Dans le cadre de la science économique, dominée par le dogme mécaniste depuis ses origines pré-industrielles, l’innovation théorique de la bioéconomie de Georgescu constitue une combinaison inattendue et surprenante. Comme le souligne Michel Serres, « la production de concepts reste rare. » Elle survient, en l’occurrence, d’une indiscipline, d’une transgression méthodologique, d’une inter(ré)férence entre la thermodynamique et l’économie. La loi de l’entropie se trouve réinterprétée à la lumière du processus techno-économique de l’évolution humaine et celle-ci, dans le même temps dévoile son caractère entropique. Le changement de perspective affecte toute la philosophie des sciences, parce que c’est la séparation entre les sciences de la nature et les sciences de l’homme qui se trouve remise en question.
Étiquette : Science
Albert Jacquard : Le piège des catégories
Classer un ensemble de personnes d’objets, c’est définir une limite en-deçà de laquelle telle personne ou tel objet appartient à la classe A et au-delà à la classe B. Quelle que soit la méthode adoptée, il s’agit toujours de tracer une frontière en fonction d’un critère plus ou moins arbitrairement choisi.
Solange de Mailly-Nesle : L'astrologie réhabilitée
Quand un astrologue étudie un thème de naissance, il traduit en langage actualisé, l’équation symbolique que lui donnent les rapports planétaires. Il exprime en termes concrets la mythologie planétaire qui vit dans l’individu et dont la carte de naissance est le reflet. Le symbole exprime de façon imagée l’intuition que l’homme a du réel. Les anciens avaient supposé certains « ordres » dans l’univers allant des infiniment petits jusqu’aux planètes ; ils avaient établi des lois d’harmonie au sein des systèmes qui partaient d’un phénomène terrestre observable jusqu’à la planète englobant de façon analogique toute une chaîne de correspondances…
Yves Christen : L'ADN entre ciel et terre
Les historiens des sciences nous enseignent que la connaissance progresse surtout par les bonds que lui font accomplir quelques francs-tireurs pas toujours bien considérés de leur vivant. Réjouissons-nous donc car nous vivons, à cet égard, une époque agitée. En particulier si l’on considère avec attention toutes les idées soulevées par l’étude de l’ADN (l’acide désoxyribonucléique) vecteur des gènes et des potentialités héréditaires. Il y a tout d’abord le débat devenu classique en quelques années seulement, et par là même relativement peu révolutionnaire sur la sociobiologie…
Stéphane Lupasco : Pour une nécessaire mutation de la logique de l'entendement
Cette troisième matière est la matière la plus dense du noyau atomique et en même temps, chose étonnante, de la matière psychique, comme je le montre dans plusieurs de mes travaux . Dans cet état de coexistence antagoniste et contradictoire, de semi-potentialisation et de semi-actualisation, les énergies de l’homogène et de l’hétérogène, prennent, dans le système neuropsychique, conscience d’elles-mêmes, en inaugurant cette propriété considérable du système nerveux central de l’homme, de la conscience de la conscience et de la connaissance de la connaissance.
Michel Random : Libres propos sur Stéphane Lupasco
Je suis un amoureux : par tempérament et par vocation sans doute, je suis à l’égard de Lupasco un amoureux contrit : car si comme moi vous allez à travers ses livres à la pêche que de perles n’allez-vous pas ramener. Des perles oui, mais à quel prix. En voici une : « L’univers, toute chose, est un rêve, pour ainsi dire en soi : la trame du monde s’il existe et, chose étonnante, afin qu’il existe, est faite de rêve »…
Alain de Benoist : L'œuvre et la pensée de Raymond Ruyer
La philosophie de Raymond Ruyer est donc une philosophie des sciences en ce sens qu’elle récuse toute philosophie qui récuserait la science (« la connaissance est scientifique ou fausse »). Mais, dans le même temps, elle prend appui sur le savoir scientifique pour répondre à l’énigme du Sphinx, pour approcher au plus près l’inconnaissable qui n’a pas de nom…
Yves Christen : La sociobiologie peut nous aider à nous mieux comprendre ?
Qui dit sociobiologie dit mélange de biologie et de sociologie. Une vieille préoccupation si l’on songe que le glissement de l’une à l’autre était déjà contenu en germe dans la classification des sciences d’Auguste Comte et qu’il se trouve au centre des préoccupations d’une multitude de philosophes et de chercheurs. De Marx à Darwin , en passant par Kropotkine et Lorenz, on n’en finirait pas de citer tous les penseurs qui se sont interrogés sur les rapports entre la biologie et les sciences humaines. Les uns pour détacher l’homme du règne de la nature, les autres pour l’y insérer…
Où les savants nous mènent-ils ?
La question « Où les savants mènent-ils le monde ? » est extrêmement complexe. Nous sommes ici trois scientifiques : un médecin, un biologiste et un physicien. Certainement, la question évoque des thèmes, des réponses très différents. Il est naturel qu’il en soit ainsi, car il n’y a pas de science dans un sens unitaire. Il y a des éclairages multiples du monde, dans lequel nous vivons, qui, quelquefois, demande une certaine spécialisation, comme le Droit demande un langage particulier, comme la Philosophie en demande un. Ce sont des disciplines différentes.
George Magloire : L'unité de la vie
Le dynamisme qui soulève la matière est l’Amour. L’univers dès lors n’est pas une énormité angoissante. Il n’est pas absurde. Il est une montée vers l’esprit, une Noogenèse, une histoire qui possède un sens et nous dirons avec le chrétien Pierre Teilhard de Chardin, une histoire qui possède un visage et un cœur.