L'ésotérisme décrypté entretien avec Raymond Abellio

(Extrait de la revue Autrement : La science et ses doubles. No 82. Septembre 1986) Je vous laisse le soin de vous présenter aux lecteurs… Raymond Abellio. – Je vais avoir soixante-dix-huit ans. Ancien poly­technicien, ancien ingénieur des ponts et chaussées, j’ai d’abord été, en politique, un militant révo­lutionnaire. Une action complexe qui m’a valu certains […]

Archaka : Le mur de la Lumière

S’il n’y a que l’Un, sous tous les visages du monde, à travers le Temps et l’Espace, il ne peut en effet y avoir de Mort. La Mort ne peut être que le processus d’autre chose, que, faute de le connaître, nous ne pouvons nom­mer. Et c’est précisément cela qu’il nous appartient de découvrir : de quoi la Mort est le mécanisme, quelle énigme elle dissimule, beaucoup plus formidable qu’aucun des mystères que nos religions, depuis tant de millénaires, ont inventoriés.

Archaka : Les lendemains du Silence

Tout est Dieu, et Dieu n’est rien. Depuis toujours, pour lui, il en sera ainsi. À jamais, il en sera ainsi. Le plus énorme nombre ne suffirait pas à définir sa durée, que la plus infime fraction contient aussi bien tout entière : n’importe quel instant, pour « cela », contient non seule­ment l’histoire de notre univers depuis sa naissance, il y a quinze milliards d’années, jusqu’à sa dissolution éven­tuelle, mais aussi la manifestation de tous les autres uni­vers qui, pour une conscience temporelle, ont précédé le nôtre ou doivent lui succéder. Tout existe d’avance et à jamais. En Cela et pour Cela, toute vie, immesurablement grande ou incommensurablement petite, est une, est infi­nie, est éternelle, est à la fois radicalement illusoire et réelle. Rien n’existe vraiment. Et tout a toujours existé.

Serge Bramly : Les tarots

L’origine du nom, Tarot, a été le sujet d’innombrables thèses, qui, si aucune n’a su définitivement s’imposer, aident chacune à la compréhension générale du jeu. On a successivement avancé que Tarot était une corrup­tion des noms des dieux égyptiens Ptah et Râ, respecti­vement Maître de la Création et dieu-Soleil (que les Bohé­miens adorent toujours comme leur principale divinité masculine)… Que le mot était un anagramme de Rota, qui signifie « Roue » ou « Cercle » et que l’on avait ajou­té un T afin de bien montrer que le début et la fin sont semblables… Une déformation de Thot, nom du dieu des sciences ésotériques de l’ancienne Égypte, dont l’équiva­lent grec est Hermès, que l’on prit comme inspirateur et patron des cartes… Qu’il dérivait de l’hébreu Thora, « la Loi », mot qui désigne les cinq premiers livres de la Bible, identifiant ainsi les cartes à un texte sacré… Ou encore venait du sanscrit Tar – ô, l’Étoile polaire, le guide… Ou du latin Orat (« il prie ») renversé…

Archaka : La mort de la Mort

Ni religieux, ni scientifique, ni théiste, ni athée, un nou­veau mode de pensée se prépare où vont se fondre les deux tendances actuelles de notre esprit. Jusqu’à présent, elles se sont tenues à distance, se méprisant et s’estimant tour à tour, mais refusant de s’allier : d’un côté, le monde et, de l’autre, Dieu. Même pour ceux qui devinaient que le monde est Dieu sous un visage étranger, le monde n’en était pas moins inférieur, négligeable, ou vaguement mau­dit. Quant à ceux pour qui le monde était le seul souci, Dieu, s’il existait, leur semblait ne rien avoir à faire avec ce qu’enseignaient les religions : comment parler en termes de Bien et de Mal, de compassion, de rachat, quand il s’agit d’établir que la Terre tourne ou que l’effon­drement gravitationnel d’une étoile peut aboutir à un autre univers, ou quand on veut enregistrer la mort d’un proton pour savoir si le monde se désintégrera ?

L'astrologie, entretien avec Arnold Waldstein

L’astrologie, en tant que science initiati­que, est une école de sagesse et de luci­dité ; elle peut aider en premier lieu des individualités à se réaliser, à mieux vivre dans une époque troublée et à certains égards très dangereuse, donc à réagir elle peut aussi avoir des applications mé­dicales importantes. En aucun cas, elle ne peut suppléer à la volonté de la person­ne. Toute application « séduisante » de l’astrologie est « satanique ». Le véritable astrologue est un poète : l’astrologie est l’articulation sensible du Verbe, elle joue les ragas de la trame des astres. Elle est recherche de la qualité, de l’harmonie : comment pourrait-elle être prédiction d’une machine pour des êtres sans être ?

Evelyn De Smedt : L'astrologie

Le zodiaque se retrouve dans presque toutes les tradi­tions du monde, c’est le symbole le plus universellement répandu, la grande roue de la vie. On le retrouve dans l’image du serpent se mordant la queue. Méditer sur le zodiaque est une pratique inépuisable, car il représente les multiples fa­cettes que l’on peut découvrir dans les personnalités humaines. À l’instar de la science l’astrologie considère, en un autre langage, les astres comme des « centres d’énergie radiants » qui influencent le milieu du macro­cosme au microcosme : ainsi a-t-on pu établir une loi des correspondances universelles et des relations entre les divers et multiples éléments constituant le tout.

Archaka : À l'intérieur de Dieu

L’expérience de Dieu est possible partout dans l’uni­vers. Ou elle ne l’est nulle part. Partout dans l’univers, une forme de conscience peut basculer dans le sentiment de l’Infini et de l’Éternité. De quelque façon que le cosmos soit perçu, selon les champs et les forces de l’Espace, il est partout possible de pénétrer en le même Infini, de s’identi­fier à la même Éternité. Derrière chaque point, sans exception, de la manifestation cosmique, un seul Être se dissimule, un Être unique existe, que nous pouvons décou­vrir et qu’à notre instar tout peut dévoiler en un déluge de Lumière.

Evelyn De Smedt : L'esprit divinatoire

La quête divinatoire est un acte d’éclairement. Elle a toujours voulu illuminer, ne fût-ce qu’un instant, la nuit de l’inconnu, l’essence de la divination étant bien de mettre l’homme en correspondance avec les forces qui l’entourent, lui permettant de redécouvrir sa personna­lité comme totalité en osmose avec le cosmos. L’être baignant dans le continuum espace-temps n’existe pas comme entité isolée mais bien au contraire, se meut en inter-connexion avec autrui, la nature, le cosmos entier.

Archaka : Le cosmos immortel

Pour la conscience qui, affranchie du mode temporel, découvre cet absolu de l’Être, le principe de causalité s’annule de soi-même. Il ne peut être question de se plier encore au sens du Bien et du Mal. Tout est d’avance et à jamais accompli. Intérieurement, l’architecture édifiée par les millénaires s’est lézardée et, à la longue, s’écroule et disparaît. L’innocence est reconquise — ou plutôt l’état sans péché, qui se conquiert en échappant à l’emprise du Temps, est révélé. Il n’est pas retour en arrière, à un Éden préhistorique, à une idiotie pré-humaine, mais découverte, par-delà toute morale, tout dogme, toute confession, d’une inévitable transcendance de l’humanité.