Cynthia Bourgeault : la tradition contemplative chrétienne et la pratique de la prière centrée

Je pense que ce qui a été perdu, c’est avant tout l’intuition selon laquelle Jésus était un maître et un catalyseur de la transformation de la conscience à son époque. Ce qui le passionnait, c’était de montrer aux êtres humains qu’ils étaient prisonniers d’un véritable palais des glaces, caractéristique de l’état de conscience dans lequel nous vivons habituellement, et de les introduire à quelque chose qui porte aujourd’hui différents noms. La mode aujourd’hui est de parler de « conscience non duelle », en empruntant cette expression aux traditions orientales, où elle revêt d’ailleurs un sens légèrement différent. D’autres parlent de « conscience intégrale » pour désigner l’émergence d’une profondeur de conscience permettant de dépasser les limites du système d’exploitation habituel de l’esprit.

Brian Fang : Désapprendre l’expérience : comment on nous apprend à ne plus voir un mystère

Ce court et puissant essai soutient que le rejet généralisé du problème difficile de la conscience est une conséquence involontaire de l’enseignement scientifique lui-même. Notre pédagogie nous encourage d’abord à projeter le langage de l’intention sur des processus machinaux, ce qui dévalorise le concept ; ensuite, elle démystifie rapidement cette intention en la réduisant à une simple métaphore. Après des années de cet apprentissage, nous appliquons instinctivement la même logique à nous-mêmes, banalisant ainsi la seule forme d’intériorité qui soit indéniablement réelle, affirme Brian Fang.

Gary Lachman : La perception est intentionnelle

Traduction libre Le philosophe René Descartes pensait que notre esprit, notre conscience, reflète le monde extérieur comme un miroir reflète ce qui se trouve devant lui. Autrement dit, l’arrangement entre l’intérieur et l’extérieur est passif. La plupart des philosophes ont suivi Descartes jusqu’à ce qu’Edmund Husserl découvre le caractère intentionnel de notre conscience et de […]