Robert Powell : Krishnamurti L’homme et sa pensée

Il me semble qu’il serait difficile de connaître l’homme si nous ne comprenons pas son enseignement. Krishnaji ainsi que certains d’entre nous l’appellent affectueusement — nous parle de la vie envisagée sous l’angle d’une compréhension très vaste, indépendante des points de vue d’écoles ou de systèmes de pensée traditionnels.

Pierre d'Angkor : L'immanence divine en l'homme et la théologie catholique

La sagesse antique se montrait plus clairvoyante que nos philosophes et nos hommes de science matérialiste. De temps immémorial, elle nous a enseigné que Dieu, l’Etre pur, est unité, mais que sa manifestation dans l’univers et l’homme apparaît comme dualité et trinité. Elle nous enseigna donc la dualité des pôles opposés en notre nature même, en précisant que notre moi conscient n’est que la réflexion inférieure dans le cerveau d’une Réalité plus intime, plus profonde, de nous-même, L’Esprit, l’Etincelle divine en nous.

Pierre d'Angkor : L'Homme et son Destin - Pessimisme moderne ou optimisme antique ?

A notre époque de décomposition sociale, où les cadres moraux et religieux qui maintenaient les hommes sont fortement ébranlés, sinon même détruits, ce fond secret et vaseux des individus remonte à la surface et déborde au dehors dans les mœurs, les tendances et les goûts avoués du public. C’est ce dont témoignent à suffisance — sans même parler des guerres et autres catastrophes publiques qui en dérivent — l’immoralité générale de notre temps, l’augmentation inquiétante de la criminalité, et la vogue croissante d’une certaine littérature qui est comme le reflet de toute cette pourriture sociale.

Pierre d'Angkor : Sagesse d'Orient et d'Occident

Est-il certain que nos activités mentales soient ainsi, toujours et nécessairement, inspirées par un désir ou un sentiment égoïste ? L’homme serait-il donc incapable d’oubli de soi-même et d’une pensée sincère de désintéressement personnel ? Nos conceptions philosophiques et religieuses sont-elles nécessairement aussi le produit de ces causes subjectives, désir ou crainte, du « moi » ? Sont-elles ces constructions factices d’un mental toujours avide ? N’apparaissent-elles pas, plutôt et depuis les premiers âges, comme les intuitions naïves, vagues encore, et toutes approximatives et symboliques d’une vision directe de l’univers où nous vivons, vision que le mental primitif des hommes s’est efforcé de traduire en des formules le plus souvent puériles ?

D.T. Suzuki : Amour et Puissance

C’est l’amour qui crée la vie. La vie ne peut se suffire à elle-même sans l’amour. Ma conviction intime est que l’atmosphère suffocante de haine et de crainte des temps présents résulte de la disparition de l’esprit d’amour et de bonté et de l’absence de fraternité universelle. Il n’est pas besoin de dire que cette atmosphère suffocante résulte de la non-réalisation de la vérité que la communauté humaine est un réseau complexe et vaste de dépendance mutuelle.