Rupert Sheldrake : L’âme du monde et les champs de la nature

Les causes formelles et finales n’ont donc jamais vraiment été expulsées de la science. Elles sont restées sous nos yeux, dissimulées dans cette partie de la physique que presque personne ne songe à examiner. Je défendrai également l’idée que les lois de la nature sont mieux comprises comme des habitudes, et que la nature possède une mémoire — une idée qui valut à mon premier livre d’être dénoncé dans les pages de Nature comme un ouvrage bon à brûler, alors que mes collègues indiens n’y trouvèrent rien de particulièrement étonnant.

Matthew David Segall et Rupert Sheldrake : De la résonance morphique au platonisme évolutionniste

Ce dialogue avec Matt Segall, docteur en philosophie et professeur agrégé de philosophie, de cosmologie et d’étude de la conscience au California Institute of Integral Studies, a été enregistré peu après que nous sommes tous deux intervenus lors d’un colloque sur l’âme du monde à l’Université de Cambridge. Nous discutons des points de rencontre entre le récent tournant de Michael Levin vers un platonisme évolutionniste de la forme biologique et la résonance morphique, en évoquant notamment l’ordre impliqué de David Bohm, la théologie du processus de Whitehead et l’approche holistique de Charles Darwin.

Chandan Priyadarshi : Essai 4 : La conscience peut-elle être réduite à un processus physique ?

Aucun des modèles n’a pleinement dérivé le fait même de l’expérience — la donnée à la première personne, non comme un contenu supplémentaire dans le flux des apparences, mais comme ce au sein de quoi les contenus apparaissent. Les méthodes explicatives à la troisième personne procèdent en objectivant les phénomènes et en décrivant leur structure, leur dynamique et leurs relations causales. La conscience, en revanche, ne se présente pas, au cours de l’investigation, comme un objet parmi d’autres. Elle est le champ au sein duquel l’objectivation se produit. Il en résulte une asymétrie méthodologique : toute explication à la troisième personne présuppose déjà la rencontre à la première personne qu’elle cherche à expliquer.

Antonello Veltri : L’idéalisme analytique pourrait-il offrir un nouveau cadre pour la psychopathologie ?

Cet essai, à la fois éclairant et important, soutient que l’idéalisme analytique pourrait contribuer à dépasser l’impasse conceptuelle actuelle en psychiatrie. Le Dr Veltri explique comment l’ensemble des principaux troubles psychiatriques peut être réinterprété, de manière plus favorable sur le plan thérapeutique, à la lumière d’une ontologie idéaliste de l’esprit. En effet, il reformule les troubles mentaux comme des perturbations de la frontière dissociative séparant l’« alter » individuel de la conscience universelle, un changement de perspective qui conduit à de forts moments d’« eurêka ». Le cadre qui en découle permet une déconstruction des données neuroscientifiques et suggère un déplacement de l’attention thérapeutique vers la modulation de cette frontière.

Brian Fang : Désapprendre l’expérience : comment on nous apprend à ne plus voir un mystère

Ce court et puissant essai soutient que le rejet généralisé du problème difficile de la conscience est une conséquence involontaire de l’enseignement scientifique lui-même. Notre pédagogie nous encourage d’abord à projeter le langage de l’intention sur des processus machinaux, ce qui dévalorise le concept ; ensuite, elle démystifie rapidement cette intention en la réduisant à une simple métaphore. Après des années de cet apprentissage, nous appliquons instinctivement la même logique à nous-mêmes, banalisant ainsi la seule forme d’intériorité qui soit indéniablement réelle, affirme Brian Fang.

Bruce Gordon : John Searle (1932–2025) : Un titan s’en est allé

Il est probablement plus célèbre, toutefois, pour ses travaux en philosophie de l’esprit, étroitement liés à son étude de l’intentionnalité et de son expression dans le langage. Il résista à la tentation éliminativiste de nier la conscience, mais s’arrêta avant de soutenir que la conscience était essentiellement immatérielle. Il tenta de tracer une voie médiane qu’il appela naturalisme biologique : la conscience est réelle, biologique et causée par des processus cérébraux.

Federico Faggin : La conscience est irréductible

Nous avons déjà dit que l’information est l’aspect extérieur d’une entité consciente, donc les qualia sont ce que représente l’information quantique. Nous avons donc une sorte de situation de poupées russes. La plus grande poupée est l’expérience elle-même. De cette expérience consciente émerge l’information quantique ; de l’information quantique émerge la physique quantique, et de la physique quantique émerge la physique classique. Et toutes sont interconnectées.

Luiz Pessoa : Le cerveau enchevêtré

L’intérêt des neuroscientifiques pour les régions du cerveau était motivé par la notion que chaque région exécute une fonction particulière. Par exemple, nous pourrions dire que la fonction du cortex visuel primaire est la perception visuelle, ou peut-être un mécanisme visuel plus élémentaire, tel que la détection des « contours » (transitions nettes entre la lumière et l’obscurité) dans les images. Le même type de description peut être appliqué à d’autres aires sensorielles et motrices du cerveau. Cet exercice devient beaucoup moins simple pour les zones du cerveau qui sont beaucoup moins sensorielles ou motrices, car leur fonctionnement devient extrêmement difficile à déterminer et à décrire…

William M. Briggs : Sur Les Mythes Du Scientisme

Les scientifiques ne sont autorisés qu’à proposer des théories aveugles, comme les multivers, des mondes dans lesquels des dieux invisibles choisissent les lois et les « constantes » parmi des ensembles de ces choses, tandis que les scientifiques prétendent que cela suffit, ignorant comment tout cela peut se produire ou comment les ensembles viennent à exister et à perdurer. La science ne dit strictement rien sur la question de savoir pourquoi quelque chose existe plutôt que Rien.

William Briggs : La bonne et la mauvaise manière de faire de la science (électromagnétique) : Entretien avec Hans G. Schantz

La science requiert un équilibre entre l’induction, qui consiste à dériver des généralisations à partir de cas particuliers, et la déduction, qui consiste à dériver des cas particuliers à partir de généralisations. La tendance actuelle en physique est de créer des modèles déductifs toujours plus élaborés : essayer d’écrire des équations sur un T-shirt à partir desquelles toute la réalité pourrait être déduite. Le résultat est une multitude de modèles mathématiques abstraits qui – poussés à l’extrême – ne font qu’exprimer les préjugés de leurs auteurs sur la façon dont la réalité devrait fonctionner, sans grand rapport avec la façon dont la réalité fonctionne réellement.