Iain McGilchrist et Carrie Gress : Le féminisme et au-delà

Il me semble qu’à notre époque, il existe une guerre contre le corps et contre la nature. Dans ce contexte, on nous encourage aujourd’hui à ignorer le rôle de l’hérédité biologique et à prétendre que la réalité est ce que nous voulons qu’elle soit, malgré l’absence évidente de preuves à l’appui d’une telle idée. Tout serait simplement le produit du conditionnement social. Nous sommes, ou devrions être, « libres », dit-on, comme si l’idée de liberté allait ici de soi. L’incarnation est-elle une liberté ou une contrainte pour la condition humaine ? Bien sûr, nous sommes tous soumis à de nombreuses contraintes. Serait-il préférable qu’il n’y ait vraiment aucune contrainte ? Nous négligeons le rôle joué par les limites dans la fondation de toute véritable liberté.

Iain McGilchrist : La question des choses

Si l’on prête attention au monde de deux manières différentes, et puisque l’attention modifie ce que nous trouvons, il s’ensuit que deux mondes expérientiels s’offrent à nous. Nous n’en sommes pas conscients parce que ces deux modes sont fusionnés à un niveau inférieur à la conscience. Il existe un monde dans lequel tout est isolé, fragmentaire, statique, connu, familier, inanimé, décontextualisé, relativement abstrait, de nature générale et entièrement explicite. Et il existe un autre monde dans lequel tout est interconnecté, fluide et en perpétuel changement, n’est jamais ultimement certain et doit toujours être considéré dans son contexte. La première manière de voir est comme une carte ; la seconde est comme le territoire, qui est une réalité infiniment plus complexe et plus belle.

Ellen Winner : Les raisons de voir

Aujourd’hui, des philosophes expérimentaux et des psychologues à tendance philosophique conçoivent des expériences capables d’aider à répondre à certaines des grandes questions philosophiques sur la nature de l’art et sur la manière dont nous en faisons l’expérience — des questions qui intriguent les humains depuis des siècles, telles que : pourquoi préférons-nous les œuvres d’art originales aux contrefaçons ? Comment décidons-nous de ce qui constitue un bon art ? Et le fait de s’engager dans les arts fait-il de nous de meilleurs êtres humains ?

V. N. Alexander : L’intelligence artificielle peut-elle être alignée sur les valeurs humaines ?

Personne, dans la secte de la Silicon Valley qui discute de cette situation, ne s’arrête jamais pour poser la question : Quelles sont nos valeurs humaines ? Ils doivent penser que la réponse à cette partie du problème est évidente. Les techno-oligarques censurent les comportements en ligne qu’ils n’aiment pas et promeuvent ceux qu’ils apprécient depuis le lancement des réseaux sociaux. Valeurs humaines = Normes communautaires. (N’en demandez pas les détails).

Michael Mendizza : « C’est tellement simple »

Il est relativement simple de voir comment la perception primaire, l’expérience de notre corps en mouvement et en interaction avec l’environnement, génère l’apparence ou le sentiment qu’il y a un « moi » séparé à l’intérieur, qui ressent et fait tout. Cette impression a été créée par la formidable puissance de traitement du néocortex. Tout comme nous avons accepté et nous nous sommes identifiés à notre expérience sensorielle et à nos sentiments émotionnels intérieurs subjectifs, nous avons accepté et nous nous sommes identifiés à l’image-pensée abstraite d’un « moi », en ignorant que ce « moi » n’est qu’une image.

Wolter A. Keers : Jnana yoga - Questions & Réponses

La réponse à toutes ces questions est analogue à la solution du cercle carré. Il importe de se demander d’où procèdent de telles questions et quel genre de réponses on désire obtenir. La question naît dans l’esprit et la réponse qu’on attend doit être dans les termes de la raison. Mais la question est-elle « raisonnable » ? En la posant on oublie que l’esprit lui-même fait partie du monde et qu’il est impossi­ble d’expliquer un tout dans les termes de sa partie. Imaginez un gâteau rond. Partagez-le en huit morceaux. Supposons que chaque morceau représente un individu. Comment s’y prendre pour expliquer à l’un de ces morceaux ce qu’est le gâteau en entier ? C’est une tâche impossible car le morceau ne pourra jamais comprendre ce qui le dépasse, ce qui est plus grand que lui.