Alain Brêthes : Des musiques pour communiquer avec soi-même

La plupart de ces musiciens développent un type de musique susceptible de cicatriser les plaies occasionnées par les bruits discordants de notre société, la course effrénée vers un idéal douteux, le matérialisme et l’intellectualisme outranciers, signes évidents d’une société malade en totale disharmonie avec les lois naturelles de l’univers.

A.-M. Cocagnac : De la pop-music au grégorien

Descendre dans l’abîme du son n’est pas une aventure extérieure. C’est une plongée dans l’espace intime du cœur. Tout ce que l’homme refoule et, bien au-delà, tout ce qu’il ne peut atteindre par la petite échelle du langage interne s’ouvre brusquement devant lui comme le gouffre sous les pieds d’un spéléologue à bout de corde. Le son apparaît alors non plus comme une vibration mesurable mais comme la tentation d’un voyage au plus profond de l’âme. Il y a tout lieu de croire, de craindre, que ce voyage soit sans retour.

Iegor Reznikoff : Entrer dans la résonance... pour une écologie de la musique

Dans l’expression musique sacrée, le terme sacré est le plus important, la musique vient après. L’art sacré n’est pas un art en soi ; c’est un art fonctionnel, l’outil par excellence pour aider à la prière, pour entrer dans le monde de l’esprit, par définition difficile à aborder. Mais un outil de beauté, de cette beauté platonicienne qui aide à la contemplation. Alors que l’architecture romane influe par ses volumes, et l’icône par ses lignes et la vision, le son agit directement sur tout le corps, extérieur et intérieur, par la vibration. Le son fait vibrer la colonne vertébrale, la poitrine, la gorge, la région frontale, le sommet de la tête, tous ces lieux contemplatifs, ces lieux de la conscience profonde, qui constituent le corps contemplatif ou encore le corps de lumière.

Georges Becker : L'âme du contrepoint ou le chant des sphères

Voyez aussi ce qu’on appelle un dialogue : en fait, chaque phrase répond à une autre et ne saurait se mélanger avec la précédente. Les concepts dont est fait le discours se suivent, mais ne se mélangent pas. La clarté que nous exigeons de nos raisonnements veut que nous allions pas à pas. […] Mais justement, la musique polyphonique nous donne une image de ce que serait une autre forme de pensée.

Jacques Becker : Les modes de la musique indienne

Contrairement à la musique occidentale que l’on pourrait qualifier de « Rajasique » (où la joie sensorielle prédomine) par le nombre de mutations harmoniques qui la caractérisent ou même « Tamasique » (dépourvue de tout sens artistique) dans le cas de certaines musiques actuelles atonales, cette musique est exclusivement « Sattvique », c’est-à-dire qu’elle oriente l’esprit vers une réalité au-delà des sens, par le biais d’une joie sensorielle, pour atteindre la sérénité.