Joël André : La science au verso
[…] d’où vient que populairement, le « c’est scientifique » ait ce sous-entendu (ou pouvoir supposé) de mettre fin à la discussion ? Sans doute d’une naïveté propagée par un discours second de la science, l’épistémologie : discours sur la science ou science de la science, selon les prétentions. Longtemps appuyée sur une histoire de la science monolithique, volontiers « laïque et obligatoire », elle a imposé universitairement pendant des décennies une vulgate dont le public a gardé cliché. La science, au fond, comme une galerie de « machines à raisonner isolées sur des socles de marbre » (Koestler).