Ivan Illich : Médicaliser du berceau à la tombe

[…] si je voulais décrire la médecine des années 80 à l’intention de « quelqu’un d’ailleurs », en quels termes moi, un profane, le ferais-je ? Comment en parlerais-je à un martien, ou à sainte Hildegarde de Bingen, ou à un médecin du milieu du XIXe siècle ? Pour commencer, je dirais que le généraliste d’aujourd’hui est toujours diplômé d’une école de médecine, ce qui n’était pas la règle en d’autres temps ou lieux. J’expliquerais ensuite qu’il est, par excellence, le dispensateur professionnel de soins dont la fonction s’est développée à partir de la sollicitude pastorale organisée par le clergé. Il est formé à établir un diagnostic scientifique de chaque « cas » ; il doit évaluer les conditions physiologiques; psychologiques, sociales et environnementales de chaque patient — conditions sur lesquelles il a encore moins de prise que l’intéressé…

Dr. Dimitri Viza : Réflexions sur les paradigmes en biologie

Il faut se rappeler comment un paradigme se crée et vit dans la société actuelle, incarné par des hommes. Sa maturation, c’est-à-dire son épuisement, suit un chemin similaire à la « maturation » du scientifique et peut rappeler certains aspects de la différenciation cellulaire pendant le développement de l’embryon. Ainsi, au cours des divisions cellulaires successives s’opère une restriction, une diminution progressive de l’éventail des possibilités. Aux « mitoses créatrices » (mitose : division cellulaire) capables de donner naissance à quelque chose de nouveau, succèdent les « mitoses monotones » reproduisant des copies conformes des cellules qui ne se divisent que pour résister à l’usure du temps. L’instabilité, créée par une division, doit toujours précéder toute différenciation cellulaire : il en va de même pour la différenciation du paradigme.

René Dubos : Médecines traditionnelles et médecine de demain

Un Prix Nobel, biochimiste extrêmement célèbre avait étudié la chimie des sucres. Il découvrit avec son équipe de chercheurs que leurs cobayes avaient une chimie du sucre tout à fait différente selon les saisons et cela, dans les mêmes conditions et aux mêmes températures. Lorsqu’un jour, j’ai demandé à ce chercheur pourquoi il n’avait pas continué ce travail, il me répondit : « ce que nous voulions comprendre, c’étaient certains mécanismes chimiques »…

le Docteur Maud Cousin : Homéopathie et acupuncture

Le principe même de l’homéopathie est basé sur cette loi des similitudes : si une substance donne un trouble à quelqu’un de sain qui la prend, cette même substance, à faible dose, est capable de supprimer ces mêmes troubles chez quelqu’un qui présente les symptômes en question. Par exemple la quinine à forte dose est capable de donner de la fièvre et des maux d’estomac, mais si on a une crise de paludisme et qu’on en prend de petites doses, on guérit.

le Docteur Maud Cousin : Les diagnostiques

L’organisme assimile mieux les petites doses. En allopathie on est toujours tenté de donner de fortes doses. Or quand on est fatigué on ne peut assimiler beaucoup. On peut être intoxiqué avec la Vitamine B 12 qui provoque des démangeaisons à forte dose, surtout en piqûres, parce que l’élimination est moins facile. L’intoxication médicamenteuse est quelquefois le revers des soins…

le Docteur Hodiamont : Qu’est-ce que l'homéopathie ?

Définissons tout d’abord ce que c’est que l’homéopathie. Ce n’est, en tous cas pas « guérir le mal par le mal », Cette définition est plus mauvaise qui soit et elle fausse le jugement au point qu’un homme très cultivé, ingénieur, me disait récemment : « L’homéopathie ? moi, je croyais que c’était une méthode où, quand on avait un rhume, il fallait se tremper le postérieur dans un sceau d’eau froide… » La vraie définition, quoique encore incomplète, nous parait être la suivante : « L’homéopathie est une méthode de thérapeutique basée sur la loi de similitude et sur les doses infinitésimales. »

Claudine Brelet-Rueff : La médecine sacrée en Égypte

En Égypte, science et religion sont étroitement liées. Les médecins-magiciens ne prétendent pas être les auteurs des incantations et des exorcismes, des préparations médicamenteuses ou autres techniques thérapeutiques : ils apprennent leur science et leur puissance dans les « Maisons de Vie », sortes de temples-universités, léguées directement par Thot, le dieu compatissant que Râ, le dieu soleil, chargea de protéger l’humanité. Leur savoir leur vient directement des dieux.

swami Satyananda Sarasvati : Médecine moderne et yoga

Mon Guru Swami Sivananda était un grand médecin. Un jour je lui ai demandé : « Pourquoi avez-vous abandonné la médecine ? » Il m’a répondu : « Les maladies humaines sont au-delà du cadre médical. Les médicaments ne peuvent guérir les souffrances morales ni éloigner le chagrin. Les drogues ne peuvent aider l’être humain à dépasser leurs émotions. C’est pourquoi j’ai choisi le yoga à la place de la médecine. »

Maud Forget : Les précurseurs de la médecine psychosomatique

L’Orient, qui a quelques millénaires d’avance sur nous dans son investigation psychosomatique, est une source d’informations à laquelle vont puiser maintenant les membres du corps médical occidental. Les anciens psychologues, pour faciliter leurs observations, avaient divisé l’homme en trois corps (trois sharira). Chacun de ces sharira est composé d’un certain nombre de kosha. Le mot kosha est évocateur, il se traduit par gaine, enveloppe, cosse.