Le tissu relationnel humain, entretien Christine Hardy et Fritjof Capra

L’esprit n’est pas une substance ou une force, mais un ensem­ble de processus caractéristique des êtres vivants. Dans cette optique, l’esprit existe bien avant le système nerveux et le cer­veau. Même une cellule montre un certain phénomène de menta­tion, une certaine activité mentale que l’on peut définir assez rigoureusement dans le cadre de la théorie des systèmes. En fait, cette activité mentale est l’essence même de la vie. Chaque fois que l’on rencontre des structures vivantes, elles manifesteront cette activité mentale. Bien sûr, ce n’est pas une activité mentale complexe comme lorsque nous parlons, c’est très primitif au début, mais cela croit en complexité et on abou­tit à l’esprit humain.

Pierre Crépon : La guerre sacrée chez les Aztèques

Le 13 août 1521, deux ans après avoir débarqué sur la côte mexicaine, Cortès et ses compagnons s’em­parent de la capitale de l’empire Aztèque, Mexico-­Tenochtilan. Ils pénètrent dans la ville après un siège de plusieurs mois : déjà plusieurs dizaines de milliers de Mexicains y sont morts de famine, et bien d’autres ne survivront pas à la frénésie meur­trière des assiégeants. Le reste sera marqué au fer rouge de l’esclavage, et la ville se verra détruite de fond en comble afin que ne subsistent aucun des mul­tiples temples qui s’élevaient à la gloire des dieux du Nouveau Monde. C’en était fini de Mexico, la cité royale, dont les Conquistadors eux-mêmes disaient qu’elle était « une ville plus belle que Grenade ou Venise ».

Pensées personnelles et impersonnelles de Chiragh

Quand nous aimons quelqu’un, notre amour en forme une image que nous mettons sur un piédestal ; ensuite de quoi nous attendons que ce quelqu’un se confonde avec l’œuvre d’art que nous avons faite de lui. C’est la source de toute déception. Peut-être la plus grande des vertus est-elle d’apprendre à aimer ceux que nous aimons tels qu’ils sont et non pas tels que nous voudrions qu’ils soient. Et à y bien penser, c’est même la seule manière de connaître d’eux autre chose qu’une illusion.

Pierre Crépon : La magnétothérapie

En fait l’usage des aimants à des fins thérapeutiques remonte à l’Antiquité et une légende de la Grèce ancienne raconte que les propriétés curatives de l’aimant furent découvertes par un berger grec du nom de Magnès. Il semble d’ailleurs que la plupart des tradi­tions anciennes, notamment chinoise, indienne, égyp­tienne, arabe, hébraïque, aient connu l’usage de l’aimant naturel qui pouvait, par exemple, être utilisé sous forme d’amulettes. Au cours des siècles de nombreux auteurs ont ainsi vanté les propriétés curatives de l’aimant et il nous suffit de citer ici les noms célèbres d’Aristote, de Pline, de Gallien, d’Avicenne, d’Albert le Grand ou de Paracelse. Au XVIIIe siècle, deux savants de la Société Royale de Médecine, Audry et Thouret, firent un rapport pour « vérifier l’efficacité de l’aimant dans le traitement des maladies », rapport dont la conclusion s’avère aujourd’hui prophétique : « L’aimant paraît devoir deve­nir un jour en médecine d’une utilité sinon aussi grande, du moins aussi réelle qu’il l’est maintenant en physique. » Pour la petite histoire, il est amusant de noter que c’est la même Société Royale de Médecine qui condamnait, quelques années plus tard, la théorie du magnétisme ani­mal de Mesmer.

Propos de Chiragh : Maximes

Rester sans pensée est difficile, souvent pénible au début : on a l’impression d’un terrible manque comme quelqu’un qu’on aurait privé de sa drogue. Mais si l’on persiste, il commence à s’élever un sens subtil du bonheur qui pénètre tout l’individu et parait venir de l’âme, et qui, si on lui compare tous les bonheurs passagers que nous avons pu connaitre, les fait concevoir comme des contrefaçons. En outre, dans cet état de non-pensée, l’esprit perd de ses limites et de son étroitesse – C’est la définition de la méditation.

