La découverte de la vie dans ma vie Un entretien avec Jeanne Guesné

Un enfant né à six mois et demi ne vivra pas; à sept mois on le mettra en couveuse et il vivra. De même pour un bouton de rose sur le rosier: si on sait quand et à quelle hauteur de la tige le couper et que l’on met cette tige dans l’eau, la fleur s’épanouira. Cela se situe précisément dans le temps et dans l’espace. Quelques millimètres en amont ou une journée plus tôt, la fleur serait morte. Et bien pour nous c’est pareil; c’est ici que le travail doit se faire. Seulement nous l’oublions constamment, préoccupés par des notions de rendement, d’efficacité, de techniques qui ont, certes, leur utilité. Mais servons-nous d’elles et ne nous laissons pas prendre par elles. N’oublions pas, encore une fois, que l’homme a un rôle à jouer, qu’il n’est pas là pour rien.

Madeleine Groffier : Impulsivité et spontanéité

Lorsque l’on parle de spontanéité, les esprits non avertis pensent immédiatement à l’impulsion irraisonnée. En effet, dans le langage courant on dit indifféremment d’une personne primesautière qu’elle se montre impulsive ou qu’elle est spontanée. Avant d’aborder le problème de la spontanéité il est prudent de s’entendre sur la valeur qu’on attache à ce terme. Krishnamurti nous parle beaucoup de cette spontanéité, de cette fraîcheur de l’âme qu’il déclare être le couronnement d’une profonde expérience de la vie.

Roger Godel : Les sciences contemporaines devant l'expérience libératrice

Tandis que le chercheur de vérité oriental poursuit son itinéraire vers l’intériorité de l’être, le savant d’Occident s’efforce d’interroger le monde extérieur. Dans la substance et dans l’ordre du cosmos se situerait la réalité dont il espère saisir l’expression. Le « réel » pour lui, c’est l’objet, c’est la chose (res) c’est la phénoménologie ambiante. Pour connaître la réalité, il lui faut pénétrer dans l’intime structure de la matière qui l’entoure, par voie d’analyse et par un effort de reconstruction sans cesse renouvelé en synthèses progressives. L’homme acquiert ainsi la science des lois qui dessinent à chaque instant la configuration mouvante du monde. Il peut insinuer et faire jouer son vouloir, son choix dans le mécanisme de la causalité.

Roger Godel : Entretien: Le corps comme image

Que le corps soit une image mentale, c’est une évidence que nous avons à tout instant, et que, pourtant, nous manquons de réaliser, nous manquons de reconnaître, pourquoi ? parce que, de notre corps, nous avons une expérience par le toucher, une expérience par la vue, une expérience par la douleur que nous lui attribuons — les douleurs dont nous prétendons du moins qu’il est l’origine —, et il est pour nous une constante sollicitation, de telle sorte que cet ensemble — cette imagerie, pouvons-nous dire, cette construction de l’esprit — nous revêt comme s’il était attaché à nous par des liens indissolubles.

Roger Godel : La Sagesse selon les Traditions indiennes et socratiques

Dès maintenant nous pouvons examiner avec précision ce que poursuivent les chercheurs de vérité — le « sadhaka » indien, le « philosophos » hellène — engagés dans leur voie traditionnelle de la Sagesse. La même injonction s’applique à l’un comme à l’autre : se connaître, prendre conscience, en soi-même, de la nature immuable, indestructible de son être. Tel est l’aboutissement de la recherche au terme du « gnôthi seauton » (Connais-toi) ou du dévoilement de l’Atma Upanishadique.