Cette manière de penser, dit Seth, risque de « mécaniser nos esprits » d’une façon qui « réduit et appauvrit ce que signifie être humain ». Après tout, les êtres humains diffèrent des modèles de langage à bien des égards : par leur expérience vécue, leur conscience et leur constitution même. Si nous nous considérons comme des « algorithmes incarnés », soutient Seth, nous risquons de perdre « presque tout ce qu’il y a d’intéressant » — tout ce qui fait de nous ce que nous sommes. Peu à peu, cette conception nous sépare du reste de la nature, jusqu’à nous amener à nous considérer comme « appartenant au domaine de l’artificiel, du fabriqué, du non naturel ».
Dans les années 1960, un psychologue comportementaliste excentrique nommé James McConnell convainquit la communauté scientifique que les vers planaires, à l’instar des chiens de Pavlov, pouvaient être conditionnés par apprentissage classique — et que les souvenirs de cet apprentissage pouvaient être transférés d’un ver à l’autre par cannibalisme. Ces découvertes étranges furent reproduites par d’autres scientifiques, et l’entraînement des vers est devenu un incontournable des foires scientifiques au lycée. Aujourd’hui, 60 ans plus tard, les vers ont cessé d’apprendre, et personne ne sait pourquoi.
Ce piège de plus en plus déshumanisant se déguise en statu quo « incontournable » imposé par les acteurs politiques, commerciaux et sociaux, qui opèrent tous sous un régime d’intelligence artificielle de « Fausse Vie », où les esprits sont contrôlés et les cerveaux mis en veille. Un régime qui roule inexorablement vers la prise de contrôle totale, transhumaniste et numérisée, planifiée de longue date par le gouvernement mondial de l’ombre. Mais sortir de cette voie mortelle n’est pas facile. Nous faisons tous, à des degrés divers, des compromis quotidiens avec la Matrice.
Le langage utilisé par ces entreprises en dit long. « Intégration homme-machine ». « Augmentation cognitive ». « Environnements immersifs ». « Systèmes de contrôle par la pensée ». « Retour émotionnel adaptatif ». En clair, elles construisent des systèmes conçus non seulement pour observer le comportement humain, mais aussi pour interagir directement avec la cognition elle-même. Il ne s’agit pas simplement d’une nouvelle catégorie de dispositifs médicaux.
C’est la fin potentielle de la vie mentale privée.
L’ancien modèle industriel traitait les humains comme des opérateurs de machines. Le modèle biotechnologique émergent traite les êtres humains eux-mêmes comme des plateformes programmables. C’est là le véritable changement de paradigme.
Il n’est pas difficile de voir les parallèles avec notre propre époque. En effet, combien de fois avons-nous entendu, dans les milieux de la « réalité conspirationniste », que « tout ce qu’on nous a dit est un mensonge » ? Cette affirmation inclut-elle l’observation elle-même — à savoir que « tout ce qu’on nous a dit est un mensonge » — ou cette observation échappe-t-elle au principe ? Un instant de réflexion révèle en fait que le cynisme corrosif du refrain « tout est mensonge » menace de détruire jusqu’au refrain lui-même.
Bien que l’étude scientifique de la conscience ait connu un essor considérable au cours des deux dernières décennies, une question centrale reste sans réponse : quelle est la fonction de la conscience ? Cela concerne à la fois les fonctions cognitives immédiates de la conscience et la valeur évolutive ultime de la conscience chez nos ancêtres. Les réponses à ces questions sont essentielles pour comprendre pourquoi certaines espèces (comme la nôtre) sont devenues conscientes, tandis que d’autres (comme les chênes) ne le sont pas.
Il demeure néanmoins un problème persistant : beaucoup de gens ne prennent même pas la peine d’apprendre les bases les plus élémentaires concernant une situation à laquelle ils sont confrontés. Je ne pense pas que nous nous attendions à ce que les types moutons apprennent toutes les subtilités nécessaires pour formuler des opinions valides et utiles fondées sur la vérité et les faits, mais nous nous attendons à ce qu’ils connaissent les bases afin que leurs instincts reposent davantage sur ce qui se passe réellement plutôt que sur une fabrication (ou des mensonges purs et simples) que le programme leur a fournis pour orienter leur opinion.
L’enclosure opère par remplacement des fonctions, et l’« aplatissement » (l’homogénéisation) opère par répétition de ce qui reste visible après ce remplacement. Le village gentrifié demeure ouvert (si vous pouvez vous permettre d’y séjourner), mais son usage est déterminé par les besoins d’un capital privé situé ailleurs et par les plateformes numériques qui gèrent une population transitoire.
Et c’est là que réside le véritable danger de l’Illusion Claude. Ce n’est pas que les chatbots puissent nous plonger dans la psychose. Et ce n’est certainement pas que les chatbots puissent réellement être conscients. C’est que, lorsque nous affirmons que ces machines sont « conscientes » et « intelligentes », nous dévalorisons et négligeons ainsi notre propre humanité. Que nous en soyons conscients ou non, nous ne pouvons affirmer la conscience des machines qu’en nous abaissant à leur niveau.
Nous utilisons des cookies pour vous offrir la meilleure expérience sur notre site. En cliquant sur “Oui, j'accepte”, vous consentez à l'utiisation de tous les cookies.
Ce site web utilise des cookies pour améliorer votre expérience lorsque vous naviguez sur le site. Parmi ceux-ci, les cookies classés comme nécessaires sont stockés sur votre navigateur car ils sont essentiels au fonctionnement des fonctionnalités de base du site web. Nous utilisons également des cookies de tiers qui nous aident à analyser et à comprendre comment vous utilisez ce site web. Ces cookies ne seront stockés dans votre navigateur qu'avec votre consentement. Vous avez également la possibilité de refuser ces cookies. Toutefois, la désactivation de certains de ces cookies peut affecter votre expérience de navigation.
Necessary cookies are absolutely essential for the website to function properly. These cookies ensure basic functionalities and security features of the website, anonymously.
Analytical cookies are used to understand how visitors interact with the website. These cookies help provide information on metrics the number of visitors, bounce rate, traffic source, etc.