En un mot, il est indispensable que nous sachions POURQUOI nous pensons, COMMENT nous pensons et CE que nous pensons. Car dans la mesure où nous n’avons pas saisi clairement les processus qui commandent à nos pensées, nos émotions et nos actes, nous sommes irresponsables. La connaissance de nous-mêmes, à laquelle nous invite Krishnamurti, n’a d’autre but que de nous faire accéder à cette pleine responsabilité.
Jour : 3 septembre 2010
George Magloire : L'unité de la vie
Le dynamisme qui soulève la matière est l’Amour. L’univers dès lors n’est pas une énormité angoissante. Il n’est pas absurde. Il est une montée vers l’esprit, une Noogenèse, une histoire qui possède un sens et nous dirons avec le chrétien Pierre Teilhard de Chardin, une histoire qui possède un visage et un cœur.
Guy van Renynghe : A la Recherche d'une Intégration Psychobiologique
Le dilemme de l’âme a pu se formuler ainsi : si nous acceptons que les activités mentales sont des manifestations de l’âme, les modifications de ces activités, par une stimulation électrique du cerveau, reviendraient à manipuler l’âme par l’électricité ce qui est illogique puisque l’âme est incorporelle par définition. Si d’autre part, nous privons l’âme des toutes les fonctions mentales dont nous pouvons démontrer la dépendance par rapport à la physiologie cérébrale, nous la réduisons à une abstraction incorporelle, difficilement saisissable par l’esprit relativement pauvre de l’homme.
Jean Delépierre : Mystique personnaliste Occidentale, Mystique cosmique Orientale
Pour éclairer la discussion, il faut songer d’abord à la distinction d’H. Bergson, dans «Les deux sources de la religion et de la morale». L’auteur y parle d’une religion «statique» qui vise à nous sécuriser en bouchant les trous de notre ignorance et en calmant nos inquiétudes. Puis il lui oppose la religion «dynamique» : celle qui convient à l’homme adulte ; c’est-à-dire à tout qui accepte l’existence avec sa plénitude et sa fragilité, sans recourir à des consolations extérieures. La religion dynamique ouvre cet homme à ce «toujours au-delà de lui-même» qu’est la Réalité suprême ; elle le fait vivre en communion continue avec elle.
Maryse Choisy : L'amour dynamique de l'histoire et son sens nouveau chez Teilhard
Pierre Teilhard ignorait totalement Vivekananda. Je lui soumis le texte qui suit, extrait du Bhakti yoga, en lui disant : « Voyez comme cet homme vous ressemble et vous imite, combien ce texte a des accents teilhardiens! » Il écouta attentivement : « N’est-il pas évident que cet univers n’est qu’une manifestation de l’Amour ? Qu’est-ce qui fait que les atomes s’unissent aux atomes, les molécules aux molécules et que les planètes se précipitent l’une vers l’autre ? Qu’est-ce qui attire l’homme vers la femme et la femme vers l’homme, les animaux vers les animaux et qui attire en quelque sorte le monde entier vers un Centre ? C’est ce qu’on appelle l’Amour ». « …l’Amour, unique force motrice qui soit dans l’Univers. » « … Chose curieuse à dire c’est au nom de ce même amour que le voleur vole et que le meurtrier tue. Dans ce cas l’esprit reste le même, la manifestation seule est différente. » Et le texte se terminait par : « L’Amour cette force de l’Univers sans laquelle l’Univers tomberait en pièces en un instant. » « Cet Amour est Dieu. »
André Monestier : Teilhard et Aurobindo
Toute la philosophie d’Aurobindo repose sur le principe de l’Évolution telle que la conçoit Teilhard, c’est-à-dire œuvre de Dieu, marche de l’Univers en genèse vers un but : Dieu. Sri Aurobindo décrit « un Être transcendant, indéfinissable, hors du temps et de l’Espace, qui seul rend le Temps, l’Espace et l’Univers possibles ».
Paul Chauchard : L'amorisation : un fait, un devoir
Dans le vivant, on peut parler d’un niveau biologique automatique et inconscient de l’amour de soi, cette force d’harmonisation et d’intégration qui pousse au maintien de la vie soit dans les régulations internes (sagesse du corps) soit dans les comportements instinctifs défensifs, un amour de soi qui est amour de l’espèce, se prolongeant dans les automatismes de la reproduction, l’amour au sens sexuel. Cet amour biologique est d’autant plus développé que l’être est plus complexement organisé, mais il se manifeste déjà chez les unicellulaires dont le comportement est un vrai psychisme inférieur. Viaud n’a-t-il pas montré que dans les tropismes, il y avait une part affective, la fuite devant le désagréable qu’il appelle du nom significatif de pathie ? Cet amour de soi inconscient se manifeste plus encore dans le développement où il s’agit de la construction et de la réalisation de soi.