Martin Ratte : Être soi-même

Être soi-même implique de vivre en ressentant directement son corps et ses émotions. En disant que ce ressenti est direct, on veut dire qu’il n’est pas médiatisé par des pensées mais qu’il est immédiat — sans intermédiaire de pensées ou d’images…

Julian Rose : L’artificiel (ou le contre-nature) : intelligence artificielle, insémination artificielle, réalité artificielle

Toutes les preuves indiquent un déclin constant de la vigueur humaine fondamentale, de la force mentale, du pouvoir de reproduction, de la stabilité psychique, de la sensibilité spirituelle, de la réactivité des organes sensoriels, de la concentration soutenue et du sens commun de la responsabilité sociale. Tout cela se traduit par davantage de stress, d’inquiétude, de peur et d’anxiété générale, qui à leur tour conduisent à l’émergence de nouvelles maladies. Mais la majorité des êtres humains post-industriels restent prisonniers du pouvoir illusoire de la machine de propagande qui prône la « conformité au statu quo » comme priorité numéro un. Même lorsque l’esprit rationnel et le cœur sensible révèlent que cela nous conduit à toute vitesse vers le précipice.

Peter Russell : Le mécontentement auto-créé

Le mécontentement surgit parce que nous imaginons un manque ou un besoin non comblé. Nous supposons que nous ne pouvons pas être heureux tant que nous n’avons pas ce qui manque. Puis, lorsque nous obtenons ce que nous désirons, ce mécontentement particulier n’existe plus. Nous nous sentons mieux. Mais ce n’est pas l’obtention de l’objet de notre désir qui nous a rendus heureux. Nous nous sentons mieux parce que nous ne créons plus le mécontentement qui venait du fait de ne pas l’avoir.

Martin Ratte : L’infini dans nos vies

Un « objet » se présente dans une dimension infinie s’il se donne en dehors de tout cadre (ou de toute limite). Ainsi, l’infini quantitatif, relatif aux nombres, désigne la suite des nombres lorsqu’on cesse de les encadrer ou de les limiter. Il existe aussi un infini qualitatif. Celui-ci concerne les objets et la vie qui nous sont donnés par nos sens. Ces objets peuvent aussi être pris en dehors de tout cadre, de sorte qu’ils se présentent alors dans ce qu’ils ont d’infini.

Peter Russell : Pourquoi la méditation devrait être sans effort

Au cours de mes cinquante années d’enseignement de la méditation, j’ai constaté que le plus grand défi pour les étudiants est de lâcher le contrôle. Ils ne parviennent pas tout à fait à croire qu’ils n’ont vraiment pas besoin d’essayer. Parfois, même les méditants les plus expérimentés, avec des années de pratique, mettent encore un léger effort dans leur pratique. Une fois qu’ils lâchent complètement prise, ils commencent à apprécier à quel point cela peut être sans effort et se retrouvent à plonger plus aisément dans la paix d’un esprit tranquille.

Martin Ratte : Assez des synchronicités !

Nous sommes toutefois, pour la plupart d’entre nous, aveugles à cette interconnexion globale. Pour connaître une telle relation globale, il faut cesser d’utiliser notre pensée et se libérer de notre besoin d’interpréter les choses. Comme on l’a dit plus haut, la pensée (ou l’interprétation) a une portée locale ou limitée, ce qui la rend incapable de saisir l’interconnexion globale du monde et de ma vie. Mais si je ne perçois plus ma vie par le biais de mes pensées ou de mes jugements, comment vais-je lui donner un sens ?

Pascal Ruga : Priorité à l’unité

On ne saura jamais assez tout ce que le mental livré à lui-même peut contenir d’incomplétude. Il faut être d’une extrême vigilance envers soi-même, d’une lucidité à toute épreuve, et cela, sans le moindre soupçon de tension ; ce qui est difficile à concevoir pour la majorité d’entre nous tant nous avons le préjugé de la manière forte, de l’action volontaire, de la conquête du pouvoir, de la victoire à acquérir sur soi-même.

Martin Ratte : En finir avec la compétition !

Chacun de nous est le monde. Cette prise de conscience, nous l’avons vu, est incompatible avec un état d’esprit compétitif. En fait, cette prise de conscience est bien plutôt celle qui nous pousse à la rencontre avec l’autre. En effet, si je ne me sens pas différent de vous, si je sens qu’au plus profond de nous-mêmes, nous sommes identiques, je ne peux qu’aller à votre rencontre. Voilà donc comment nous rencontrons l’autre et collaborons avec lui : en réalisant que nous partageons la même essence.

Martin Ratte : La juste place de la pensée

Nos actions ne se font pas toujours toutes seules. Qu’arrive-t-il si notre action n’est pas habituelle, par exemple, s’il est question de nous rendre en auto à un endroit où nous ne sommes jamais allés. À ce moment, il faut se documenter au préalable sur le trajet. L’Éveillé, tout comme nous, fait évidemment cela. Ensuite, en cours de route, il tire de sa mémoire (ou pense à) chaque information pertinente au moment approprié, disons un nom de rue, et il est à l’affût de cette rue. Donc, ici, l’Éveillé et nous ne sommes pas vraiment différents. En fait, non, il y a une différence : parce que l’Éveillé s’observe, il n’est pas assailli de pensées stupides lorsqu’il cherche sa destination, alors que nous, de notre côté, nous sommes assiégés par des pensées plus sottes les unes que les autres.

Martin Ratte : Trois façons de se comprendre

Trois formes de compréhension de soi : La première consiste à s’observer de manière holistique, sans moi-observateur au centre de cette observation. La seconde compréhension correspond à l’insight. Dans cet insight, nous pénétrons jusqu’au cœur de notre manière de vivre, et nous voyons clairement qu’elle est stupide, voire dangereuse. La troisième compréhension ne transforme pas, mais est déjà le fruit d’une transformation en quelque chose de non mental. Cette compréhension de sa vie doit être comprise comme une sensibilité à sa vie.