« Pratyahara » est un terme qui signifie littéralement « retrait des sens vers l’intérieur ». Nous opérons un retrait de ce genre chaque fois que nous oublions le monde extérieur pour nous concentrer sur une tâche qui nous passionne, ou bien lorsque nous sommes sollicités par quelque fonction naturelle comme l’endormissement qui réclame le retour de la conscience en nous-mêmes. Un tel repli s’opère automatiquement chaque fois que nous basculons de la veille au sommeil. La nature nous a dotés d’une capacité d’isolement sensoriel qui a sa contrepartie dans la physiologie du système nerveux. Sans la faculté de s’abstraire, un être humain ne connaîtrait jamais, ni l’inspiration artistique, ni le repos mental. Car c’est la porte ouverte à la création aussi bien qu’à la ré-création. Par un « décrochement » spontané ou appris, on modifie ses ondes cérébrales. Le Pratyahara se signale sur le tracé encéphalographique par le passage des ondes Bêta rapides aux ondes Bêta lentes, puis aux ondes Alpha.
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Micheline Flak : Éduquez votre regard
Nous avons tous l’expérience d’avoir un jour été en face de quelque chose dont le souvenir nous échappe. Où avions-nous la tête ? Nous avions les yeux ouverts, pourtant ! La même chose se produit pour l’écoute tant il est vrai que la présence d’esprit est nécessaire si l’on veut stimuler la mémoire. L’une des plus anciennes Upanishads de l’Inde dit cela très clairement : « Mon mental n’était pas là. Par conséquent, je n’ai rien entendu ».
Dagpo Rimpoché : Le mental et les facteurs mentaux selon le bouddhisme tibétain
Prenons encore deux malades atteints de la même maladie. Si l’un d’entre eux sait très bien comment penser, son corps sera évidemment affecté par la maladie, mais sans plus. Par contre l’autre qui ignore comment conduire une réflexion favorable, aura en plus de la maladie physique à assumer, à faire face à de l’inquiétude. Elle va se morfondre. Et finalement elle devra agir et supporter beaucoup plus de souffrance que la première malade. Ceci est quelque chose de très aisé à comprendre. C’est l’évidence même et la plupart d’entre nous ont sans doute l’expérience de ce genre de cas qu’ils ont pu rencontrer maintes fois. Ce n’est donc pas quelque chose de terriblement abstrait, compliqué et difficile à comprendre. Tous ces états, le bonheur et le malheur viennent de l’Esprit. Et si l’on parvient à bien se maîtriser, à bien se contrôler, c’est-à-dire à penser correctement, à bien réfléchir, on sera toujours satisfait.
Patrick Lebail : L’action, la foi et la sécurité
On pourrait dire que l’attention aux actes soit une méthode, mais en fait il y a une voie, une marche et un objectif. Il y a une polarisation effective, un objectif de perfection humaine et universel qui est à dépister. Le mot est pris dans un sens extrêmement dynamique et implique une vision pénétrante qui, dans une individualité qui n’est pas d’une nature très portée à la dialectique, mais très contemplative, produit un épanchement de l’action qui finit par être vécue comme quelque chose de non-individuel.
Robert Linssen : Le zen et l'art de conduire
Vers 1950, le professeur D.T. Suzuki, donnait à New York une série d’exposés traitant de l’art de conduire. Une étude attentive du Zen nous montre immédiatement les rapports existant entre l’art de conduire et l’exercice d’une attention parfaitement adéquate. Chaque année les accidents de la route font des ravages aussi graves qu’une guerre meurtrière. Les causes principales de ces accidents sont de quatre ordres : distractions, refus de priorité, excès de vitesse et dépassements dangereux — les accidents résultant de défaillances purement mécaniques étant plutôt rares.
Robert Linssen : La disponibilité spirituelle
La plupart des formes élevées du mysticisme et des sciences de la vie intérieure, énoncent une même exigence comme condition indispensable à toute révélation intérieure et tout éveil spirituel. Cette exigence peut être résumée en deux points qui dépendent l’un de l’autre.
René Fouéré : Lucidité, analyse et jugement
Il nous faut inlassablement mettre en question cette mosaïque d’opinions reçues, tous les éléments de cette verrière colorée qui nous dérobe la lumière blanche, la lumière directe de l’expérience. Une telle mise en question ne peut être opérée que par un individu qui s’est « idéologiquement » détaché du milieu, qui a consenti à la solitude perplexe de sa propre pensée. La connaissance de soi, nous dit Krishnamurti, ne passe pas par « l’introspection » (Sur le sens donné par Krishnamurti au terme « introspection », des réserves s’imposent que nous préciserons plus loin.): en essayant d’analyser sur le vif un sentiment qu’on éprouve, on le détruit.
René Fouéré : De la prise de conscience partielle à la prise de conscience totale ou le chemin de la libération
L’action de la prise de conscience est, comme je l’ai déjà dit, un phénomène psychologique naturel qu’on observe, dans la vie courante, lorsqu’on découvre soudainement et perçoit très clairement qu’une conduite particulière est, de façon indiscutable et flagrante, foncièrement et irrémédiablement inapte à produire l’effet, le résultat qu’on en attendait et en vue duquel on l’avait adoptée. Cette perception entraîne une chute, un retrait instantanés de l’énergie et de l’attention qui se trouvaient jusque-là investies dans la mise en œuvre et l’entretien de cette conduite.
René Fouéré : « Etre » ou « être » pour « faire »
Comme si, incertain d’être là, inquiet de soi, on voulait se rassurer en se donnant la certitude de sa propre présence au monde. Comme si l’on voulait sortir de soi-même, en quelque sorte, pour se donner le spectacle, matériel ou psychologique, de sa propre existence effective. Ou encore comme si l’on voulait se trouver en mesure de dégager de sa propre conscience un observateur qui, de l’extérieur, se ferait le témoin de soi. En fait, ce témoin extérieur ne serait qu’une illusion de témoin. Car il devrait faire encore partie de la conscience s’interrogeant sur l’existence d’elle-même, sur la réalité de son être. S’il en était autrement, elle ne pourrait, en effet, avoir un accès intime à la conscience dudit témoin, elle ne pourrait entrer en lui.
Alexandra David Neel : La discipline spirituelle bouddhiste
Une attention soutenue, des investigations perspicaces nous montrent que nous ne sommes pas une unité mais une pluralité, que nous abritons, temporairement, des hôtes d’origines différentes, venus de toutes les directions de l’univers, en longues suites de causes et d’effets entremêlés, sans qu’il nous soit possible de leur découvrir un point initial de départ.