La Justice intérieure – Les croyances par René Allendy

(Extrait de La justice intérieure 1931) Il faut s’attendre à trouver dans les croyances religieuses une expression plus exacte encore du sentiment de justice, parce que celles-ci, élaborées comme un rêve collectif, avec les ressources infinies de l’imagination, peuvent en toute liberté satisfaire aux aspirations affectives des hommes sans être altérées par les difficultés matérielles […]

Coup d’œil sur l’histoire des religions d’occident par Jacques De Marquette

Peu à peu dans les principales religions, en Égypte, en Syrie, en Mésopotamie, en Grèce, on vit émerger au-dessus de l’assemblée des Dieux-forces de la nature, puis des Dieux-in­carnations d’attributs, un Dieu suprême, de qui tous les au­tres procédaient, et sur lesquels il régnait en monarque sou­verain. C’était le dieu solaire des Égyptiens et son char, le dieu lunaire masculin des Chaldéens qu’Abraham, après son père Terach, devait adorer à Ur, dans son enfance. Probable­ment à la même époque, tandis que le Mahabharata et la Ramayana résumaient les légendes mystiques des Indiens, les Brahmanes dont la sagesse allait étonner les conquérants Persans et Macédoniens, élevaient au-dessus de Brahma, Vishnou et Shiva, ces trois personnes de leur Trimourti…

Cher Louis Pauwels sur le christianisme je ne suis pas d’accord avec vous par Rémy Chauvin

Je conteste absolument et complètement que l’Eglise ait détruit l’Empire romain, bien qu’elle y ait sûrement contribué. Ecoutez, ami Pauwels, vous avez lu Celse et c’est très bien, mais lisez les « Vies des Douze Césars » de Suétone, et dites-moi franchement si une telle pourriture avait la moindre chance de durer longtemps. Rome était morte dès le début de l’Empire en réalité, et les Romains ne l’ignoraient même pas. Ils savaient bien que les vertus romaines étaient passées et cherchaient désespérément à les faire revivre. L’Empire est mort pour des raisons diverses, les Romains n’ayant jamais été vraiment capables d’administrer une telle étendue (et c’était sans doute impossible du point de vue technique). Leur administration se réduisait souvent au pillage impitoyable d’une province après l’autre.

Je crois aux soucoupes volantes par Jean Guitton

Comme tout le monde, je suis passé par deux stades : celui d’une incrédulité radicale, puis celui de la surprise et de la réflexion. Car, disciple de Bergson — qui m’avait toujours élargi l’esprit, qui m’avait même plusieurs fois parlé de sa considération pour les phénomènes psychiques, qui m’avait rappelé l’adage qu’il est impossible de prouver l’impossibilité d’un fait — je n’avais pas opposé à ces phénomènes (vrais ou faux) une fin de non-recevoir, pensant que cette attitude était typiquement antirationnelle et condamnable du point de vue de la science elle-même.

4 Livres pour ressusciter le diable par Jean Chevalier

Jamais, peut-être, le diable n’a été plus à l’ordre du jour, plus actuel qu’en ce moment, avec tous les phénomènes de sorcellerie, de magie, d’envoûtements, de possessions, de talismans, de démesures que l’on se complaît à décrire. Un procès retentissant est en cours en Bavière sur des scènes d’exorcisme qui n’ont pas préservé une jeune fille d’une mort singulière. Des films, comme « l’Exorciste » ou « la Malédiction », qui remettent le diable en vedette, ont attiré des millions de spectateurs. Fictions impressionnantes sur le rôle d’un personnage aussi puissant qu’intelligent dans sa malfaisance, Satan, « une sorte d’être méchant, railleur et raisonnable », disait Dostoïevski, et qui mène le monde de désastre en désastre, de désordre en désordre, de crime en crime.

Quelques croyances apaisantes contre la mort par Louis-Vincent Thomas

L’un des procédés les plus efficaces pour contester les effets annihilants de la mort est d’en faire une néantisation seulement de l’apparence sensible, c’est-à-dire de l’individu. La mort devient alors la médiation de l’individu vers le collectif considéré dans ce qu’il a de plus solide, la communauté des ancêtres. On pourrait même, dans une perspective de psychanalyse existentielle, se demander si la communauté des ancêtres ne serait pas la forme transcendée, hypostasiée de la conscience du groupe, une projection dans l’utopie (monde idéal) du désir qu’a le groupe de perdurer sans fin.

Les grandes étapes de ma carrière scientifique par Konrad Lorenz

Cinq étapes marquent mon histoire scientifique. J’ai abordé la théorie de l’évolution grâce au livre de Bölsche et de Selma Lagerlöf ; j’ai appliqué la méthode comparative au comportement avec l’aide d’Hochstetter, je me suis lancé dans l’éthologie, poussé par Bülher, tandis que le violoniste du quatuor d’Heidelberg me permettait d’aller plus avant dans la découverte de Kant ; puis je découvris la science des névroses par l’intermédiaire de la psychiatrie. Dans ma quatre-vingt unième année j’achève un ouvrage : La Destruction de l’humanité et ce que l’on pourrait faire pour l’éviter. Il constitue la somme de ces cinq étapes.