Les enseignements spirituels les plus dépouillés, tels ceux de Krishnamurti, du bouddhisme Ch’an ou du zen, nous demandent d’accorder une grande attention au cours de toutes les circonstances de la vie quotidienne. Il ne s’agit donc pas de fuites ou d’évasions mais d’affrontements lucides et vigilants. Ainsi que l’exprime le savant japonais D.T. Suzuki : « Le zen est notre état ordinaire d’esprit, c’est-à-dire qu’il n’y a rien dans le zen qui soit surnaturel ou inusité ou hautement spéculatif qui dépasserait notre vie quotidienne. Le facteur déterminant de notre éveil intérieur dépend de notre attitude mentale d’approche des circonstances. »
Auteur/autrice : 3e millénaire
Colette Chabot : Virgil ou L'éternelle présence
Virgil est un témoin vivant de l’Éternité. Mais l’Éternelle Présence s’est incarnée chez un homme qui n’avait absolument jamais lu les livres qui intéressent tous les chercheurs de Vérité. Il n’avait jamais rencontré ni cherché à rencontrer un sage ou un éveillé, pas plus qu’il n’avait jamais manifesté le moindre intérêt pour les grandes traditions de l’histoire de l’humanité. Il n’avait jamais été, non plus, un homme religieux.
Robert Linssen : Vers le “Non-Faire” et l’Ouverture Totale (2000)
L’essor inouï des sciences et des recherches spirituelles en moins d’un siècle était en tous cas préparé par les travaux des physiciens Joliot-Curie vers 1898 et ceux d’Einstein en 1905. Le moment était exceptionnellement favorable aux multiples bouleversements et mutations qui ne tardèrent pas à se produire avec une étonnante rapidité dans tous les domaines. Nous nous sommes nourris d’une foule de concepts et d’idéaux succédant au matérialisme et au scientisme triomphants. Ils ont préparé de la vision exaltante d’un univers considéré comme le corps d’un seul et même vivant dont nous étions partenaires indissociables. Cette vision semblait être un écho tardif d’environ deux mille ans, de Socrate, Plotin, Anaxagore aussi bien que celle d’un Bouddha ou de Shankaracharya.
René Fouéré : En hommage au swami Siddheswarananda
Le Swami Siddheswarânanda a été au nombre des plus admirables, des plus généreux et des plus accueillants de mes amis. J’ai été navré de sa mort, dont je n’ai malheureusement pas été informé dans l’immédiat, et je ne peux jamais penser à lui sans ressentir une émotion profonde et une gratitude aussi vive que lorsqu’il […]
Susunaga Weeraperuma : Hommage à Yogaswami
Même de son vivant, Yogaswâmi avait une réputation considérable, à Ceylan et dans l’Inde, en tant que sage vraiment parvenu à l’illumination spirituelle. Ses dévots ont été naturellement enclins à exagérer ses réalisations spirituelles. Il avait été salué comme le plus grand voyant que le monde ait connu depuis Shankara. Il y avait des sceptiques qui le mettaient à l’écart, comme n’étant qu’un autre yogi ayant des pouvoirs psychiques. Mais, même ceux qui se demandaient s’il avait été fondamentalement transformé dans le sens spirituel, admettaient cependant volontiers qu’il avait d’extraordinaires pouvoirs psychiques. Yogaswâmi avait la réputation d’avoir possédé des dons remarquables de seconde vue. On savait qu’il pouvait aussi disparaître d’un endroit et reparaître à plusieurs endroits en même temps.
Stephen Jourdain : Deux sentiers abruptes - Vers un déclic
La personne intérieure n’est sous le regard d’aucune autre conscience. Non parce qu’un mur interdit à jamais à la vision des autres de parvenir jusqu’à elle, mais parce que la réalité est ainsi faite que le lieu où elle se tient est inhabité. La personne intérieure est non-vue, non-sue, parce qu’ici il n’y a, et n’y eut jamais, et n’y aura jamais personne pour la voir, la savoir. Cela peut sembler épouvantable. En vérité, c’est admirable.
Stephen Jourdain : La vie à l’endroit - questions et réponses
Première question. — Nous nous faisons une idée de la Réalisation de soi, de la véritable prise de conscience, et nous pensons qu’il est nécessaire pour un occidental de s’y préparer d’abord dans la pensée, de pratiquer une certaine technique d’éveil. Or, il parait que, pour vous, tout cela n’a pas été utile ?
Gilberte Aigrisse : Charles Baudouin et l'œuvre de C.-G. Jung
Le lecteur de culture française se trouve souvent désorienté devant l’œuvre que l’on dit « touffue » de Jung. Aux accusations de mysticisme fumeux auxquelles est parfois en butte le psychologue zurichois, le livre récent de Charles Baudouin, l’éminent professeur de l’Université de Genève, disparu en 1963, apporte un démenti magistral. On conçoit que des personnes n’ayant qu’une connaissance superficielle de l’œuvre de Jung soient tentées de nommer informe ce qui est étude de la transformation incessante de l’âme humaine.
Gilberte Aigrisse : Psychanalyse et Morale
Dans un traitement psychanalytique, ce qui prend le plus de temps et donne le plus de peine, c’est la lutte contre les résistances du patient. Ces résistances sont inconscientes. Le sujet a accepté spontanément de se soumettre à l’analyse; consciemment, il n’oppose aucune résistance au traitement, et, cependant, nous nous sentons en présence de forces qui s’opposent à ce qu’un changement quelconque soit apporté dans la personnalité. Nous avons formé, dans notre enfance, un équilibre entre nos exigences psychiques et la réalité. Cet équilibre ne nous satisfait plus, maintenant que nous sommes adultes. Par exemple, nous avons pu mater les tendances exhibitionnistes que nous avons tous à trois ans, mais la répression a été trop forte, et nous sommes devenus timides.
Robert Tournaire : La conscience et la vie
Le Professeur Robert Tournaire ne retient pas l’expression de révolution biologique pour caractériser ce qu’il considère comme le plus prodigieux moment de la connaissance humaine. Il préfère une expression telle que « La naissance d’une nouvelle biologie ». Dès l’exergue, Robert Tournaire souligne combien ce nouveau savoir est — en même temps — signifiant pour l’Homo, mais toujours magnifiquement fascinant.