Arnaud Desjardins : Soyez « un » pour vivre dans le monde réel

Cette vigilance n’est concrètement réalisable que si vous pouvez être à la fois conscient de l’extérieur, des gens qui vous parlent, des situations existentielles dans lesquelles vous êtes inséré et conscient de vous-même en train de vivre ces situations, conscient de ce qui se passe en vous. Vous devez avoir un regard à la fois sur l’extérieur et sur vous-même afin qu’aucune de vos réactions ne vous échappe. C’est le cœur du Chemin, croyez-moi, et tout le reste n’est que des à-côtés destinés à intensifier cette conscience de soi et à diminuer la puissance du sommeil et de l’identification avec les formes.

Geoffrey Farthing : L’extérieur et l'intérieur

Nous sommes presque totalement conditionnés pour penser aux « choses » en fonction du temps, de la grandeur et de l’intensité. Si nous voulons, cependant, pénétrer vraiment la nature du domaine spirituel intérieur, il nous faut, d’une façon ou d’une autre, changer complètement l’orientation de notre pensée, de notre point de vue. Nous devons abandonner un grand nombre de concepts que nous avons jusqu’à présent employés pour comprendre la nature du cosmos. H.P.B. nomme ce processus de fabrication des concepts, la fabrication des images et elle dit que nos images doivent changer continuellement. Il semble qu’à la fin nous devions les abandonner complètement. Nous devons trouver une autre façon de faire.

Robert Pagès : La méditation sauvage

Ce qui est plus digne d’intérêt encore, c’est que vous acquérez imperceptiblement, mais de plus en plus infailliblement, la conscience d’une autre réalité de votre être, obnubilée le plus souvent par sa réalité courante, habituelle. Vous devenez de jour en jour, de mois en mois, plus familier avec cette structure — dont je ne puis affirmer avec certitude qu’elle résulte de la cristallisation de vos efforts de présence à vous-même, ou qu’elle leur préexistait, que vous l’avez simplement dévoilée, — Ce qui ne soulève aucun doute par contre, c’est la totale nouveauté, la parfaite originalité de cette configuration intérieure, de ce complexe de présence et d’énergie potentielle — je ne sais comment le nommer!

Robert Linssen : Richesse des perceptions globales immédiates

La signification et le rôle véritable des perceptions naturelles les plus simples nous échappent complètement. Un potentiel de révélations et d’enrichissements constants existe dans le simple fait de voir, d’entendre, de toucher, de respirer. Nos activités sensorielles n’ont plus le lien naturel ni le contact qu’elles devraient avoir avec notre nature profonde et celle de l’Univers. Elles se sont progressivement endormies dans l’inattention, l’habitude, la banalité, l’indifférence. La finesse d’architecture cellulaire du corps humain, le système nerveux et le cerveau donnent cependant la possibilité de perceptions plus profondes. Celles-ci permettent d’accéder naturellement à l’infinitude d’horizons intérieurs dont la découverte volatilise les barrières de temps et d’espace qui nous emprisonnent.

Micheline Flak : Le yoga trait d'union - pédagogie d'Orient - pédagogie d'Occident

« On n’enseigne pas ce qu’on sait, on enseigne ce qu’on est ». L’adage n’est en vérité ni d’Orient, ni d’Occident. Il n’appartient ni au passé, ni au présent. La validité en est universelle et l’enseignement quand il le véhicule n’en a pas davantage le monopole. Devant un chef-d’œuvre, et c’est aussi vrai des découvertes scientifiques, on oublie le pays d’origine.

Robert Linssen : La flamme de l'attention

Mais « qui » est attentif lorsque toutes les habitudes mentales, tous les choix, toutes les répulsions, tous les automatismes mentaux de l’ego sont absents ? Et d’où émane la prodigieuse intensité d’énergie qui se révèle lors d’un silence intérieur véritable (qui ne résulte plus d’une volonté de l’ego) ?

R. Linssen : La perception globale immédiate

A chaque instant, des pensées se présentent dans le champ de notre esprit. Elles se présentent sous forme de mots, d’images. Très souvent, ces pensées n’ont pas été choisies de propos délibéré pour répondre adéquatement aux circonstances. Ce sont les pensées que S. Freud et St. Zweig appelaient les pensées « intruses ». En bref, elles sont là. Elles sont là comme autant d’échos constants, automatiques, rapides du passé dont l’ombre portée masque la clarté du Présent

Louis Pauwels : Etat de conscience et la possession de soi

Toutes les traditions spirituelles disent la même chose : qu’il faudrait avoir la puce à l’oreille et se réveiller. « Éveille-toi, dormeur, éveille-toi ! » Il faut aller contre cette nature lâcheuse qui ne nous a qu’ébauchés. Contre cette nature endormeuse qui nous rend contents de si peu. « Veiller est tout. » Il faut, avec une volonté de démiurge, essayer de changer d’état. Alors se dévoile le sens de la parole sibylline selon laquelle « être, c’est être différent ».

Micheline Flak : Devenez calme et attentif

L’attention et le calme sont tenus, et pas seulement par les étudiants de yoga, pour des accomplissements précieux. Cela se comprend : le jumelage de ces deux qualités entraîne une meilleure santé physique et mentale, et une efficacité accrue dans le travail journalier et la recherche intérieure. Tout le monde en conviendra aisément. Cependant un souci de réalisme nous oblige à avancer une réserve : l’agitation et la dispersion mentale ne sont pas l’apanage de notre époque ; elles font partie intégrante de la vie depuis que le monde est monde.

Micheline Flak : Vivre avec le bruit

« Pratyahara » est un terme qui signifie littéralement « retrait des sens vers l’intérieur ». Nous opérons un retrait de ce genre chaque fois que nous oublions le monde extérieur pour nous concentrer sur une tâche qui nous passionne, ou bien lorsque nous sommes sollicités par quelque fonction naturelle comme l’endormissement qui réclame le retour de la conscience en nous-mêmes. Un tel repli s’opère automatiquement chaque fois que nous basculons de la veille au sommeil. La nature nous a dotés d’une capacité d’isolement sensoriel qui a sa contrepartie dans la physiologie du système nerveux. Sans la faculté de s’abstraire, un être humain ne connaîtrait jamais, ni l’inspiration artistique, ni le repos mental. Car c’est la porte ouverte à la création aussi bien qu’à la ré-création. Par un « décrochement » spontané ou appris, on modifie ses ondes cérébrales. Le Pratyahara se signale sur le tracé encéphalographique par le passage des ondes Bêta rapides aux ondes Bêta lentes, puis aux ondes Alpha.