Colin Todhunter : De Global Research aux gardiens du récit des médias alternatifs

Un média « alternatif » ou « indépendant » qui s’effondre sous la pression n’est pas une véritable alternative ; il n’est qu’une interface plus douce pour le même système, traduisant l’autorité dans un langage plus acceptable tout en l’appelant résistance. Dans de tels cas, les rédacteurs finissent par imposer l’orthodoxie avec autant de zèle que n’importe quelle institution dominante.

Colin Todhunter : Récolter la servitude : la démolition contrôlée de l’indépendance alimentaire

La modernité néolibérale est un récit de dépossession déguisé en progrès. Qu’il s’agisse du Pendjab, du Mexique ou de l’Iowa, la question demeure la même : la nourriture et la terre seront-elles traitées comme des biens publics ou comme des actifs corporatifs ? Ce qui se jouera dans les années à venir décidera de la voie que l’humanité empruntera.

Colin Todhunter : Chroniquer l’assaut du cartel agroalimentaire mondial contre l’Inde rurale

Derrière le langage technique des protocoles d’accord et la mise en œuvre de grilles de contrôle numérique se cache une volonté d’aliéner les populations de leur propre héritage. Le livre explore la captation des systèmes alimentaires par les entreprises et l’érosion des moyens de subsistance ruraux, révélant comment le lien sacré entre l’agriculteur et la terre est remodelé en une série de points d’extraction numériques. Il documente le refus de millions de personnes d’être réduites à de simples points de données, mettant en lumière une exigence populaire massive de dignité humaine.

Colin Todhunter : Terres volées et aide sociale aux entreprises : l’arnaque mondiale consistant à « nourrir le monde »

Le public se fait « détrousser » deux fois : une fois au bureau des impôts et une autre à la caisse. Dans le même temps, l’État subventionne un troisième « détroussage » : un effondrement de la santé publique financé par le contribuable. En finançant le volume plutôt que la nutrition, le gouvernement paie les entreprises pour fabriquer une crise sanitaire, puis taxe le public pour en traiter les conséquences. Le contribuable finance les calories vides, les marges des supermarchés et les maladies chroniques qui en résultent et dont le coût retombe sur le Service national de santé.

Colin Todhunter : Terre de confusion : la Grande Réinitialisation en marche

Les bouleversements mondiaux observés ces dernières années sont souvent présentés comme une suite chaotique d’événements : une « pandémie », l’inflation, des pénuries d’énergie et la guerre. Rien d’étonnant à ce que la plupart des gens soient désorientés. Pourtant, une analyse structurelle révèle une démolition contrôlée bien plus délibérée du contrat social du XXe siècle.

Colin Todhunter : Imagine tous les gens : alimentation, liberté et ce que signifie être humain

Mais que se passerait-il si vous refusiez ce paradigme ? Si vous mettiez au jour ce qui est habituellement maintenu hors du champ du débat politique ? Si vous souteniez que la crise de l’alimentation et de l’agriculture n’est pas d’abord technique, environnementale ou économique, mais qu’elle touche au cœur même de ce que signifie être humain ?

Colin Todhunter : Sous le béton, la terre murmure encore

La modernité capitaliste réduit les êtres humains à des instruments dans un système marchand, favorisant dépendance, aliénation et méfiance. Prenons le Bangladesh, par exemple, où des agriculteurs ruraux déplacés par des accaparements de terres pour l’aquaculture de crevettes ont migré vers les usines de confection de Dhaka, subissant des journées de 14 heures, des effondrements d’usines comme celui du Rana Plaza (qui fit 1 134 morts en 2013) et des salaires inférieurs au minimum vital face aux exigences de la mode jetable mondiale.

Colin Todhunter : Idéalisme tragique et l’art de « l’impossible »

Écrire sur un monde qui ne sera peut-être jamais est en soi un refus de céder à la domination ou à l’exploitation. Elle préserve le vocabulaire qui pourrait nous permettre de reconnaître des alternatives significatives à l’ordre actuel. Ainsi, l’essai impossible lutte pour la préservation d’une certaine imagination. Bien que la vision ne puisse se manifester dans le présent, l’écriture veille à ce qu’elle perdure. Les générations futures rencontreront de tels essais, comme un répertoire de valeurs, de principes et de possibilités. L’écriture est, en ce sens, un geste d’espoir qui ne repose pas sur les résultats, mais garantit que la vision persistera.

Colin Todhunter : L’imagination agraire : la cage de fer de l’agrorationalité et le souterrain moral de Dostoïevski

Alors que l’agrarianisme enracine l’agriculture dans la communauté, l’éthique et le soin du sol, offrant une vision morale et culturelle de l’agriculture, l’agroécologie politique met ces valeurs en pratique, montrant comment les communautés peuvent organiser collectivement l’agriculture pour soutenir les populations, l’environnement et le contrôle local de l’alimentation. Elle partage avec l’agrarianisme l’accent mis sur la décentralisation, le travail coopératif et le lien culturel à la terre, mais l’agroécologie politique ajoute des outils de transformation systémique, combinant science écologique, mobilisation locale et action politique pour faire progresser la souveraineté alimentaire.

Colin Todhunter : Au-delà des lois agricoles : le nuage d’entreprise prêt à régner sur les champs de l’Inde

Bayer, société tristement célèbre pour son histoire d’agrochimiques toxiques et de contrôle monopolistique des semences, participe désormais à la conception des marchés du carbone et des régimes de protection des cultures. Amazon Kisan intègre la production agricole indienne à ses chaînes d’approvisionnement numériques, plaçant de fait le géant du commerce électronique comme intermédiaire entre le producteur et le consommateur. Et le rôle de Syngenta dans l’agriculture « de précision » basée sur les drones et l’intelligence artificielle introduit des technologies propriétaires coûteuses qui rendent les agriculteurs dépendants des plateformes d’entreprise.