André Niel : Esquisse pour une biologie de la révolution

Si l’homme veut donc conserver quelques chances d’accéder à un état biologiquement viable, garantissant peut-être par là à son espèce une destinée sans limites, il devra permettre à la vie d’accomplir en lui une dernière révolution, sociale par excellence, puisqu’elle aboutirait à la constitution d’une société universelle définitivement unifiée. Une telle révolution devrait résulter, logiquement, de la pure et simple substitution, par l’individu, du PRINCIPE D’UNITE DE L’HOMME au principe moral de division…

L.J. Delpech : G. Calligaris

G. Calligaris était le fils d’un médecin d’Udine dans la province de Frioul; il eut deux frères dont l’un mathématicien; il prit la même carrière que son père, c’est-à-dire médecin, et poursuivit des études à Rome avec le célèbre docteur Mingazzini. Quand les universitaires durent prêter le serment d’allégeance au fascisme, il refusa, et se retira dans la clinique que son père avait à Udine. Un de ses frères s’occupait de la partie matérielle de l’établissement avec sa fille. Lui-même était aidé par sa fidèle secrétaire Nucci Toppani, une ancienne malade qu’il avait sauvée d’une encéphalite léthargique au moment où une épidémie de cette maladie avait envahi l’Europe. Le Docteur Calligaris lisait parfaitement le français : ses auteurs préférés étaient E. Zola et P. Loti; tout en comprenant notre langue il lui était impossible de la parler et nos dialogues étaient exprimés chacun dans sa propre langue.

L'œuvre poétique de Maître Yâmuna Paul Martin-Dubost

Grand philosophe et poète du sud de l’Inde, Yâmunâcharya, le Maître Yâmuna vécut, selon la tradition de 918 à 1038. Il est le véritable fondateur du système du non-dualisme qualifié (vishistâdvaita) qui trouvera, au XIe siècle, en la personne de Râmânuja, son plus fervent prosélyte. Son nom même de Yâmuna lui aurait été donné par sa mère qui le mit au monde lors d’un pèlerinage dans le nord de l’Inde, sur les rives du fleuve Yamunâ. Au pays tamoul, on le connaît aussi sous le nom d’Alavandâr, le Vainqueur, car très jeune et déjà puissamment doué, il aurait défait au cours d’une joute philosophique un lettré shivaïte de la cour du roi Chola de Tanjâvûr.

Parapsychologie et philosophie entretien L.-J. Delpech et R. Amadou

Le premier point de vue, c’est celui de la définition signalétique. On détermine de quoi il s’agit en gros et cette définition conditionne la recherche.
Et puis, vient, secondement, la définition idéale. Elle est toujours à chercher. Léon Brunschvicg a montré que c’est une illusion de croire l’avoir trouvée. On ne pourrait, en effet, fournir une définition exhaustive d’une discipline que quand elle serait achevée. Or, toutes les disciplines sont en route

Jean-Pierre Lombard : Me Eckhart : le procès de la gnose

Prendre la pensée d’Eckhart telle qu’elle se donne c’est tenter d’en saisir le pouvoir transformateur pour notre conscience. Il s’agit après tout de toujours la faire naître cette conscience, de la porter au niveau transcendental qui la libère. C’est là un problème éternel, sans passé ni futur, même s’il s’inscrit dans une histoire. Et le Thuringien le place au cœur des thèmes traités en ses sermons, sans cesse il revient à cette mutation de la conscience qu’il nomme naissance du Fils en nous.

Jeanne Guesnée : D'étranges expériences (voyages conscients hors du corps)

Une question s’est toujours posée à mon esprit avec une grande acuité : celle de la mort. Qu’est-ce que la mort ? et, par voie de conséquence, qu’est-ce que la vie ? QUI SUIS-JE ? Un intense besoin de comprendre me poussa irrésistiblement à tenter l’effort insolite et dangereux de me séparer de mon corps, afin de savoir par moi-même si la vie cessait hors de lui. Je réussis après treize mois d’efforts quotidiens à le quitter sans que ma conscience d’exister soit interrompue.

André Dumas : Ils parlent des langues qu'ils n'ont pas apprises

Il s’agit du parler ou de l’écriture (xérographie), par un médium qui ne l’a pas apprise, d’une langue étrangère existante. Existante, le mot « xénoglossie » est destiné à souligner cette distinction, par opposition à d’autres faits de même apparence qui, avec les précédents jusqu’à Richet, ont été désignés sous le terme général de glossolalie. Celle-ci se présente sous deux formes : d’une part, un jargon incompréhensible et vide de sens, d’autre part, un langage fictif, mais intelligible, possédant une structure grammaticale et un vocabulaire constant : c’est une invention « subliminale », une création d’une zone subconsciente de l’esprit du sujet.

Aimé Michel : La Boussole où l’on comprend pourquoi le spiritisme est une impasse

Les grands rêves du sommeil profond, celui que les physiologistes appellent paradoxal parce qu’il a toutes les apparences de l’éveil, nous font expérimenter chaque nuit un monde aux possibilités plus difficiles à cerner que celles de la veille. Si notre corps est entièrement déconnecté, si notre santé est bonne, parfois aussi quand nous avons la fièvre, il peut arriver que ce que nous appelons « esprit », faute d’en connaître la nature, survole le temps et l’espace. Dans un « moi » dédoublé par la trance, peut-on alors assigner des limites à ce monde-ci et donc parler d’un au-delà ?

Jacqueline Martin-Bagnaudez : Revivre en son corps la passion de Jésus-Christ

Un — ou une — stigmatisé(e) est un homme ou une femme dont le corps porte spontanément, de façon permanente ou temporaire, des blessures identiques à celles reçues par Jésus-Christ au cours de sa Passion, c’est-à-dire les marques des clous dans les mains et les pieds laissées par la mise en croix, ainsi qu’une blessure au côté provoquée par un coup de lance. Le mot « stigmate » est d’origine grecque ; il vient du terme stigma qui signifie, dans cette langue, « piqûre, point ». C’est dire qu’à l’origine le terme de « stigmatisé » n’implique aucune idée religieuse, encore moins chrétienne, malgré l’usage courant actuel. Bien plus, on connaît des cas — rares il est vrai — de stigmatisés musulmans, reproduisant en leur corps les blessures reçues par le Prophète Mahomet au cours des guerres qu’il dut soutenir. En outre, on a parlé aussi de « stigmates diaboliques », marques en forme de griffes ou de pattes d’animaux tels que crapauds, boucs, chats, etc…

David Guerdon : Les prodiges de saint Charbel Makhlouf

On peut raisonnablement supposer qu’une vie spirituelle intense — qui s’accompagne, entre autres, d’une ascèse rigoureuse et d’un jeûne presque absolu en matières azotées, pâtures des agents corrupteurs des cadavres, — est susceptible de provoquer une métamorphose des processus physicochimiques accompagnant la mort. On constate chez certains ascètes un ralentissement surprenant des métabolismes. Quoi d’étonnant à ce que cette vie spirituelle exceptionnelle, capable d’exalter les facultés de l’âme au point de provoquer tous les grands phénomènes qu’étudie la parapsychologie (visions, bilocations, lévitations, etc…) imprime sa marque victorieuse sur la matière du corps lui-même par une transformation biochimique qui se manifeste au-delà du dernier souffle.