, prosti­tution, etc.) s’accumulent et sont confiés, pour être commémorés plutôt que traités, à des commis ad hoc (M. « Drogue », Mme « Prostitution », etc.) ; si des pays technologiquement avancés comme le nôtre se retrouvent finalement en état de désalphabétisation croissante.