Gabriel Proulx : La réalité comme rendu computationnel limité

Steven Wolfram affirme que le « ruliad », l’espace de tous les états computationnels possibles dans la nature, est la réalité — une structure si complète qu’elle contient toutes les manières possibles de traiter l’information. Notre univers émerge de la manière dont des observateurs soumis à des limites computationnelles particulières échantillonnent cette structure infinie. Dans cet essai profond, Proulx soutient que le ruliad est mieux compris dans le cadre d’une conception idéaliste selon laquelle la perspective de chaque observateur n’est pas simplement une représentation partielle d’états sous-jacents, mais un rendu de la réalité elle-même ; tout comme une image dans un jeu vidéo est un rendu généré à la volée, et non une représentation partielle des états sous-jacents.

Chandan Priyadarshi : Essai 6 : Le Témoin mal placé

Parce que la conscience est antérieure aux domaines dans lesquels ces cadres opèrent, elle ne peut être trouvée à l’intérieur d’aucun d’eux par des investigations limitées à ces domaines. Ce qui est présupposé par une enquête ne peut pas apparaître comme l’un de ses résultats. Même les conceptions qui décrivent l’expérience en termes d’inférence ou de dépendance à un modèle restent des descriptions de ce qui apparaît dans la conscience, et non des explications de la conscience dans laquelle ces descriptions deviennent intelligibles. Tout cadre qui procède en regardant à l’intérieur de la microphysique, du rapport introspectif, de l’analyse transcendantale ou de l’architecture informationnelle ne rencontrera pas, au sein de ce domaine, ce dont le domaine lui-même a besoin pour être étudié.

Matthew Cocks : L’idéalisme de Mary Baker Eddy

Le professeur Cocks retrace la vie et les idées de Mary Baker Eddy, figure fondatrice aujourd’hui largement oubliée du mouvement New Thought (Nouvelle Pensée) au XXe siècle, en particulier sa métaphysique idéaliste à tendance gnostique. Comme il l’explique, l’idéalisme d’Eddy cherche à résoudre le problème du mal — tel qu’il se pose à la lumière de la théologie chrétienne — et revendique des applications pratiques dans le domaine des soins de santé et du bien-être.

River Kanies : Un code simple dans l’esprit de Dieu

Dans la mesure où l’activité de l’esprit de la nature peut être modélisée comme un calcul, la complexité de notre univers physique est un résultat inévitable et émergent des potentialités computationnelles de la nature, même si ses « programmes » innés et fondamentaux — les « pensées » élémentaires de « l’esprit de Dieu » — sont extraordinairement simples. River Kanies illustre ce point en s’appuyant sur la notion de « ruliade » de Stephen Wolfram.

Robert J. Marks II : Six théories de la conscience

Tout le monde parle de l’IA qui deviendrait consciente, mais personne ne définit jamais ce qu’est la conscience. Vous trouverez ci-dessous un bref résumé de six modèles différents de la conscience. Les quatre premiers sont entièrement basés sur le naturalisme et partent du principe que nous sommes des ordinateurs faits de chair qui interagissent avec le monde.

Elizabeth Jean Currie : Pas seulement de la fumée et des plumes !

Le Dr Currie soutient que réduire l’efficacité de la médecine chamanique à un simple effet placebo ne rend pas justice à la sophistication de la pratique chamanique. Elle affirme que cette dernière repose sur une métaphysique complexe à plusieurs niveaux, dans laquelle le chaman exploite délibérément les relations de cause à effet qui dépassent le monde matériel visible.

Brian Fang : La magie de Fourier : comment le temps et l’éternité sont deux facettes d’une même réalité

Dans cet essai remarquablement perspicace, Brian Fang montre que les mathématiques de l’omniprésente transformation de Fourier, qui relie les mots des « événements » et des « fréquences », fournissent une grammaire formelle permettant de comprendre comment la temporalité est une facette de l’éternité, et inversement. Ainsi, ce que nous appelons « le monde » n’est peut-être pas fondamentalement constitué de matière se déployant dans le temps, mais de motifs qui admettent des lectures atemporelles. Cela ne prouve pas l’idéalisme, mais le rend moins étrange. Si l’être peut être pleinement appréhendé en termes structurels, alors peut-être que les constituants ultimes de la réalité ne sont pas des particules en mouvement, mais des motifs intelligibles qui semblent simplement temporels lorsqu’on les observe de l’intérieur.

Arash E. Zaghi : Quand la réalité n’est pas là-dehors : Donner un sens à l’étrangeté quantique

Les probabilités quantiques familières ne sont pas arbitraires. Elles expriment la meilleure manière possible, pour une perspective particulière, de résumer une situation plus profonde qu’elle ne peut jamais voir complètement. Chaque perspective obtient sa propre ombre la moins déformée de la réalité quantique sous-jacente. C’est ainsi que cet essai remarquablement accessible donne un sens à l’étrangeté quantique de manière idéaliste : l’univers nous refuse d’avoir une vision comme Dieu, la réalité étant un champ de relations dans la conscience.

Matt Colborn : La science cognitive post-matérialiste : est-elle viable ?

Le Dr Matt Colborn soutient qu’en niant la réalité objective de ce qui nous apparaît comme le monde physique extérieur, la science cognitive matérialiste rend ses propres présupposés métaphysiques intenables. Seule une base métaphysique idéaliste ou non-dualiste peut rendre la science cognitive moderne à nouveau cohérente en elle-même.

Bernardo Kastrup : L’esprit domine la matière

Mais si nous absorbons et intériorisons l’idée que la matière n’est qu’une apparence, alors, soudain, le monde physique tout entier devient comme un livre à lire, car il est l’indication, le signe, de quelque chose qui se trouve derrière lui. Cela signifie que la dimension du mystère est retrouvée et que le sens de la vie revient : quelle que soit la souffrance que nous éprouvons dans notre vie, elle a un sens, car nous savons que nous sommes les yeux à travers lesquels la nature se regarde et s’expérimente elle-même. Nous apportons une contribution, que nous en soyons conscients ou non, que nous essayions de le faire ou non. Ce sont là des choses importantes.