Mot cle : Zen
Vrai zen par Janine Monnot
Le sens du Zen est si profond qu’il est sans fond. Il n’a ni poids ni forme, ni présupposé, ni concept, ni murs ni limites. C’est notre vie même, la vraie Vie dont le courant à traÂvers plaines et vallées, torrents et monts, rocs et préciÂpices ou vertes et riantes clairières, sans frontières, sans proche ni lointain, sans commencement ni fin, s’écoule éternellement, infiniment fluide, totalement incorporée à la métastructure de l’Univers.
Le temps selon maître Dogen par Maitre Taisen Deshimaru
Ne pensez pas au temps comme s’envolant simplement au loin, il y aurait séparation entre le temps et vous-mêmes. Si vous pensez que le temps est juste un phénoÂmène qui passe, vous ne comprendrez jamais l’Être-Âtemps. La signification centrale de l’Être-temps est que chaque être dans le monde entier est relié aux autres et ne peut jamais se séparer du temps. L’être est le temps et par conséquent mon propre temps véritable. CepenÂdant, il y a un mouvement du temps dans le sens de se mouvoir d’aujourd’hui à demain, d’aujourd’hui à hier, d’hier à aujourd’hui, d’aujourd’hui à aujourd’hui, de demain à demain. Ce mouvement est caractéristique du temps. Passé et présent ne peuvent se recouper, ils sont indépendants et ne chevauchent pas. La tâche difficile des professeurs est de nouveau l’Être-temps. La plupart des gens pensent que le temps passe et ne réalisent pas, qu’il y a un aspect qui ne passe pas. Réaliser cela est comprenÂdre l’Être. Ne pas le réaliser est aussi l’Être… Car la réalisation et l’ignorance sont l’une et l’autre contenues dans l’Être-temps. Rappelez-vous cependant que l’Être-Âtemps est indépendant des idées. Il est l’actualisation de l’Être.
Avant le silence
Quel est exactement la nature de l’esprit ? En résumé, l’esprit n’est autre que la connaissance de soi. Se connaître, c’est reconnaître le jeu de la conscience, être conscient des impressions reçues ou des images captées par elle. Etre conscient de ce jeu, est une expérience absolue et pure, qui n’enferme ni sujet « connaissant », ni objet « connu ». Ces deux éléments se sont fondus en une seule entité : le sentiment pur. Les sages du bouddhisme et ceux de toutes les religions, ont prouvé au cours des siècles le caractère intrinsèque et indivisible de cette entité.
Alan Watts, histoire d’un échec par Jacques Brosse
En effet, ce sursaut de révolte, commun à tous les adolescents, avait entraîné le jeune Watts dans une quête passionnée de connaissances essentielles — de la Connaissance tout court. Non seulement, à quatorze ans, il lit Lao Tseu et Vivekananda, les Upanishad et la Bhagavad-Gîta, mais, payant de sa personne, il pratique la respiration profonde du Yoga, puis s’engage même tout seul dans les périlleux exercices du Raja Yoga, lesquels le conduisent promptement à l’infirmerie de son collège. Il cherche et finalement, par hasard comme toujours, il trouve. Un livre sur l’enseignement du Bouddha l’éclaire ; entre les pages jaunies, il découvre un prospectus avec une adresse, celle de la Buddhist Society fondée en 1924 à Londres par Christmas Humphreys. Existait donc tout à côté de lui ce à quoi il aspirait, le lien avec le lointain Extrême-Orient.
Le koan une parole-parabole pour l’adepte zen par Taïkan Jyoji
Comment s’y prendre pour accéder à soi-même ? Avoir la Vue juste, la vue qui permet de voir avec l’Å“il de l’esprit n’est pas une petite affaire. Voir dans sa véritable nature signifie vivre cette nature, dépouillée de tout le fatras d’idées, de conceptions, de théories, de conjectures, de fausses croyances. Celui qui cherche avec sa tête, seule partie qui fonctionne encore un peu chez l’individu de cette fin de siècle, s’efforce de résoudre toutes les questions avec l’intellect. Mais quoi que l’on pense, on ne trouve pas, car l’éveil, si on veut le saisir, nous échappe. Il nous échappe également si on ne veut pas le saisir.
Par delà les opposés bien-mal / noir-blanc/ naissance-mort / jour-nuit/ jeune-vieux par Muriel Daw
Plus on s’éloigne des extrêmes, plus on est libre. Il est merveilleux de ne pas être, par contrainte, séduit par un raisonnement, de ne pas sentir qu’on doit prendre parti. C’est seulement l’égo avide qui a besoin d’avoir une opinion et d’arriver à une conclusion. Seul l’égo personnel a besoin de se « reposer sur un principe ».
Jacques Brosse: Le gout de l’aventure intérieure entretien avec Jean Biès
La démarche intérieure a toujours eu pour moi un très grand attrait, depuis l’introspection de l’adolescence. Quand j’ai rencontré les doctrines psychologiques, j’ai compris que les livres qui m’en avaient parlé ne pouvaient pas être vraiment compris si l’on ne pratiquait pas soi-même, ce qui fut dès lors mon souci constant : chaque fois que j’ai rencontré une discipline, j’ai essayé de la pratiquer…
Zen et peinture japonaise par Roger Van Malder
Les peintres zen avaient maîtrisé leur technique. Bon nombre d’entre eux avaient aussi pacifié leur mental. La combinaison de ces deux éléments confère à leurs Å“uvres un prix, une importance unique, jamais ou trop peu soulignés. Leur peinture possède ces qualités fondamentales : modestie, pudeur, effacement, tranquillité, vigueur, profondeur, lucidité. Elle est foncièrement non-sentimentale, supra-intellectuelle, irrationnelle, impersonnelle, non-mentale, intuitive. Sa maturité psychologique et spirituelle, alliée à son frémissement, lui confèrent une saveur incomparable.
Quand la vision est non-vision par Dominique Casterman
Croire que l’éveil consiste à voir, à l’aide d’un mental nettoyé de ses poussières, l’ »ultime réalité » comme un fait objectif se reflétant sur le miroir brillant de l’intellect, c’est rester prisonnier du processus qui consiste à se considérer comme un chercheur du trésor spirituel vu comme l’objet ultime de notre quête. Après avoir cherché, il est bon d’arrêter car en arrêtant de chercher on trouve la présence de Cela qui est.
Peinture sans cadre par Alan W. Watts
Connaître l’univers uniquement en termes de nos catégories, de nos cadres de valeurs est exactement ce que la philosophie indienne désigne par « maya ». Elle nous enseigne qu’une telle connaissance est en un certain sens une illusion. Le terme « maya » est en relation avec nos mots « mètre », « matrix » et « matériel ». Il provient de la racine sanscrite « matr- » signifiant « mesurer ». Toute mensuration est une mise en catégorie, une limitation dans un cadre, une description, comme un cercle est décrit par un compas, comme les minutes sont marquées sur une horloge. Tout ceci constitue le réseau fragile des abstractions à l’aide desquelles l’esprit humain tente de saisir le monde, mais c’est finalement toujours en vain.






