Frédéric Lionel : Mysticisme et gnose

A défaut de Sagesse l’homme finit par tomber dans la fange de la plus profonde des superstitions. Ce fut le cas lorsque le courant gnostique fut condamné par les théologiens, non seulement parce que bien des courants paragnostiques le discréditèrent, mais aussi parce que, prétendirent-ils, l’évolution des hommes ne les avait pas préparés à pénétrer le sens caché d’une transmission initiatique comportant des pouvoirs donc des dangers.

Frédéric Lionel : L'éternel féminin, intemporelle énigme

La femme symbolise et incarne l’univers mystérieux de la féminité, terme imprécis qui recouvre un secret, non sans rapport avec le monde souterrain et ses mystères. Il faut chercher en ce fait l’origine d’un symbole féminin, celui du serpent. L’Uraeus, signe de l’initiation suprême, orne le front des divinités égyptiennes et le Pschent, la coiffure des Pharaons. L’Uraeus représente, effet, le serpent femelle, le Naja, initiateur aux Mystères…

Salomon Lancri : L'apprentissage de la sagesse

Tous ceux qui sont familiers avec l’enseignement de Krishnamurti ne peuvent manquer d’être frappés par la similitude de cet enseignement avec ces conceptions des Bouddhistes. Ce que recommande Krishnamurti et qu’il appelle la vraie méditation n’est autre, somme toute, que l’attention parfaite des Bouddhistes. Seule une lucidité constante peut mener, dit-il, à la découverte du Réel, qu’il nomme l’Amour et qu’il définit comme « une forme différente de vie, de mouvement, qui est au-delà du temps »

Ma Suryananda Lakshmi : L'Évangile selon Thomas

Chaque vie est spécifique et le Seigneur est toutes les vies, qu’elles soient différentes, inégales, c’est toujours le Seigneur, et elles sont toutes incomparablement précieuses. Les êtres sont fondamentalement inégaux, nous n’en voulons comme preuve que la maladie, la nature. Cette égalité tant prônée actuellement, va si loin qu’elle nous enlèvera jusqu’à la possibilité d’être inégaux, cette inégalité étant une richesse. Krishna, dans la Bhagavad Gîta dit : « Comme l’homme vient à moi, ainsi je le reçois ».

PATRICK LEBAIL : L’érosion intérieure

Le détachement peut être un simple piège de l’entendement, on ne laisse tomber que les choses qui ne vous plaisent pas, il n’est pas le résultat d’un projet. Il s’établit une compensation, un autre état de chose. Ce n’est pas nous qui les faisons, c’est la nature. Nous-mêmes, nous arrivons à déclencher quelque processus. En vérité, il s’agit d’une évolution à partir de laquelle nous pouvons pressentir quelque chose affectivement. Il nous faut alors être complètement ouverts à ce qui va se passer. D’où la nécessité d’acquérir la modalité de silence et de détachement vis-à-vis de sa propre pensée, de son intérêt pour soi-même, de ce qu’on est.

Patrick Lebail : L’action, la foi et la sécurité

On pourrait dire que l’attention aux actes soit une méthode, mais en fait il y a une voie, une marche et un objectif. Il y a une polarisation effective, un objectif de perfection humaine et universel qui est à dépister. Le mot est pris dans un sens extrêmement dynamique et implique une vision pénétrante qui, dans une individualité qui n’est pas d’une nature très portée à la dialectique, mais très contemplative, produit un épanchement de l’action qui finit par être vécue comme quelque chose de non-individuel.

Patrick Lebail : La Solitude spirituelle

Trois sens connexes peuvent être donnés au mot solitude : 1° son aspect psychologique, émotionnel, 2° l’isolement dans le sens d’indépendance pouvant être ressenti agréablement lorsqu’on vit dans un cadre oppressant, fût-ce celui de la famille, 3° la solitude, manque de contact avec les autres, mais aussi le sentiment d’être un être en soi et à la limite l’absence de l’autre n’est plus éprouvée comme bonne ou mauvaise, parce que la différence entre les êtres et les choses est abolie.

La découverte de la vie dans ma vie Un entretien avec Jeanne Guesné

Un enfant né à six mois et demi ne vivra pas; à sept mois on le mettra en couveuse et il vivra. De même pour un bouton de rose sur le rosier: si on sait quand et à quelle hauteur de la tige le couper et que l’on met cette tige dans l’eau, la fleur s’épanouira. Cela se situe précisément dans le temps et dans l’espace. Quelques millimètres en amont ou une journée plus tôt, la fleur serait morte. Et bien pour nous c’est pareil; c’est ici que le travail doit se faire. Seulement nous l’oublions constamment, préoccupés par des notions de rendement, d’efficacité, de techniques qui ont, certes, leur utilité. Mais servons-nous d’elles et ne nous laissons pas prendre par elles. N’oublions pas, encore une fois, que l’homme a un rôle à jouer, qu’il n’est pas là pour rien.

Henri Tracol : Homme, ciel, terre

Dans ce désordre, à quoi faire confiance ? Sensations, pensées, humeurs du moment nous entraînent dans leur tourbillon. Derrière leurs formes éphémères je pressens bien une réalité plus essentielle et plus durable, mais la seule constatation honnête est celle de mon incapacité à saisir d’emblée le jeu de forces qui la détermine.

Jean-Louis Siémons : Comment réaliser le Divin dans l'homme ?

On peut réaliser (ou croire réaliser) des chimères, s’envoler dans le rêve. Beaucoup de mystiques, obnubilés par les mêmes pensées, ont cru « réaliser Dieu », ou le rencontrer, ou vivre dans son Amour, sa Lumière, etc. L’imagination active, le « besoin de Dieu » (ou de l’amour personnel, mais licite, car transfiguré), l’attente, dans l’oubli du monde décevant, etc. tout a pu créer les conditions favorables à ce genre d’expérience mystique. Dans bien des cas, le mystique a des dispositions innées (karmiques), qui lui accordent des expériences (peu courantes pour le commun des mortels) de nature à lui faire découvrir des voies pleines de promesses : visions, voix qui appellent, ou ordonnent, rencontres qui changent la vie. La foi est stimulée : Dieu est là, quelque part, il faut répondre à cette révélation troublante ! Ici, s’ouvre la porte d’une démarche intérieure (parfois favorisée par le retrait loin du monde, dans le silence du « Désert », ou d’un monastère où l’on cherche refuge, etc.).