Jean Herbert : Swami Sivânanda Sarasvati

J’ai parcouru toutes les écritures du monde, lu toutes les doctrines essentielles des principales religions qui sont celles de la majorité des peuples de la terre, mais je n’ai trouvé nulle part une semence qui puisse engendrer la discorde, la désunion, la haine et la désharmonie qui caractérisent la vie de l’humanité d’aujourd’hui. J’affirme que le Seigneur Jésus, le Seigneur Buddha, le Seigneur Krishna, le Seigneur Mahomet, le Seigneur Zoroastre, Confucius, en fait tous ceux qui ont apporté le Message de Vérité pour l’avancement de l’humanité, ont donné le même Message d’Amour et d’Unité, bien qu’en termes différents, afin d’être compris de leurs adeptes.

Charles Hanriot : Autour de Krishnamurti

Or, si nous nous penchons sur les différentes disciplines religieuses, nous constatons partout un processus d’accumulation, de saturation, d’explosion, ou, en d’autres termes, de chaos, de formation, de désintégration. Cette désintégration se produit après un long processus de maturation, le plus souvent sous l’effet d’un choc. Le Zen nous montre des moines cherchant la vérité, passant des années à cette recherche et subissant brutalement le choc provoqué par le maître et qui les mène au satori.

Le mandat céleste de l'homme primordial, un entretien avec Jean Hani

Le roi doit, sur un autre plan que l’autorité spirituelle, mais en accord avec elle, aider l’homme à réaliser sa destinée la plus haute. Et ceci va très loin : il s’agit, en principe tout au moins pour tous, et, à coup sûr, pour une élite, de permettre aux membres de la communauté d’atteindre l’état d’«homme parfait», c’est-à-dire, en somme, de récupérer, autant que faire se peut, l’état de l’homme primitif. Le sens final de la royauté, c’est ce qu’on peut appeler la «royauté intérieure» : l’homme est appelé à retrouver, je le répète, l’état primitif, dans lequel il était, par la volonté divine : «roi de la création», «roi du monde», appelé à régner sur le monde mais en régnant d’abord sur lui-même; c’est ce que l’on peut appeler son «mandat céleste».

Jean Herbert : Chants bauls

Les Bauls du Bengale sont des « fous de Dieu », dont la discipline spirituelle fait une large part au chant et à la danse. Ils cherchent « Celui qui est dans le cœur », le Dieu qu’ils appellent Manermânush et qui est tout amour.

Marcel Hennart : Notes sur les Pacifismes et l'Homme

Cela, le vulgaire ne le comprend guère : ses grandes passions lui, paraissent la marque d’un amour véritable — et il est toujours bien prés de déformer la parole de l’Écriture : « Qui n’est pas pour moi est contre moi ». Néanmoins, le vulgaire veut bien parfois lui tendre la main. Pour autant qu’un point du raisonnement humaniste concorde avec le sien, il cherche à le gagner à la justice de sa cause. Mais bien peu de ces accords connaissent la durée : finalement, l’humaniste est la brebis galeuse, celui qu’on ignore, celui que ne parle point au bas ventre des foules.

le Docteur Hodiamont : Qu’est-ce que l'homéopathie ?

Définissons tout d’abord ce que c’est que l’homéopathie. Ce n’est, en tous cas pas « guérir le mal par le mal », Cette définition est plus mauvaise qui soit et elle fausse le jugement au point qu’un homme très cultivé, ingénieur, me disait récemment : « L’homéopathie ? moi, je croyais que c’était une méthode où, quand on avait un rhume, il fallait se tremper le postérieur dans un sceau d’eau froide… » La vraie définition, quoique encore incomplète, nous parait être la suivante : « L’homéopathie est une méthode de thérapeutique basée sur la loi de similitude et sur les doses infinitésimales. »

Les visions divines de Ma Suryananda Lakshmi

Toutes ces visions portent en elles leur certitude absolue qui demeure même lorsque, sur un plan de conscience inférieur, le doute et la ratiocination les assaillent parfois. Mais elles enseignent elles-mêmes, à la fois, de ne pas s’y arrêter en tant que visions. Elles sont indéniablement réelles, plus réelles que le ciel ou les étoiles que chacun voit. Mais la Réalité qu’elles reflètent est infiniment au-dessus d’elles encore.

Albert Jacquard : Les pièges du nombre

L’exemple le plus flagrant de ce contresens est lié à la constatation que les hommes sont différents : génétiquement cela est une évidence. Le nombre de combinaisons des divers couples de gènes dont nous sommes dotés est si grand, que la probabilité de rencontrer deux individus génétiquement identiques est nulle (les jumeaux monozygotes exceptés) ; à cette différence génétique s’ajoutent tous les écarts dus aux aventures vécues par chacun. Quels que soient les critères que nous retenons, deux hommes ne sont donc jamais « égaux ». Cette constatation d’évidence amène la plupart des esprits, souvent même des esprits présentés comme brillants, à en déduire que certains hommes sont « supérieurs », d’autres « inférieurs ».

Marcel Hennart : Le désespoir existentialiste

Par son reniement même de toute transcendance, JEAN-PAUL SARTRE nous incite à expérimenter l’état du monde en la méconnaissance de son sens profond. Nous trouvons chez lui une vue presque bouddhique : « la diversité des choses, leur apparente individualité n’était qu’une apparence, un vernis ». Mais une fois que Sartre prétend gratter ce vernis, nous voilà bien loin de trouver l’Être dont la Mayâ n’est que le reflet. « La vraie mer est froide et noire, pleine de bêtes; elle rampe sous cette mince pellicule verte qui est faite pour tromper les yeux ».

Marcel Hennart : Contre la guerre

On vous dira que cet état de choses est naturel. La guerre n’est elle point l’expression de la concurrence vitale ? Et cette concurrence ne s’exerce-t-elle point dans tous les domaines du règne animal? Qu’êtes-vous, mes frères, sinon un troupeau de bœufs (boves sueti) parmi lesquels il faut trier? Cette explication est une concession au facile. Mais encore, notre mentalité démocratique ne s’accorde guère avec la précellence de la sélection naturelle. Constater le fait n’est en soi ni bien ni mal. Mais s’y conformer s’oppose à tout respect des droits de l’homme…