René Fouéré : Religions organisées et idéologies socio-politiques ou l’inconsciente crédulité des incrédules

Krishnamurti paraît assez souvent mettre sur le même plan, pour ne pas dire dans le même sac, les « religions » ou organisations religieuses usuelles et les idéologies sociales ou politiques. Il a, en un sens, raison, car les unes et les autres sont de dangereux obstacles à la libération humaine — quand elles ne mettent pas en péril la vie même des individus ! Je pense néanmoins qu’à y regarder de plus près, on ne peut pas entièrement confondre les unes avec les autres.

René Fouéré : Krishnamurti et la liberté à l'occidentale

Des penseurs, des philosophes occidentaux, déjà anciens ou assez récents, tels Bossuet et Henri Bergson, attribuant à l’individu humain une sorte de solitude spirituelle totale, l’ont estimé capable d’une liberté psychologique ou métaphysique reposant sur une indétermination absolue. D’une liberté qui serait comme une sorte d’éclair, imprévisible et créateur, jaillissant du présent intemporel, de l’inconnu de l’être.

René Fouéré : Réincarnation indienne, survie et liberté

Je dirais, en d’autres termes, que si, dans cette vie, je n’ai pas conscience d’avoir vécu auparavant et ailleurs ; d’être, sous une enveloppe corporelle différente, une nouvelle manifestation, une réapparition, d’un moi-même antérieur qui a vécu en d’autres circonstances et qui a repris présentement, dans ce nouveau décor, possession de ses anciens souvenir; si j’ai, au contraire, le sentiment que ma conscience actuelle de mon identité et mes souvenirs ne remontent pas au-delà de ma naissance en cette vie, je n’ai aucune raison de penser que, si je me réincarne de façon analogue dans un autre corps, pour vivre une autre vie, j’aurai alors le sentiment de me perpétuer, de retrouver, dans de nouvelles conditions, le personnage que j’ai conscience d’être ici et maintenant, avec ses souvenirs.

René Fouéré : Mutation intérieure

J’ai été sans cesse intrigué par la vie et, par conséquent, depuis toujours j’ai été à la recherche du sens qu’elle pouvait avoir, même si j’ai été entouré de gens qui avaient la conviction de le connaitre et le désir de me l’apprendre, de me le communiquer. L’humanité a pu, depuis des siècles, faire des progrès techniques remarquables, mais ses éléments individuels sont restés agressifs et, dans l’ensemble, douloureux.

René Fouéré : En hommage au swami Siddheswarananda

Le Swami Siddheswarânanda a été au nombre des plus admirables, des plus généreux et des plus accueillants de mes amis. J’ai été navré de sa mort, dont je n’ai malheureusement pas été informé dans l’immédiat, et je ne peux jamais penser à lui sans ressentir une émotion profonde et une gratitude aussi vive que lorsqu’il […]

Susunaga Weeraperuma : Hommage à Yogaswami

Même de son vivant, Yogaswâmi avait une réputation considérable, à Ceylan et dans l’Inde, en tant que sage vraiment parvenu à l’illumination spirituelle. Ses dévots ont été naturellement enclins à exagérer ses réalisations spirituelles. Il avait été salué comme le plus grand voyant que le monde ait connu depuis Shankara. Il y avait des sceptiques qui le mettaient à l’écart, comme n’étant qu’un autre yogi ayant des pouvoirs psychiques. Mais, même ceux qui se demandaient s’il avait été fondamentalement transformé dans le sens spirituel, admettaient cependant volontiers qu’il avait d’extraordinaires pouvoirs psychiques. Yogaswâmi avait la réputation d’avoir possédé des dons remarquables de seconde vue. On savait qu’il pouvait aussi disparaître d’un endroit et reparaître à plusieurs endroits en même temps.

Roger Godel : Entretien: Le corps comme image

Que le corps soit une image mentale, c’est une évidence que nous avons à tout instant, et que, pourtant, nous manquons de réaliser, nous manquons de reconnaître, pourquoi ? parce que, de notre corps, nous avons une expérience par le toucher, une expérience par la vue, une expérience par la douleur que nous lui attribuons — les douleurs dont nous prétendons du moins qu’il est l’origine —, et il est pour nous une constante sollicitation, de telle sorte que cet ensemble — cette imagerie, pouvons-nous dire, cette construction de l’esprit — nous revêt comme s’il était attaché à nous par des liens indissolubles.

René Fouéré : Entretien avec René Fouéré (1986)

Il y a des gens qui sont arrivés à cette conscience presque accidentellement. Parce que si l’on cherche à s’y entraîner par des voies techniques, on ne l’atteint jamais. Car cette conscience n’a pas de caractère technique. C’est justement – et au contraire – lorsque l’on perçoit la stupidité de tout ce que l’on fait dans le processus du moi que, tout à coup, un autre état apparaît.

René Fouéré : Sur les rapports entre le Temps et l'Espace

Dire que le temps est la quatrième dimension de l’espace, ce n’est rien dire d’autre sinon ceci: le temps peut être mesuré, repéré sur un axe qui concourt avec les trois axes de coordonnées servant communément de référentiel spatial. Cela ne signifie à aucun degré que le temps soit homogène à l’espace. On peut concevoir un solide tétradimensionnel dont les coupes successives, passant par les points d’une certaine droite, dite axe des temps, fourniront l’image des événements qui peuplent la durée du monde.