Remarquez à quel point la liberté académique est unique comparativement aux normes qui régissent les autres professions. Lorsque vous engagez un plombier ou un comptable, ceux-ci disposent d’une certaine marge de manœuvre pour déterminer la meilleure façon d’accomplir leur travail. Mais ils ne bénéficient de rien qui ressemble à une « liberté académique » : ils sont embauchés pour effectuer des tâches précises, et s’ils ne les accomplissent pas, vous ferez appel à quelqu’un d’autre. Même les personnes exerçant des professions où les idées occupent une place centrale peuvent être congédiées si leurs employeurs jugent leur travail insatisfaisant : journalistes, rédacteurs, animateurs de télévision, etc. Les universitaires, surtout une fois titularisés, jouissent donc d’un privilège important dont les autres membres de la société ne bénéficient pas.