L’esprit des arts martiaux par Michel Random

Il existe mille manières d’aborder le Japon, ce pays inépuisable où toutes les apparences sont trompeuses, diverses et changeantes. Si nous tentons de définir quelles sont ses propriétés stables, force est d’opérer sur nous-mêmes une considérable révolution qui remet en cause tout ce que nous croyons savoir, nos modes de culture, de pensée, et notre […]

La déesse danse à Mohendjodaro par Michel Random

La première grande religion de l’humanité était donc la religion de la vie elle-même associée à la vénération de tout ce qui manifeste cette vie elle-même, la terre, le ciel, les animaux et les plantes. Le concept originel semble aller de soi, le sacré s’attache à toutes les manifestations visibles et tan­gibles de, la vie elle-même, parce que l’ensemble de ces manifestations à la fois sacrées et magiques donc en elles-mêmes, révèlent la nature divine des choses. Il est en ce sens profondément naturel que la nature féminine du vivant soit vénérée sous sa forme immanente en premier lieu, et que de ce fait la Grande-Déesse établisse en quelque sorte son autorité économique, sociale et spiri­tuelle.

Le visage ou le mystère de l’être par Michel Random

C’est le propre du poète de prendre le risque de révéler en se révélant. Nous avons sans doute perdu la magie profonde au profit d’une magie apparente. Et pourtant le fait est là, la drogue de l’image est là. La hantise de voler l’instant et l’instant de l’instant est là pour cristalliser malgré et contre tout ce mystère. On le fait avec répugnance, avec mauvaise conscience, l’ina­vouable mystère se trouve imprimé et publié pour être touché et vu par les yeux de tous, et malgré tout le sacrilège est commis. Qu’on me pardonne ce sacrilège au nom de l’amour qui lui aussi existe hors du temps et de l’espace.

Le pouvoir des symboles par Michel Random

Le pouvoir des symboles tient à leur disposition géométrique qui anime à son tour un champ de forces physiques, psychiques et spirituelles. Tout symbole a un pouvoir d’incarnation (la Manifestation), de mouve­ment (la dynamique des forces opposées) de Révélation ultime (la centralité). Il situe l’espace-temps sous ses trois aspects, continu (la forme et la mesure), discontinu (l’aspect vibratoire-l’amour) éternel : l’essence-être. Le rapport de chaque être à l’égard du symbole situe le plan le plus élevé de cet être. Sa compréhension dépend de son propre accès spirituel, de ces identifications psychiques, de ses interdits religieux. Tout symbole fonctionne comme un amplificateur de ses propres possibilités. Ainsi la fonction sociale, religieuse ou magique même du symbole est une interaction constante et particulière du symbole lui-même avec chaque être particulier.

Les contes de la sagesse merveilleuse par Michel Random

Quand chez un grand maître l’unité est réalisée, alors c’est le Vide lui-même qui agit. Le moi est effacé, mais la force de l’univers, la force cosmique dans son mouvement éternel, qui n’est d’aucun temps et qui n’a aucunes limites, cette force que rien ne peut ni concevoir ni nommer agit souverainement. Tel est l’ultime secret de tous les secrets.

Mawlana Shams de Tabriz, les «gens du blâme» et Gurdjieff par Michel Random

De fait, Shams, dont le nom signifie « Soleil », est comme le feu. Il est celui par qui les choses arrivent, par qui l’être se consume, meurt et renaît. C’est le sens des paroles suivantes, rapportées par Aflaki et attribuées à Shams, alors qu’il parlait un jour dans le collège de Mawlana : « On lui demanda : « Qu’est-ce que la gnose ? » « C’est la vie du cœur par Dieu (qu’il soit exalté !), répondit-il ; ce qui est vivant, fais-le mourir : c’est ton corps que je veux dire ; ce qui est mort, vivifie-le ; c’est ton cœur que j’ai en vue ; ce qui est présent, cache-le : c’est le monde d’ici-bas ; ce qui est absent, fais-le venir : c’est le monde de la vie future, ce qui existe, anéantis-le : c’est la pas­sion ; ce qui n’existe pas, produis-le : c’est l’intention. La véritable connaissance est dans le cœur »

Borobudur: le mandala, la vision, l’illumination par Michel Random

Le mandala est par excellence le support qui permet de transmettre la doctrine secrète. Il sert d’enseignement initiatique, il produit et conduit à l’état d’Eveil. Il est très probable que le monument a été construit sous la direction de moines bouddhistes et que son architecture revêt dans ses plus petites parties une science et une philosophie spirituelle cachée. L’influence et les emprunts à l’art Indou sont d’autant plus apparents que ce sont effectivement des hindouistes qui ont certainement achevé Borobudur après la brusque chute de la dynastie des Sailendra.

Peintures alchimiques : des fresques de Cimiez à Jean-Marie Pierret par Michel Random

Le secret alchimique réside dans la compréhension des propriétés de la matière. Pour l’alchimie la matière est le résultat d’un processus dont l’origine est le Mouvement lui-même. Montrer la qualité des énergies, ce qui les unit et ce qui les divise, comment les comprendre comme un seul corps vivant, et comment traiter avec ce corps vivant en respectant les lois d’harmonie voilà l’essence de l’alchimie. Si les physiciens sont nombreux aujourd’hui, l’alchimiste est rare. Et surtout l’alchimiste hermétique qui connaît et utilise les symboles à la fois comme modèles énergétiques, comme langage allégorique et comme réalité prophétique. Le vrai alchimiste est un homme de pouvoir, de savoir, et possède la divination intrinsèque : celle qui découle de la nature des choses. Ce sont les propriétés incluses dans les choses elles-mêmes qui nous disent ce qu’elles sont et en situent les effets dans ce que nous percevons comme l’espace-temps.

Borobudur, la montagne de la vacuité par Michel Random

Borobudur se présente donc comme un mandala exprimant les trois niveaux et les trois états de la réalité : le premier niveau est le monde du désir (Kamadhatu). C’est par lui que la matière se manifeste, que les joies et les souffrances apparaissent. En fait, ce premier degré de la manifestation est invisible. Cent soixante reliefs représentant l’enfer et les méfaits du désir ont été sculptés à la base, puis, nécessité architecturale ou volonté de cacher les images infernales, ces bas-reliefs furent recouverts d’une paroi de pierre, et ce n’est qu’à la suite de travaux de restauration en 1885 qu’ils furent découverts. Depuis inventoriés et photographiés, ils sont à nouveau recouverts de terre.

De la vision alchimique des fresques de Schifanoïa à la vision contemporaine de Ljuba par Michel Random

Il n’a aucune idée a priori, il n’a pas envie de peindre un sujet bien défini. La toile blanche est un monde ouvert devant lui, comme le Vide nous entoure, le blanc entoure Ljuba. Il se tient devant sa toile comme un méditant devant Bouddha. Il approche timidement une première touche de couleur. Il affronte son vide. Est-il présent à lui-même ? Si oui, alors touche après touche la première couche de couleurs apparaît, sinon il efface et attend le moment propice. Sur cette première couche de couleurs vibrées, une deuxième, puis une troisième couche déterminent à la fois une lumière, une couleur, et de ces transparences successives voici que se dessinent les formes et les visages, les paysages et les objets fantastiques qui émergent, venus des profondeurs, de ce blanc sous-jacent à toutes choses qui s’est progressivement organisé.