Paroles recueillies

À l’instant même où l’objet du désir est obtenu surgit une brève explosion de joie intense dont la cause est attribuée à tort à l’objet désiré, qu’il s’agisse d’une chose, d’un être, d’une situation ou d’une réussite. Mais cette joie s’émousse, alors qu’on la voudrait perma­nente. La répétition des conditions qui, croit-on, l’ont initialement procurée, n’apporte plus la même intensité, la même saveur exaltante. Ainsi est-on amené à chercher une autre source de joie. Ainsi s’égare-t-on dans la dans la poursuite sans fin des êtres et des choses.


Hazrat Inayat Khan : La pureté de la vie

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Lorsqu’on dit « pur d’esprit », quel sens cela a-t-il ? Cela signifie que ce qui est étranger à l’esprit ne lui appartient pas, mais que ce qui est naturel à l’esprit demeure. Et qu’est-ce donc qui est naturel à l’esprit ? C’est ce que l’on voit et admire chez le petit enfant, la disposition amicale, la promptitude à voir et à admirer quelque chose de beau plutôt qu’à critiquer, la disposition à sourire pour répondre à qui l’aime ou sourit, et à croire sans questionner « qu’est-ce ? » Un enfant est un croyant naturel, un ami naturel, complaisant et accommodant, un admirateur naturel de la beauté, ignorant la critique, négligeant tout ce qui ne l’attire pas, connaissant l’amour, non pas la haine. Voilà ce qui manifeste la condition originelle de l’esprit, naturelle à l’homme. Après que l’esprit de l’homme est entré dans ce monde, ce qui lui est ajouté est surcroît. Cela peut paraître bon momentanément, cela peut paraître utile momentanément, toutefois cela n’est pas pur. Quelqu’un peut être dit intel­ligent, quelqu’un peut être reconnu comme savant, quelqu’un peut être traité de spirituel, mais avec tous ces attributs, l’esprit n’est pas pur.


Michel Guillaume : Retrouver l'Esprit

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La spiritualité c’est la rencontre avec l’Esprit, et l’Esprit souffle où il veut, pas nécessairement là où l’on s’en réclame. L’Esprit vivifie, c’est-à-dire qu’il apporte toujours un air neuf, inattendu. Au besoin l’Esprit bouscule nos chers petits conformismes, les vérités que nous croyons tenir (« comme une brique », disait Hazrat Inayat) ; en bref, l’Esprit c’est toujours Autre Chose ; un Autre Chose qui nous comble et en même temps nous demande un effort de réajustement, de dépassement, d’adaptation.


Nargis : Extraits du disciple devant la porte

| Catégories : Spiritualité

La preuve des Vérités spirituelles ne peut être donnée par un homme à un autre parce que les choses appartenant à l’âme doivent être vues avec les yeux de l’âme et pour chaque homme la preuve lui appartient à lui seul ; il est impossible d’expliquer des vérités spirituelles à quelqu’un dont les yeux spirituels sont fermés. Ce serait exactement la même chose que d’expliquer la couleur à un aveugle né ; il pourrait bien croire ce qu’on lui dit mais on serait dans l’impossibilité de lui en apporter quelque preuve physique que ce soit, tandis que si ses yeux étaient ouverts, il verrait immédiatement pour lui-même. Il en est ainsi des choses appartenant à l’esprit ; rien sinon la vision spirituelle ne peut donner de preuve ; et on doit se souvenir qu’il y a des degrés de vision spirituelle comme il y en a de physiques. En vérité il y a beaucoup plus de choses invisibles que de visibles, même pour ceux dont les yeux sont ouverts, et même beaucoup de celles qui sont visibles ne seraient pas comprises sans instruction.


Kalou Rimpoché : Rites et enseignements du Bardo Thodol

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Le Bardo, c’est-à-dire l’état post-mortem est très important car tous les êtres doivent passer par cet état. Il faut savoir comment se déroule la mort, et ensuite connaître les moyens d’action, les moyens d’aider le défunt dans cet état d’après vie. Dans le meilleur des cas, il faut développer certaines techniques spiri­tuelles qui nous seront utiles au moment de la mort et dans l’état post-mortem.


Jacques May : La philosophie bouddhique de la vacuité

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J’ai parlé tout à l’heure d’une exigence de réalité et d’une exigence de rationalité. Cette double exigence, qui détruit la réalité de surface, manifeste en elle la réalité absolue. Elle ne trouve pas son origine en l’homme, être pensant ; elle est dans la réalité, elle est la réalité même. En son essence, elle est impersonnelle, universelle. Elle parvient à son exaltation dans la connaissance de l’absolu, adéquate et homogène à son objet, et qui pourrait se définir : connaissance rationnelle abolie adéquate à un réel annulé. Double à son point de départ relatif, l’exigence est une à son terme : le réel et le rationnel fusionnent en s’effaçant, en « s’arrêtant », dit le sanscrit. C’est ainsi que le Mâdhyamika souscrirait, à sa manière, à l’axiome hégélien : « tout ce qui est rationnel est réel, et tout ce qui est réel est rationnel ».


Wei Wu Wei : Impératif

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Il ne dit pas que ‘quand nous transcendons la dualité nous revenons à notre Nature Originelle’ mais, au contraire que ‘quand nous revenons à notre Nature Originelle, nous transcendons la dualité’. Cela n’implique pas, Comme dans le premier ‘nous’, qu’il y a quelque chose pour ‘nous’ à ‘faire’, mais que le dernier `nous’ est ce que nous sommes. Les deux ne sont pas deux incidents temporels, mais un seul. ‘Notre’ urgence à ‘faire’ quelque chose est ce qui ‘nous’ tient liés à la Relativité.


Jean Markale : Du grand œuvre à la pacotille

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C’est en effet une désintégration quasi-absolue de l’être humain que d’ordonner son activité sur un temps abstrait et arbitraire. Où est l’Œuvre dans tout cela ? Et, ce qui est encore plus significatif, c’est que ce mode de vie qui s’impose à nous est non seulement contraire à la philo­sophie naturelle mais encore au marxisme théorique qui affirme que le travail, faisant partie intégrante de la personnalité, est propriété de l’ouvrier. Je voudrais bien voir un ouvrier d’une grande usine, où l’on travaille à la chaîne, conscient d’être le propriétaire de l’objet qu’il contribue à produire ? Je voudrais bien voir un employé d’une quelconque administration conscient d’être le pro­priétaire du travail qu’il accomplit dans le plus complet aveuglement. Il n’y a plus guère que certains privilégiés, artisans et artistes notamment, à pouvoir affirmer qu’ils sont les propriétaires de leurs œuvres.


Shankaracharya - La méditation du matin

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Le matin je vénère Ce qui dépasse toutes les paroles et toutes les pensées, mais par la grâce de quoi sont manifestées toutes les paroles, Celui que l’on appelle le dieu des dieux, le sans-naissance, l’immua­ble, le premier, Ce que les Védas ont désigné par les mots : « pas ceci », « pas cela ».


Seng-Ts'an : Sin-sin-ming

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Invulnérables à leurs atteintes, pour nous elles sont comme si elles n’existaient pas.
L’esprit immobile, où est l’esprit ?
Le sujet sans désir, où est l’objet ?
L’objet inexistant, l’esprit est inexistant.