Le chemin de dieu en nous - propos de Chiragh

Observons cependant, puisque nous en sommes là et pour sacrifier au goût du jour, que cette discussion avec soi-même et au besoin cette bataille contre soi-même ne « censure » rien, ne « refoule » rien. Car le moment où nous décidons librement de conquérir notre liberté intérieure est le moment où nous devenons, dans le sens réel du terme, un être humain à part entière et où nous ouvrons enfin les yeux. C’est aussi le moment où les masques multiples de notre Ennemi, de celui qui nous a fait tant souffrir commencent à bouger et où nous nous prenons à soupçonner son vrai visage: et voici qu’à notre saisissement nous découvrons, sans erreur et sans dérobade possible, que cet Ennemi porte nos propres traits. Et à ce moment-là, à cette heure-là, il n’est vraiment plus question de « refoulement » ni de « censure », produit artificiels d’une contrainte morale aveugle imposée de l’extérieur à un être dont les yeux étaient bandés. Et c’est bien d’une autre lutte et d’un plus haut combat qu’il s’agit.

L'art et la manière de vivre la vie intérieure aujourd'hui - propos de Chiragh

Saint François d’Assise ou Sainte Thérèse d’Avila, Abdul Kadr Jilani, Ramakrishna, Inayat Khan ou Ramana Maharshi, ou encore Sri Aurobindo (pour ne parler que de ceux qui sont passés de ce monde) nous montrent une stature qui nous semble sans commune mesure avec la nôtre. Voilà, nous disons-nous, des héros qui ont montré tous les courages, été jusqu’au bout de tous les héroïsmes, prouvé à leurs frères humains les plus hautes formes de la bénévolence et de l’amour; qui, de plus, ouvraient à ceux qui les approchaient — et par le magnétisme de leur seule présence — la voie cachée des connaissances suprasensibles, soulevés qu’ils étaient au-dessus de la condition humaine par une inspiration et une force divines. Voilà, des sortes de géants qui s’avancent en droite ligne dans leur destinée, qui marchent d’un pas assuré vers leur but, tout obstacle renversé d’avance par une espèce de détermination et de volonté vraiment surhumaines…
Oui, eh bien, si telle est la vie spirituelle, qu’irions-nous y faire, nous autres pauvres pécheurs?

Michel Camus : Le coup de bâton du maitre zen

Tout se tient dans l’œuvre d’Abellio. Sans la connaissance de la Structure absolue, il est presque impossible de voir dans les personnages clefs de Drameille-Lucifer et de Pirenne-Satan, que leur destin conduit à s’accomplir tout au long des mille cinq cents pages du cycle romanesque, les « deux pôles d’écartèlement » de Dupastre alias Abellio, qui ne les incarne que pour les fondre en lui au cœur de l’intensité dont le feu fixe, le feu froid, l’illumine.

Fritjof Capra : Conception systémique de l'esprit

Le nouveau concept de l’esprit sera d’une valeur considérable dans nos tentatives de surmonter la division cartésienne. L’esprit et la matière n’apparaissent plus comme appartenant à deux catégories différentes ; ils représentent plutôt deux aspects différents du même phénomène. Par exemple, la relation entre l’esprit et le cerveau, qui a semé la confusion chez d’innombrables savants et philosophes depuis Descartes, devient maintenant parfaitement claire. L’esprit est la dynamique de l’auto-organisation, tandis que le cerveau est la structure biologique à travers laquelle cette dynamique est mise en évidence.

Pierre Crépon : L'évolution de l'humanité

La théorie d’une innéité de l’agressivité humaine qui conduirait inéluctablement à la guerre, est devenue particulièrement célèbre par l’intermédiaire du spécialiste du comportement animal, Konrad Lorenz. Celui-ci publia un ouvrage en 1963, qui fut traduit en français en 1969 (chez Flammarion, la traduction américaine est de 1966), sous le titre de « l’Agression, une histoire naturelle du mal ». Cette publication fut rapidement considérée par une large fraction du public cultivé comme un livre définitif sur ce sujet. Lorenz développait l’idée que le comportement agressif de l’homme tel qu’il se manifeste par exemple dans la guerre, est dû à un instinct inné et phylogénétiquement programmé de celui-ci.