Todd Hayen : Pourquoi la science est fondamentalement dénuée de sens

La plupart des humains ne veulent pas vivre comme des animaux. Ils estiment être au-dessus de cela. Peut-être qu’ils l’étaient, quand ils étaient « au-dessus des animaux » dans le Jardin d’Éden, avant de manger cette bonne tarte aux pommes que M. Serpent avait préparée pour eux — venant de l’arbre de la connaissance, rien de moins. N’est-ce pas cela, la « science » ? Ou peut-être est-ce précisément cette chose-là qui leur a donné le sentiment d’être supérieurs aux bêtes qui les entouraient. Quoi que ce fût, ou peu importe comment cela se produisit, ils se mirent ensuite à savoir des choses. La science fut inventée, et nous voilà partis autour du mûrier, attendant que le diable sorte de sa boîte.

Martin Ratte : Au-delà des méthodes

Vivre au présent, c’est être conscient de tout ce qui traverse mon esprit ici et maintenant. Dans mon esprit, à l’instant, il se trouve des perceptions : de cet arbre, du chant des oiseaux, de l’odeur du souper, etc. Être présent, c’est prendre conscience de tout cela. Mais mon esprit, ici et maintenant, n’est pas seulement occupé par ces perceptions : des pensées, des émotions, des désirs, des souvenirs, etc. s’y bousculent aussi.

John Horgan : À quoi sert la « connaissance de soi » ?

Lors de son procès pour hérésie, ce vieux fanfaron de Socrate déclara : « L’examen de moi-même et des autres est le plus grand des biens ». Socrate veut dire que le fait de réfléchir sérieusement à la vie fait de vous une meilleure personne, c’est-à-dire une personne plus heureuse et plus gentille. J’appelle cette affirmation le principe socratique.

Martin Ratte : La souffrance psychologique

Comment guérir de sa blessure ? Vous vous posez sûrement cette question. À mon avis, on peut se guérir de sa blessure si on observe ses pensées et ses images de « moi blessé », ainsi que ses émotions, de même que tout le jeu que ces éléments jouent entre eux pour créer de la souffrance. En les observant, je peux comprendre que ce que je vis là est complètement absurde, que tout cela est basé sur de simples pensées, des images, et qu’il est ridicule de vivre dans ce monde imaginaire et surtout de le tenir pour réel.

L’observation spirituelle par Martin Ratte

La clé de l’immobilité est donc de prendre conscience de notre incapacité à être immobile. Il faut savoir se dire : « Je ne sais pas comment faire ! ». Ensuite, à partir de cette immobilité, peut-être saurons-nous nous observer. Cela dit, quand bien même cette observation ne surgit pas après l’atteinte de cette immobilité, sachez que cette dernière est déjà quelque chose d’extraordinaire. Être immobile face à soi-même, face à ses vécus, signifie qu’on les accepte.

Todd Hayen : Aucun contact humain

Si le seul moyen de « contact » est une fenêtre de chat, vous serez inévitablement en train de discuter avec un chatbot d’IA — et si ce n’est pas le cas, ce sera avec quelqu’un dans un pays lointain incapable de comprendre votre texte. J’ai récemment appelé un magasin Staples (Bureau en gros) local pour me renseigner sur un produit, et après environ 10 minutes à être baladé d’une voix désincarnée à l’autre, j’ai finalement abandonné — sans jamais avoir prononcé un mot à un autre humain.

Martin Ratte : Nul besoin de réfléchir pour agir intelligemment !

Le genre de vie que j’envisage ici est une vie où, étant libérés du « filtre » de l’activité délibérative, nous entrons en contact avec nos émotions et nos perceptions, mais aussi avec nos pensées et gestes automatiques — bref, avec tout ce qui est automatique. Comment caractériser ce contact avec ce qui est automatique ? Dans ce contact, ce qui est automatique reçoit un caractère conscient. Oui, malgré ce que j’ai dit précédemment, la sphère de ce qui est automatique sera dotée d’un caractère conscient !

Todd Hayen : C’est du progrès, idiot

En général, la raison pour laquelle nous acceptons tout comme un progrès naturel est que nous avons abandonné toute notion de plan divin. Tout ce qui nous arrive est juste ce qui doit arriver, et même si nous n’aimons pas les conséquences de cette déviation de la voie divine, nous ne la combattons pas, nous ne disons pas : « Ça craint, ce n’est pas ce qui est censé se passer ». Au pire, nous levons les mains et disons : « Que pouvons-nous y faire ? Le progrès est le progrès ; on ne peut pas lutter contre le progrès ».

Arthur Haswell : Ceux qui ne « voient » pas leur propre conscience : l’argument peut-il aider ?

Le syndrome de Cotard, rare délire d’être déjà mort ou de ne pas exister, offre un parallèle intrigant avec l’hylomanie. Le neuroscientifique Iain McGilchrist a étudié la littérature sur ce syndrome et a montré que lorsqu’une lésion a pu être détectée dans le cerveau du patient, elle a presque toujours été trouvée dans l’hémisphère droit. McGilchrist établit également un lien entre le syndrome de Cotard et les « patients schizophrènes qui se croient être des machines ».

John Horgan : Un anthropologue démolit l’affirmation selon laquelle la guerre est inscrite dans nos gènes

L’anthropologue Brian Ferguson explique que cette photo « a été prise au sommet d’un fort normand (Motte et Bailey) à l’endroit même où mes ancêtres ont été chassés de Tipperary par la faim en 1847. Un légendaire fort de fées. 18 mètres de boue, que j’ai escaladés à quatre pattes, et que j’ai redescendus en glissant sur […]