Aleister Hardy : La statistique appliquée à l'expérience religieuse

Depuis mes années d’étudiant, j’ai pressenti qu’il y a dans la religion quelque chose de fondamental, je dirais d’une importance d’ordre biologique. Rien, je crois, sinon la jalousie sexuelle, n’est plus chargé d’émotion que les sentiments religieux ou les grandes idéologies. Les guerres de Religion ont toujours été plus acharnées que celles dont les objectifs étaient économiques ou territoriaux. Voyez les conflits entre hindous et musulmans, musulmans et juifs, catholiques et protestants. Je suis convaincu que Freud a parfaitement raison : c’est bien la relation parent-enfant qui se trouve personnifiée dans le sentiment d’une communication privilégiée avec un au-delà. Cependant, il me semble que le surmoi n’explique pas entièrement le phénomène.

le professeur L.J. Delpech : Visite au Docteur Calligaris

J’ai entendu parler pour la première fois du docteur Calligaris à Tours en 1935 en lisant un livre de l’ingénieur Givelet sur les travaux de Lakovsky. L’auteur y présentait la traduction de la préface d’un ouvrage de Calligaris intitulé « la formation des sentiments dans le corps de l’homme », paru en 1934 en Italie. Dans ces deux pages le professeur italien exposait des idées extrêmement intéressantes et précises sur les rapports du corps et de l’esprit. En particulier, il admettait une correspondance entre chaque organe et une catégorie de sentiments, d’une part et d’autre part entre les sentiments et la stimulation d’une zone déterminée de la peau d’un sujet. En somme, il s’agissait d’une approche expérimentale d’un problème métaphysique bien connu, celui des rapports du corps et de l’esprit.

Milan Ryzl & Robert Amadou : Précognition, peut-on changer le futur

Toutes images sont donc en nous, tout est images, tout est en nous. Point de futur externe. Point de passé ou de présent externe. Le présent en nous, l’absence du temps. A l’extérieur, l’illusoire du temps que nous introjectons dépouillé de son illusionnisme, sans lui conférer néanmoins, et pour cause, de réalité.

Robert Gouiran : Réflexions sur le voyage hors du corps

Lorsque le méditant, à son réveil, retourne dans le monde réel des vivants, il sait alors ce que peut être l’« illusion », la maya des Orientaux. Il a acquis cette connaissance qui lui permet de comprendre jusqu’à quel point la perception du monde qu’on dit réel n’est qu’une construction hallucinatoire, pas plus importante que les autres. Car c’est là une des clés des enseignements ésotériques. La vision rationnelle que nous croyons avoir du monde n’est que partielle et représente notre interprétation à un certain niveau de conscience. Mais la réalité des mondes derrière les choses est infinie, se découvrant par le dévoilement successif des réalités parallèles.

Guy Beney : Le temps du Psi

L’étude de la dynamique psi ramène donc, là encore et paradoxalement à celle de l’articulation psychosomatique ; d’où l’actualité de cette réponse du Comte de Gasparin (en 1855) à ses détracteurs : « quand vous m’aurez expliqué comment je lève la main, je vous expliquerai comment je fais lever ce pied de table » (par PK).

André Dumas : La frontière vie-mort

La parapsychologie contemporaine, en poursuivant l’examen du « paranormal », a abouti à des constatations qui débouchent, elles aussi, sur la notion de zone-frontière entre les perceptions du conscient par les voies sensorielles, et la connaissance directe par le subconscient au moyen de mystérieuses voies extra-sensorielles.

Prodiges au Portugal Par L.-J. Delpech

Y a-t-il des lieux inspirés? On se rappelle la colline inspirée de Barrès. Dans une conversation avec le cardinal Daniélou deux ans avant sa mort, celui-ci me déclara y croire avec une conviction certaine, malheureusement, nous ne pûmes approfondir. Le problème est un peu en rapport avec celui de la géographie des religions et des sanctuaires. On a vu une étude classique de Richer : Géographie sacrée de la Grèce, sur la distribution des temples grecs en fonction de l’emplacement des étoiles. Mais si cette perspective pouvait nous faire comprendre une influence cosmique en rapport avec les ondes cosmiques, cela n’est pas une réduction mais un effort d’explication.

André Dumas : Qu'y a-t-il derrière notre personnalité apparente?

Ce qu’on appelle le « Subconscient » n’est pas constitué seulement par une zone « passive » de notre personnalité, obéissant aux suggestions, enregistrant les impressions et conservant les souvenirs. D’une zone « active », créatrice, surgissent des inspirations d’ordre intellectuel, des éclairs de génie, qui s’imposent au savant et au philosophe comme à l’artiste et à l’écrivain. On en a souvent cité de nombreux exemples.

Michèle Reboul : Jean Guitton et la parapsychologie propos recueillis

J’ai eu plusieurs fois l’occasion de parler de ces problèmes avec Bergson qui m’a inscrit parmi ses héritiers spirituels. Il avait beaucoup scruté les phénomènes parapsychologiques en les distinguant fortement des expériences mystiques. Les phénomènes parapsychologiques relevaient de la religion inférieure, statique, où l’homme projette son inconscient, alors que les expériences mystiques provenaient de l’action mystérieuse de l’Amour infini.