Chandan Priyadarshi : Essai 8 : Que signifierait réduire la conscience ?

La philosophie bouddhique du Madhyamaka, associée avec le plus de rigueur à Nagarjuna et, plusieurs siècles plus tard, à l’élaboration de sa méthode par Candrakirti, ne propose pas une métaphysique alternative destinée à rivaliser avec les conceptions qu’elle examine. Cette distinction n’est pas une faveur accordée à cette tradition. C’est précisément ce qui donne sa force à la méthode, et la perdre de vue est la manière la plus courante de mal comprendre cette tradition.

Chandan Priyadarshi : Yogasutra 1.2 : Citta-Vritti-Nirodha

Observez ce qui se passe pendant la première minute libre de la journée. Avant même que la journée n’ait exigé quoi que ce soit, avant qu’une tâche ne vienne justifier votre attention, quelque chose dans votre esprit est déjà ailleurs. Il est parti en avant dans une conversation qui n’a pas encore eu lieu, ou en arrière dans celle qui s’est mal terminée il y a une semaine. Il a dérivé vers la faim, vers une obligation inachevée, vers un visage auquel il n’a aucune raison de penser à cette heure-ci. Ce mouvement se présente rarement comme un problème. Il donne simplement l’impression d’être ce que fait un esprit, tout comme la respiration est ce que font les poumons.

Chandan Priyadarshi : Essai 7 : Une seule conscience, de multiples perspectives

Pour Plotin, cette opération est la procession : l’Un déborde. Pour Spinoza, c’est la dépendance logique : la substance s’exprime nécessairement sous forme de modes. Pour Kastrup, c’est la partition : la conscience universelle se dissocie. La procession, la dépendance et la partition ne sont pas des mouvements équivalents — l’un étant un événement métaphysique, l’autre une structure logique éternelle, le dernier un mécanisme psychologique emprunté —, mais chacun apporte quelque chose. Chacun commence par traiter le fondement et la multiplicité comme des termes distincts nécessitant une connexion, et ce n’est qu’ensuite qu’il se demande comment cette connexion pourrait être assurée.

Chandan Priyadarshi : Essai 6 : Le Témoin mal placé

Parce que la conscience est antérieure aux domaines dans lesquels ces cadres opèrent, elle ne peut être trouvée à l’intérieur d’aucun d’eux par des investigations limitées à ces domaines. Ce qui est présupposé par une enquête ne peut pas apparaître comme l’un de ses résultats. Même les conceptions qui décrivent l’expérience en termes d’inférence ou de dépendance à un modèle restent des descriptions de ce qui apparaît dans la conscience, et non des explications de la conscience dans laquelle ces descriptions deviennent intelligibles. Tout cadre qui procède en regardant à l’intérieur de la microphysique, du rapport introspectif, de l’analyse transcendantale ou de l’architecture informationnelle ne rencontrera pas, au sein de ce domaine, ce dont le domaine lui-même a besoin pour être étudié.

Chandan Priyadarshi : Essai 5 : La condition de toute preuve

Une résolution cohérente — que cet essai présente comme une conception métaphysique plutôt que comme une déduction empirique — s’appuie sur le concept d’involution de Sri Aurobindo. La conscience n’est pas absente de la réalité physique préréflexive. Elle y est dissimulée, opérant en dessous du seuil de la conscience réflexive. La matière n’est pas dépourvue de conscience. Elle peut être mieux comprise comme la conscience dans sa forme la plus occultée — ce que la tradition désigne par jada, l’inertie, qui n’est pas la négation de la conscience, mais sa compression extrême.

Chandan Priyadarshi : Essai 4 : La conscience peut-elle être réduite à un processus physique ?

Aucun des modèles n’a pleinement dérivé le fait même de l’expérience — la donnée à la première personne, non comme un contenu supplémentaire dans le flux des apparences, mais comme ce au sein de quoi les contenus apparaissent. Les méthodes explicatives à la troisième personne procèdent en objectivant les phénomènes et en décrivant leur structure, leur dynamique et leurs relations causales. La conscience, en revanche, ne se présente pas, au cours de l’investigation, comme un objet parmi d’autres. Elle est le champ au sein duquel l’objectivation se produit. Il en résulte une asymétrie méthodologique : toute explication à la troisième personne présuppose déjà la rencontre à la première personne qu’elle cherche à expliquer.

Chandan Priyadarshi : Essai 3 : Le Témoin

Ce n’est pas une manœuvre philosophique subtile. C’est le fait le plus ordinaire de l’expérience, si proche et si constant qu’il est presque toujours négligé. À l’instant même, tandis que ces mots sont lus, il y a une conscience de la lecture. Cette conscience n’est pas les mots. Elle n’est pas la compréhension qui se construit. Elle n’est pas le léger mouvement de l’attention lorsqu’une phrase cède la place à la suivante. Elle est ce dans quoi tout cela apparaît.

Chandan Priyadarshi : Essai 2 : Qu’est-ce que l’observateur ?

La physique a découvert que l’observateur ne peut être exclu de la description de la réalité et ne peut être décrit à l’intérieur de celle-ci. L’examen de l’expérience révèle que l’observateur ne peut être localisé comme un objet au sein de l’expérience et ne peut en être séparé. Dans les deux cas, l’observateur est à la fois indispensable et impossible à rendre compte par les méthodes disponibles. Dans les deux cas, la tentative de traiter l’observateur comme un simple élément supplémentaire de l’inventaire — simplement un autre système physique, simplement un autre objet de l’expérience — échoue d’une manière caractéristique.

Chandan Priyadarshi : Essai 1 : Le problème de l’observateur

La physique est arrivée au problème de l’observateur par l’expérience — à travers deux siècles de mesures toujours plus précises produisant des résultats toujours plus inconfortables, jusqu’à ce que ce malaise ne puisse plus être contenu dans le cadre existant et doive être reconnu comme structurel. Il existe une autre tradition qui n’est pas arrivée à cette question. Elle a commencé de là.