Dr Thérèse Brosse : Image du corps et formation de l'ego

Si, en effet, peu de personnes ont entendu parler de l’état sans ego, au nombre de ces dernières, bien peu également le désirent. Elles apprécient pourtant la disparition provisoire du mental et de son ego dans l’obscurité du sommeil profond, sans rêve, et devraient, semble-t-il, souhaiter davantage encore sa résorption dans la lumière. Il n’en est rien. Nous aimons passionnément notre ego, nous lui vouons un attachement sans limites. Peu importe les souffrances qu’il nous fait endurer; ce mental individuel représente à nos yeux notre vie même, notre intelligence, notre conscience. (…) Nous ne savons pas, ou bien nous refusons d’admettre, que nous sommes, en réalité, cette Conscience sans limites; aussi préférons-nous mille tortures avec notre ego plutôt que la félicité sans lui

Gabriel Monod-Herzen : Le vital et l’équilibre matériel-spirituel

Aujourd’hui la question posée est celle du vital. Je vais répondre du point de vue indien et puis, vous me poserez des questions. L’idée que l’âme soit distincte du corps ne leur vient pas. Le corps et la conscience sont deux parties d’une même unité, on ne peut pas les séparer, ils forment l’unité humaine de l’individu. La partie corps, nous la connaissons très bien, même mieux que les Indiens. Tandis, qu’à leur avis, nous ne connaissons que mal la partie conscience.

Gabriel Monod-Herzen : Maitrise ou harmonie?

Dans le domaine du vital, celui des sentiments sous toutes ses formes, depuis la simple douleur jusqu’à l’intuition artistique, vous avez des expériences à faire. Il est inévitable que vous vous trompiez un certain nombre de fois. L’avenir vous le montrera. Le vital a ce qu’il doit avoir. Ce qui devrait être le fond de l’éducation, mais comment l’enseigner ? — c’est d’apprendre à l’utiliser. En Europe c’est dans le domaine artistique que l’on trouve la réponse le plus souvent. Vous avez des êtres qui ont un vital très puissant, ils peuvent avoir des tas de défauts, mais ce sont de véritables artistes. Ils auront un point où le vital chez eux, atteindra un niveau supérieur. Ce n’est pas la manifestation du vital qui est mauvaise, c’est l’usage qu’on en fait.

Georges Krassovsky : Les difficiles fins de « moi »

Nous avons tous des problèmes… Nous en avons même tellement que nous n’avons pas le temps d’aborder celui qui consiste à se demander: pourquoi y a-t-il des problèmes ? Ce problème nous apparaît, en effet, comme étant essentiel, sinon unique, car si nous arrivions à le résoudre, les autres seraient résolus par la même occasion, mieux: ne se poseraient plus, s’élimineraient d’eux-mêmes. C’est ce que l’on appelle « remonter à la source ».

Robert Linssen : Hommage à Carlo Suarès

Carlo Suarès est né à Alexandrie (Egypte) en 1892. Il suivit les cours d’architecture à l’Ecole des Beaux-Arts de Paris et obtint son diplôme d’architecte après la guerre de 1914-1918. Dès 1921 il prit contact avec Krishnamurti dont il fut longtemps l’un des amis et collaborateurs les plus proches. L’activité littéraire de Carlo Suarès débuta vers 1927. Il publia dès lors plusieurs ouvrages parmi lesquels : « La Nouvelle Création », « La comédie psychologique » et « Quoi Israël ». La « Comédie psychologique », œuvre monumentale publiée vers 1930 aux éditions Corti à Paris doit être considérée comme l’un des écrits les plus fondamentaux de l’auteur. Carlo Suarès y montre le carac­tère provisoire et conflictuel de la conscience de l’égo. Il y expose les trois phases de l’histoire de l’évolution psychologique du « moi ». Pre­mière phase : naissance. Seconde phase : maturité. Enfin et surtout, troisième phase : éclatement ou libération.

René Fouéré : De l'évolution formelle à l'évolution réelle

Depuis que l’homme est sur cette planète, et depuis qu’on tente de le perfectionner, on lui a présenté un certain nombre de modèles. On lui a dit : « Vous êtes très imparfait, vous êtes pourri de défauts, il vous faut essayer de ressembler à telles personnes, à tels modèles, nous allons vous brosser un tableau de ce que vous devriez être pour être un homme « bien ». C’est ce que vous devez essayer de devenir ».