Tia Kansara : Le corps à l’écoute, entretien avec John Stuart Reid

Si nous comprenions vraiment que chaque voix entre physiquement dans le monde et l’affecte, parlerions-nous différemment les uns aux autres ?
Les anciens semblent avoir détenu ce savoir sous forme de pratique bien avant que quiconque ne le détienne sous forme de mécanisme. Dans Music and Musicians in Ancient Egypt de Lise Manniche, une ligne rituelle dit : le sistre, le hochet aux sonorités aiguës et scintillantes, présenté aux narines de l’officiant, afin qu’il puisse procurer le souffle rajeunissant.

Catherine Coldstream : La musique et l’ineffable divin

Tout au long de l’histoire de l’humanité, la musique a été considérée comme un moyen de nous relier au divin. Rabindranath Tagore la décrivait comme « la forme d’art la plus pure », tandis que Beethoven la voyait comme « l’unique entrée incorporelle dans le monde supérieur de la connaissance qui embrasse l’humanité, mais que l’humanité ne peut embrasser ». Dans cet article, l’écrivaine, mentore et ancienne religieuse carmélite Catherine Coldstream contemple la relation entre le silence, la parole et la musique dans notre expérience de l’ineffable ; la correspondance « sublime » entre la musique et les harmonies de l’univers, ainsi que son propre amour pour les derniers quatuors à cordes de Beethoven. « Le don de la musique nous parvient comme la pluie ou la rosée ou l’inspiration, comme beauté, comme gratuité ».

L'homme à l'écoute du cosmos, entretien Alfred A. Tomatis et Christine Hardy

Pour moi, je crois que nous sommes en train de développer délibérément une psychologie de la haine, qui est à l’inverse de la progression et ceci au bénéfice de quelqu’un. Ce quelqu’un, c’est une même synarchie qui dirige tout à l’envers. Les gens n’arrivent jamais à atteindre un plan assez haut pour se rendre compte que celui qui suscite les guerres militaires, de religion ou de partis fait partie d’une même synarchie. Et notre travail c’est de l’éviter. Plus vous chercherez une vérité, plus vous aurez cette synarchie aux trousses. Et nous devons être frappés d’humilité. Je pense qu’à tout moment nous devons nous rappeler que nous ne sommes rien : 80 % d’eau… et quelques sels minéraux. Mais nous devons aussi nous rappeler que nous sommes un rien qui écoute.

Murshida Sharifa Goodenough : Apprendre et désapprendre

Maintenant, dans la vie spirituelle, les données sont différentes de celles du monde : l’abandon des trésors, de ce que nous avons pris l’habi­tude de considérer comme nos trésors, est une condition essentielle. On peut dire que tout le progrès dans cette voie est cela. Et la première chose est d’abandonner le trésor de son savoir. Toute sa vie, on a appris qu’une chose était telle. Et il s’agit de l’oublier pour un moment, de la voir d’un autre point de vue, de différents points de vue ; par exemple du point de vue de celui dont on s’est approché pour qu’il soit le guide spirituel dans ce sentier.

Jean Klein : Au-delà du connu

Comment faut-il concevoir le silence et son opposé ? Si vous voulez vous défaire de l’agitation en vue d’un état de silence, vous rejetez, vous agressez, vous vous défendez, par contre, si vous l’acceptez, l’agitation qui fait partie du silence se perd et se fond en lui; vous atteignez le silence du soi, au-delà du silence et de l’agitation. Il ne faut pas vouloir se défaire de l’agitation, en restant à son niveau, il faut en avoir une écoute totale, elle se meurt alors dans le silence, car elle n’est rien d’autre que silence.

Alfred Tomatis : Son et énergie

La verticalité est la condition nécessaire pour que les sons soient assimilés avec un maximum d’informations à absorber. Ils sont évidemment choisis. Ils émanent de sources les plus variées et sont soigneusement transmis à l’oreille de l’écoutant. Dans le cas présent, une dépendance s’établit entre le récepteur et l’émetteur, entre l’oreille à l’écoute et l’instrument producteur de sons. L’idéal recherché est atteint lorsque le sujet à l’écoute parvient au stade où il est en même temps l’émetteur produisant lui-même les sons.

Michel Guillaume : Écouter

Trop souvent en effet nous nous imaginons que comprendre les gens doit consister à les écouter pour les amener ensuite au point de vue que nous jugeons utiles pour eux. C’est une attitude essentiellement dirigiste, paternaliste, qui nous anime. Mais l’expérience originale de Carl Rogers est toute autre: le seul fait de notre compréhensive passivité peut amener un changement fondamental chez l’autre

A l'écoute de soi pour comprendre l'univers. Un entretien avec le docteur Tomatis

Il est difficile de définir l’écoute pour plusieurs raisons. D’abord, sous prétexte que l’on a des oreilles, tout le monde croit pouvoir écouter. Pour une meilleure définition, il faut distinguer «entendre», qui est quelque chose de passif, et «écouter», qui prend une autre dynamique d’activité dans laquelle est impliquée la volonté. Écouter, c’est «tendre» l’oreille volontairement; entendre, c’est se laisser inonder de sons, tout en pouvant éventuellement penser à autre chose. Se prendre à écouter, c’est tendre tout son corps vers l’autre…