Les langues de la nature par Claude Tresmontant

La physique moderne a connu une révolution dans les premières années du XXe siècle, avec Max Planck, Albert Einstein, puis Louis de Broglie, Werner Heisenberg et bien d’autres. Ce qui a été acquis par cette révolution, c’est que la matière n’est pas ce qu’avaient imaginé les anciens philosophes grecs : un ensemble de choses sans […]

Sur l’information et la mort par Claude Tresmontant

La théorie de l’information Le mot français information vient du latin informatio : l’action de donner une forme. C’est un terme d’origine philosophique, dont la signification remonte à Aristote. Ultérieurement, et dans le langage des juristes, le terme d’information a désigné, nous dit Littré, l’instruction à laquelle on procède pour la recherche ou la constatation […]

Les sciences expérimentales et le point de départ de l’analyse philosophique par Claude Tresmontant

Conférence donnée au Centre d’Études et de Recherches Nucléaires, Genève, le 19 octobre 1977. Comme vous le savez, dans l’histoire de la pensée humaine, pour autant qu’elle nous est connue, on distingue plusieurs démarches fondamentales, plusieurs points de départ pour l’analyse et le traitement des problèmes philosophiques. 1. Un premier point de départ est celui […]

Voie sans issue par Cornelius Castoriadis

(Extrait du livre collectif : Les scientifiques parlent, dirigé par Albert Jacquard. Hachette 1987) Cornelius Castoriadis (1922-1997) est un philosophe, économiste et psychanalyste grec, fondateur avec Claude Lefort du groupe Socialisme ou barbarie. Il consacra une grande part de sa réflexion à la notion d’autonomie, dont il proposa une conceptualisation particulière et qu’il défendit en élaborant […]

L’évolution du vivant : enjeux idéologiques par Richard C. Lewontin

(Extrait du livre collectif : Les scientifiques parlent, dirigé par Albert Jacquard. Hachette 1987) Les théories et les concepts scientifiques sont largement utilisés pour justifier telle ou telle idéologie, tel ou tel programme, social ou politique ; cette évidence est facilement admise. Dans certains cas cette justification est fournie directement par la technologie issue de la […]

Cadavres exquis par David Guerdon

(Extrait de la revue Autrement : La science et ses doubles. No 82. Septembre 1986) La rapidité de décomposition des corps humains est très irrégulière et demeure mystérieuse, même pour les professionnels de la mort. De multiples facteurs interviennent : température du milieu extérieur, composition du sol, mais aussi genre de nourriture, produits pharmaceutiques ingérés pendant […]

Originalités du champ biologique et du niveau fin par Marc Beigbeder

La logique, c’est la description réduite au schème. Tout système peut être considéré, logiquement, comme couplage de deux tendances ou orientations ou po­larisations antithétiques, l’une à l’identi­té, à la répétition, au même, au stable, à l’homogène, l’autre à la différence, à la va­riance, au changement, à l’instable, à l’hétérogène. Ce qui spécifierait le champ biologique, c’est que la seconde y domine statistiquement dans le conflit, non sans précarité.

Temps et nature humaine par Paul Chauchard

Nous voyons ainsi combien le temps importe à la nature de l’homme. Celui-ci, bien plus que l’animal, va en prendre conscience. Mais il ne se rend pas assez compte combien le temps est une réalité de sa chair, combien le temps l’a marqué et le marque, contribuant à le faire ce qu’il est, assez autre peut-être de ce qu’il aurait pu être. Le temps, c’est le dynamisme même de notre être en évolution constante, c’est la présence de tout notre passé dans notre présent, à notre insu même. Prendre conscience du temps, ce n’est donc pas connaître le cadre extérieur de notre vie, mais jeter un regard sur la réalité même de notre être.

L’Intention cachée par Étienne Wolff

Que ces notions puissent être considérées par les uns comme purement mécanistes, par les autres comme finalistes, cela n’a rien d’étonnant : car c’est le plan même de l’orga­nisme qui est présent sous une forme concentrée, télégraphi­que, et qui se déroule suivant un mécanisme monté dans le temps et dans l’espace.

Le champ unitaire causal, entretien Émile Pinel et Christine Hardy

Par conséquent, m’attaquant à la cellule vivante, je me suis trouvé devant un problème très particulier (au point de vue mathématique), à savoir que l’on a l’habitude de fixer la position de quelque chose par rapport à trois dimensions (hauteur, largeur, profondeur). Or je ne pouvais pas trouver des axes fixes, puisque le noyau bouge tout le temps et que le cytoplasme, lui aussi, se déforme. J’ai donc été amené à investiguer en mathématiques un domaine dans lequel les phénomènes se présentent dans des espaces mouvants, et c’est ce calcul, qu’on appelle calcul tensoriel, que j’ai utilisé, celui dont Einstein s’était servi pour faire sa relativité physique.