Vie naturelle et réalisation intemporelle par Emile Gillabert

Ce qu’il faut souligner, c’est l’importance de l’état intérieur de celui qui recherche sa réalisation. La liberté et l’harmonie ne peuvent s’instaurer que chez l’homme qui a surmonté le dualisme: ce qui suppose que sa vision compensatrice du monde a pu se faire d’une façon aisée et naturelle favorisant une acceptation sans laquelle la vie conduirait au désespoir. L’homme qui reste dans l’optique dualiste tend à accorder au principe positif une valeur exclusive par rapport au principe négatif et à l’identifier à Dieu, tandis que le second devient le Diable. Cette opposition est contraire à l’idée de l’Etre suprême qui englobe les inverses complémentaires.

Lecture pour une fin de temps par Lucien Gérardin

Je ne trouve rien d’étonnant à ce que la sagesse traditionnelle ait, dans un passé lointain, découvert empiriquement beaucoup de choses sur cet « esprit », ou cet « homme intérieur », dont notre époque redécouvre avec émerveillement toute l’importance, en particulier par l’étude de ce que l’on appelle les « états différents de conscience ». Un mot bien mal choisi, d’ailleurs, que cette dénomination d’« état ». Il laisserait croire, en effet, qu’il s’agit de configurations statiques, alors qu’un état de conscience est, par nature, un processus dynamique, au contenu indéfiniment changeant dans une certaine stabilité de structure.

De la pensée théosophique a la pensée de Teilhard DE Chardin par Nine Grandi

La Loi d’Evolution Universelle s’imposa au Père, le jour où il constata que le Cosmos et le Monde étaient un ensemble prestigieux en marche vers un éternel devenir, et qu’Il vit dans le filigrane de la Nature, ce qu’il a appelé « le visage de l’Eternel », alors le Père comprit que le Cosmos et le Monde suivaient un développement ascendant : une marche en avant, disait-il…

A propos du cinquième évangile entretien avec Émile Gillabert par Jean Biès

L’incompréhension ne pouvait être que totale : un dialogue de sourds, avec des disciples infantiles, interprétant les paraboles dans un sens quantitatif et historique, et fermés à toute notion d’intériorité et d’éternité. L’aventure du Royaume est intérieure et individuelle ; elle a été comprise comme extérieure et collective. L’éveil de la conscience a été confondu avec la « résurrection des morts ». Manger le pain de la Parole, s’abreuver à la coupe de l’Enseignement est devenu la Cène (alors que Jean lui-même n’identifie nullement la chair et le sang du Fils de l’Homme au corps et au sang d’une victime offerte en sacrifice : le rachat par le sang est une idée de Paul…). L’épreuve salvatrice de celui qui se prend en main a dégénéré en salut par la Croix de celui qui se fait prendre en charge. Le dévoilement de l’Esprit, lorsque cesse notre cécité, a été pris pour l’apparition de Jésus post mortem. Le retour à l’Un, à l’Etre intemporel, la fin de tout dualisme sont devenus la « fin des temps »…

Alexandra David-Neel Telle que je l’ai connue par Nine Grandi

Qui était-elle ?…
On en a beaucoup parlé. Les grands hebdomadaires lui ont consacré des colonnes entières. La radio et même quelquefois la télévision lui réservaient de nombreuses séquences. Pourtant personne, ou très peu de personne, l’ont vraiment connue ; il est vrai qu’elle ne se livrait jamais — ou très rarement. J’ai eu le privilège de vivre auprès d’elle à diverses reprises ; c’est ainsi que j’ai pu quelques rares fois découvrir, à travers ses récits, ses expériences de tous ordres, l’Etre qui se cachait sous des dehors pas toujours aimables !…

La légende du grand Hermès par Bernard Gros

Un ensemble de traités en grec sont attribués à Hermès, traités savants comme le Poimandres, ou dont ne nous est parvenue que la traduction en latin, comme l’Asclepius, mais circulent aussi durant tout le Moyen Age des ouvrages d’alchimie, de magie, d’astrologie, où sont révélés des secrets de nature qui permettent de capter et d’utiliser le merveilleux. Tant de textes sont mis sous son nom qu’Hermès Trismégiste finit par prendre une dimension mythique ; on se réfère à lui comme à un archétype mythologique…

Rencontre d’Henry Miller avec le Zen par Denise Greindl

La rencontre des enseignements du Zen et de Krishnamurti a été d’une importance décisive dans la vie et l’œuvre d’Henry Miller. Sa nouvelle prise de conscience le rend très heureux. Grâce au Zen, il déclare : « Ce vieux monde que je détestais est transfiguré en un monde de magie et d’enchantement, depuis que l’on m’insuffle le silence intérieur où gît l’Inépuisable. »

L’œuf et l’éternité par Mariette Gerber

Mais l’incertitude préside à nos relations avec le temps, cet élément qui coule et que nous ne maîtrisons pas ; cette dimension que nous avons étalonnée pour faire tourner notre petit monde, mais dont la mesure vécue nous échappe fondamentalement. N’existe-t-il pas, au fond de chacun de nous, le désir de ressentir, un à un, chaque instant et parfois d’en arrêter un ?

Interview avec l’Ambassadeur du Dalai-Lama par Denise Greindl

Il y a trois phases à réaliser pour pénétrer la vie intérieure : la phase pré-individuelle, où l’être est encore endormi; la phase médiane, où l’être tend à l’autonomie intérieure; la phase supérieure : la prise de racine en soi, et le dépassement de soi. Ce dépassement de soi permet l’expérience du nirvana.

Une romancière définit le dépouillement par Denise Greindl

Le thème ? Une jeune femme médecin aime un reporter britannique rencontré à Hong-Kong, un reporter charmant mais affublé d’une épouse et de nombreux enfants. C’est tragique. Leur amour est profond, vrai. Leur désir de ne plus se quitter s’accroit chaque jour. C’est presque un prélude à la béatitude. Ils s’aiment, se découvrent en devenant l’un pour l’autre de plus en plus précieux. Ils s’aiment et cela suffit.