Jean Klein : Être compréhension

(Revue Être. No 2. 1992) Le titre est de 3e Millénaire La compréhension dont nous nous entretenons ici ne peut se dévoiler par l’intelligence, le mental, la réflexion. C’est seulement au moment où, pénétrée, assimilée, elle s’est fondue dans notre totalité, notre globalité qu’il est possible d’employer réellement ce mot ; ayez bien cela à […]

XXX : Que désirez-vous ? Un aller simple pour nulle part

(Revue Être. No 2. 1992) Depuis que l’être humain est parvenu à graver ou imprimer des signes pour concrétiser et transmettre sa pensée, il a vainement cherché à définir l’inconnu qui le hante et dont il ne cesse de parler, ne serait-ce que pour le nier. Dès l’origine, l’homme tourne sans cesse en rond, surajoutant […]

Un objet unique rechercher ce que Jésus a dit. Entretien avec Émile Gillabert

La science contemporaine remet en cause la réalité des objets. Cette table, ce cendrier apparaissent comme des objets solides alors que le chercheur en micro­physique voit de l’énergie en mouvement. Cette vision du monde va dans le sens de la non-dualité gnostique. C’est par suite d’une illusion que je vois les choses séparées. Le savant et le métaphysicien sont d’accord sur l’interdépendance de toute chose ; l’un et l’autre comprennent cette parole de Jésus : « Il y a de la lumière au dedans d’un être lumineux, et il illumine le monde entier » (log. 24).

L'imaginal et l'homme de lumière de Michel Random

Tout homme libéré, qu’il soit un saint chrétien ou sage traditionnel est toujours représenté, entouré d’une auréole. C’est pour signifier que le corps apparent se confond avec le corps de lumière. Les astres et les étoiles deviennent alors les luminaires symboliques de ce corps. Cela signifie que l’homme possède non plus la connaissance des sens, ou la connaissance de l’intellect, ou de celle même de l’esprit spirituel, cela signifie que l’homme a perdu le voile de ce qui est séparé, il possède la lecture réelle des choses, il en perçoit la nature profonde, il est désormais hors de toute souffrance, et même au-delà de tout sentiment…

Pierre D’Angkor : Itinéraire 8: A tâtons vers l'absolu

Nous disons donc que la Vie et l’Intelligence créatrice qui président à tout le développement d’un Univers se trouvent dès l’origine contenues potentiellement dans son énergie primordiale. L’Esprit se dégagea progressivement de sa gangue de matière. Voilà pourquoi les « Upanishads » nous parlent de la matière comme étant Brahman (on sait que pour la science moderne la matière c’est de l’énergie) : « il s’ensuit », écrit un penseur de l’Inde, « que Sat, Chit, Ananda, l’être, la conscience, la béatitude, sont dans la matière et attendent de s’y manifester… La matière a fait apparaître la vie, et la vie a fait apparaître le mental : maintenant le mental s’efforce de faire apparaître un principe supérieur, auquel Shri Aurobindo a donné le nom de supramental, et que les prophètes de jadis connaissaient sous le nom de « Vignâna ».

Radha Burnier : La tradition universelle du yoga

Contrairement à la croyance générale, la tradition du yoga n’est pas confinée à l’Inde et n’est pas une activité ésotérique accessible à peu de personnes. Elle est liée à un courant universel de recherche et de pensée qui coule à travers les âges dans les diverses écoles qui s’occupent de la transcendance humaine. En Egypte et en Grèce, dans la tradition soufie, dans les enseignements des Bouddhistes et des Taoïstes, dans la tradition chrétienne, dans le Tantra et le Vedanta, on trouve au cœur des enseignements extérieurs des indications d’une manière de vivre et d’un entrainement qui sont en accord avec la recherche et la direction intérieures impliquées par le terme « yoga ».

Yann Le Boucher : Hatha-yoga: gymnastique ou discipline ?

Il faut rappeler que le hatha-yoga, le yoga des postures, s’enracine bel et bien dans la partie initiatique de la tradition hindoue. Loin de n’être qu’une discipline du corps, il est en fait une voie d’évolution spirituelle complète. Son originalité : considérer la maîtrise corporelle comme le point de départ et donc aussi le point d’appui de l’évolution spirituelle de l’être humain. Mais ne confondons pas les moyens et la fin. Pour gravir une montagne il y a plusieurs chemins possibles (par la face Nord, la face Sud, Est ou Ouest), et à chacun de ces chemins peut correspondre une aide technique particulièrement appropriée (l’hélicoptère, le téléphérique, le mulet ou les chaussures à crampons). De même, nous dit l’hindouisme, pour « élever » la conscience humaine et l’unir à son principe métaphysique (atman), on peut s’appuyer sur différentes techniques qui renvoient elles-mêmes aux différentes fonctions de la machine humaine.

Dominique Casterman : Réflexion sur la réalisation intérieure

L’homme réalisé transcende l’opposition conscient-inconscient par l’expérience directe, immédiate de lui-même et du monde. Il cesse d’opposer ce qu’il aime à ce qu’il n’aime pas, d’opposé l’homme universel à l’homme social. Il vit l’immédiate réalité de la source la plus intime de son être. Il est. Au lieu de se sentir gouverné par le monde extérieur sur lequel il projette ses pulsions intérieures non reconnues consciemment, l’homme réalisé s’éprouve comme le Sujet de ses pensées-sentiments et de ses sensations-intuitions. Pour être remonté jusqu’à la source de son être, il s’est libéré de l’emprise affective et de la tyrannie de l’intellect.

Maurice Lambilliotte : Voir et Aimer

Voir est un acte. Un acte constant. Il fait partie de notre vie à chacun. Il doit en être de même d’aimer. Et ici encore, les mots ne peuvent qu’édulcorer, sinon déformer, le sens d’un impératif que nous voudrions précisément faire percevoir par chacun comme impératif. Il ne suffit pas, en effet, de dire qu’il faut irriguer toutes les activités mentales, par un constant état d’amour, qui soit un état de reliance au plus intime de nous-même, au cœur de notre silence intérieur, avec la source irradiante de la Vie. Il ne suffit pas d’appeler chacun à découvrir en soi, cette extraordinaire présence de la Vie, de l’unité de la source d’où jaillit, d’où émerge toute création, et, bien au delà de nos catégories mentales qui, dès lors, doivent être ramenées à leur ordre de grandeur et d’importance réelle : ce qu’il importe surtout, c’est de rechercher les voies capables de faciliter, à chacun, cette perception de la présence intérieure de la Vie.

swami Hridayananda Sarasvati : Le corps Subtil

Le rêve est la seule chose qui puisse expliquer le point de vue du Védanta, car on ne peut pas accepter quoique ce soit qui ne satisfasse pas en une certaine mesure votre intelligence et votre raison. Selon le Védanta il n’y a ni création, ni dissolution, tout cela n’est qu’illusion. Illusion veut dire que les aspects extérieurs que l’on croit être la Création, ne sont qu’illusion. Ce n’est pas comme la corne d’une vache, une vache n’a pas de corne. Donc si l’on parle de la corne d’une vache c’est sans fondement. C’est dans les Écritures, dans le récit de la femme stérile. Tout ce que nous considérons comme irréel contient du réel, un peu de réel en soi. C’est pourquoi on dit que Maya ne peut pas être considérée comme réelle ou irréelle, parce qu’il y a de la réalité dans l’irréel. En effet, rien dans l’Univers ne peut exister par lui-même s’il n’a pas le Réel comme substratum.