Denyse O’Leary : Le retour du cerveau reptilien ? Il semble que non

La culture populaire décrit souvent cette tension comme une lutte entre deux parties du cerveau : un centre plus récent et plus avancé consacré à la pensée rationnelle, et un ancien « cerveau reptilien » qui fonctionne par instinct. Mais l’histoire évolutive du cerveau semble bien plus complexe qu’une simple lutte entre l’ancien et le nouveau. […] Il s’avère que les animaux possèdent des cerveaux très différents, cohérents avec ce dont le reste de leur corps a besoin pour vivre. Et il n’existe pas d’explication simple à la complexité du cerveau humain, qui est peut-être l’objet le plus complexe de l’univers.

Denyse O’Leary : Surestimer le problème de l’interaction esprit-corps

Puisque la science est tout aussi imprégnée d’intentionnalité que toute autre chose, vous devrez éliminer la science elle-même au nom de laquelle vous procédez à cette élimination ; et puisque la philosophie (y compris la philosophie matérialiste éliminativiste) est elle aussi tout aussi imprégnée d’intentionnalité que toute autre chose, vous devrez également éliminer l’éliminativisme. L’éliminativisme est un serpent qui se mord la queue.

Denyse O’Leary : Y a-t-il davantage de scientifiques qui parlent d’un Esprit derrière l’univers ?

Un facteur qui pourrait inciter certains scientifiques à réfléchir plus attentivement à ces questions est le vide intellectuel qui s’ouvre devant l’athée séculier. Par exemple, le physicien théoricien Carlo Rovelli a récemment affirmé qu’il n’existe aucun problème difficile de la conscience : « Nous faisons tous partie de la nature, comme tout le reste dans ce monde merveilleux ». Bien sûr, il peut écarter le problème d’un revers de main, mais cela ne le fait pas disparaître…

Denyse O’Leary : Le panpsychisme : le problème de frontière auquel nous sommes confrontés avec d’innombrables esprits

Je pense que le plus grand problème du panpsychisme est qu’il faut vraiment disposer d’une base scientifique cohérente pour attribuer un esprit à quelque chose. Quel est le critère permettant de dire qu’une chose possède un esprit ? C’est un problème de frontières. Si les électrons ont des esprits, les électrons individuels d’un même atome ont-ils chacun des opinions différentes ? L’opinion de l’atome est-elle simplement la somme moyenne des opinions de ses électrons, ou bien l’atome possède-t-il une opinion qui dépasse celles-ci ?

Denyse O’Leary : Que démontrent les personnes qui sont conscientes, mais dépourvues de cortex ?

Un problème plus urgent est que les matérialistes ne peuvent échapper à ce que j’appelle le problème de la phrénologie. Le matérialisme moderne n’est en quelque sorte qu’une version actualisée de la phrénologie. C’est-à-dire cette idée que le cerveau est comme un ordinateur, et que cette petite zone-là contrôle ceci, cette autre zone contrôle cela. Ou bien ils esquivent la question en disant : « Eh bien, ce n’est pas une zone en particulier qui contrôle la pensée abstraite, c’est l’intégration de toutes ces zones ». Ils affirment que tout cela relève entièrement du monde matériel.

Denyse O’leary : Les personnes ayant un cerveau divisé ont-elles des voies de communication cachées ?

Ce que les neuroscientifiques ignorent de manière scandaleuse, c’est la dichotomie entre ces deux choses : le fait est que, quand on sectionne le corps calleux, les commissures, ou ce qu’on veut couper, on interrompe les perceptions de manière très nette et définitive. Et on n’interrompt pas les conceptions. Et la neuroscience n’a aucune bonne explication à cela.

Denyse O’Leary : L’étonnant fait que révèlent les patients au cerveau divisé

Diviser le cerveau humain en deux peut sembler radical, mais cela a permis d’empêcher des crises d’épilepsie autrement incurables de se propager à l’ensemble du cerveau. Roger Sperry (1913–1994) a reçu le prix Nobel pour avoir découvert les subtils handicaps dont souffraient les patients au cerveau divisé. Il a établi que les hémisphères droit et gauche remplissaient des fonctions différentes. Cependant, en règle général, les patients mènent une vie normale par la suite. Ce qui est étonnant, c’est que, malgré la division radicale de la perception, il n’existe pratiquement aucune division conceptuelle — même lorsque, à toutes fins pratiques, aucune partie de leur cerveau n’a accès à l’ensemble des informations dont le concept dépend.